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lundi 30 mai 2005


Bloguons sans peur et sans reproche !

De fait, dans la plupart des cas de blogs menacés de poursuites par des personnes mécontentes s'estimant mises en cause, les poursuites annoncées échoueraient immanquablement. Dans bien des cas, elles visent juste à effrayer le blogueur, qui est un impécunieux notoire et préfère mettre hors ligne un billet plutôt que d'engager quelque frais pour se défendre.


Indispensable billet chez mon confrère Eolas : Blogueurs et responsabilité pour tous ceux qui veulent bloguer sans peur et sans reproche et même rire à gorge déployée de certaines assertions trop fréquemment répandues.




lundi 23 mai 2005


Comment je venge mon papa et ma maman

J'avais 26 ans, c'était l'année où j'avais prêté serment et où nous avions recueilli Tarquari. Je ne savais pas encore que j'abritais une véritable déveine de tragédienne.

Un soir de juillet, j'avais 26 ans, un papa et une maman.
Un matin de juillet, j'avais 26 ans, mais plus de papa et une maman dont il n'y avait pas que les os qui étaient fracassés.

C'était mon premier drame, je l'ai reçu de plein fouet, l'horreur le disputant à l'incrédulité, puis au dégoût le plus profond quand ses circonstances furent connues.

C'était le premier et j'en ai gardé un tel sentiment d'iniquité, une telle intensité dans la douleur qu'encore aujourd'hui une sourde colère gronde.

Alors quand j'en tiens un de ces chauffards, de ces soudards avinés multirécidivistes qui démolissent des vies et brisent des familles collectionnant les annulations de permis et la fuite des responsabilités ; quand j'en tiens un de ces fanfarons qui ivres au dernier degré vont réussir à accuser un mort des pires forfaits routiers ; quand je les entends balbutier des excuses bidons plus préoccupés par l'idée de perdre leur permis que celle d'avoir tué quelqu'un ; quand je les tiens à portée de main, juste sous le nez de leurs juges, alors je me rappelle.

Je me rappelle la douleur qui vous tord les tripes, qui vous fait vomir, je me rappelle la rage et l'envie de mordre, je me rappelle non seulement ma peine mais toutes celles que j'ai vues défiler, tous ces clients effondrés, abîmés, détruits, ces estropiés, ces orphelins, ces veuves ou ces grands blessés.

Alors, quand j'ai le ventre serré et la voix qui tonne, je sais combien elle est féroce et mordante ma colère !  

Ce que secrètement j'espère, c'est que dans le silence d'une nuit à Fleury, ils cessent un instant de penser à leur permis, à leur belle voiture inemployée ou à la guigne dont ils s'estiment victimes ; que dans le silence d'une nuit à Fleury, ils l'entendent enfin cette douleur, cette rage, ce désespoir et qu'ils comprennent enfin pourquoi ce mal-là est inacceptable.

C'est dans les salles d'audience que je venge mon papa et ma maman.