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mercredi 5 mai 2004


Politique maternelle

Afin d'alléger la catégorie par défaut de ce carnet [Général] j'ai reclassé quelques billets dans une catégorie nouvellement créée : [Pensements politiques]

Ce faisant, j'ai eu un pensement fervent pour ma petite maman (qui était plus grande que la Tarquine!)

Ma maman possédait un tel sens républicain et un intérêt si vif pour l'institution politique qu'elle était, sur ces sujets si polémiques, mon interlocutrice préférée!

J'ai découvert assez tard que ma génitrice possédait ce sens si developpé de la chose publique, j'en ai eu la magnifique démonstration alors que j'étais en première année de droit.

C'était en l'an de grâce 1986, soit l'année de la première cohabition, un séisme politique à l'époque que nous étudiions à la loupe sous la houlette de notre professeur de droit constitutionnel.

Le soir lorsque je rentrais à la maison ma maman me demandait : "Et alors ? elle va tenir notre Constitution ?"

Je ressortais mes cours et je lui relisais mes notes prises sur les bancs sans confort d'un amphithéâtre.

Je me gardais bien de lui dire que ses commentaires étaient sacrément sensés! et je crois que c'est avec ceux-ci qu'elle m'a transmis son virus !

J'adorais discuter politique avec elle, elle la femme de droite, fille d'un résistant de la première heure, élevée dans le culte de de Gaulle et du respect des institutions par un père qui adorait autant la politique qu'en parler avec sa cadette.

J'aimais aller manisfester avec elle, elle la bleue et moi la rose, parce que ces couleurs là ne changaient pas la valeur de nos idéaux que nous estimions universels.

Nous pouvions parler politique des heures sans nous disputer alors que d'ordinaire j'étais si peu patiente avec elle...

"Ah!! Je suis contente de te voir! alors qu'est-ce que tu penses de ..."

Merci Maman de ton insatiable curiosité, de ton ouverture d'esprit et de m'avoir transmis ton goût pour "la chose publique"

Le seul souci, et je ne puis t'en vouloir, c'est que tu n'es plus là... je ne peux plus deviser avec quelqu'un de droite sans qu'il essaye de me convaincre de la fausseté de mes idées...

Nous, nous respections les positions de l'autre, nous troquions nos analyses sans faire de polémique stériles ou de vaines disputes. Ce qui importait n'était pas d'anihiler l'autre et ses idées mais d'échanger celles-ci, simplement pour s'enrichir et se faire plaisir...




samedi 1 mai 2004


Les arroseurs arrosés

Nous sommes le 30 janvier de cette année. Une affaire politico-judiciaire m'avait alors mis dans une belle rogne. Le Tribunal de Grande Instance de Nanterre venait de condamner Monsieur Alain Juppé pour prise illégale d'intérêt à une peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis.

Je conçois qu'une telle décision, surtout avec des motifs aussi tranchés ["La nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi" ; "agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu'il était investi d'un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain"] ne passe pas inaperçu dans le monde politique.

Je n'admet pas en revanche, que nos dirigeants qui sont investis d'un mandat républicain confondent leur fonction avec l'organisation de leur parti politique !

Pourquoi "nos" petits "beurs" de Banlieue seraient astreints, selon la doctrine Sarko, de "réapprendre" vite fait le respect dans nos institutions judiciaires alors que nul ne s'étonne que nos représentants soient dispensés d'observer ces mêmes principes ? ?