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jeudi 29 avril 2004


Le scramasaxe et la hallebarde

Caricature de Daumier

Je reviens de Versailles où je viens de plaider à coup de lance-pierre.

Cela fait quasiment deux heures que j'attends. La Cour s'est avalée stoïquement deux affaires dont personne n'aurait pu déterminer laquelle était la plus assommante.

Dans chacune d'elle une pléthore d'avocats. Ils s'expriment à tour de rôle. L'air est à la torpeur et avec leurs clients derrière eux, ils ne peuvent sortir des clous. Ils s'ennuient. La Cour s'ennuit. Les clients sont les seuls à être attentifs, guettant scrupuleusement le moindre bafouillement, la moindre erreur de date ou de virgule. Ils sont les seuls à ignorer que cela n’a aucune espèce d’importance et nul ne peut les en blâmer. C’est leur affaire, partant, elle est primordiale à leur yeux et les intérêts en jeux les concernent au premier chef…




lundi 26 avril 2004


La face cachée de la Justice

Les fesses de la Justice

L'article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 dispose notamment :

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion.



A la lumière de ce principe, que penser d'un magistrat instructeur qui, à la faveur d'une perquisition dans un cabinet d'avocat va "benoîtement" consulter un dossier le concernant directement, puisque constitué d'une plainte précisément dirigée contre lui?

On ne peut que conclure que ce magistrat parisien s'est sans doute inspiré, au hasard de ses déambulations, d'une statuaire qui orne la salle des pas perdus du Palais de Justice où il s'oublie...

La face cachée de la Justice ressemble parfois à une surprenante plaisanterie... et à des pratiques judiciaires dignes des pires républiques bananières...




jeudi 15 avril 2004


Impudique justice ?

Marianne de la Salle A21 du CPH de Paris
Marianne de la salle A-21 du Conseil des Prud'hommes de Paris


Croyez-vous que si une jeune et jolie nymphette pénétrait dans la salle d'audience A-21 du Conseil des Prud'hommes de Paris vêtue comme la Marianne que vous voyez ci-dessus, le Président de la juridiction -qui exerce la police de l'audience- la laisserait exposer ses charmes de la sorte?

Moi j'en doute...

En conséquence, faut-il voiler les mariannes ?




vendredi 9 avril 2004


Ignorance crasse et irrémissible

Droits de l'enfant

Je tombe aujourd'hui sur un article du Monde : Le lycée Montaigne épinglé par la Ligue des droits de l'homme sur sa gestion de violences antisémites.

Article intéressant à plus d'un titre mais qui sur un point très précis m'a fait sortir de mes gonds.

On peut y lire : "Le rectorat estime de son côté que ce dernier [le proviseur] a eu une "attitude irréprochable". "L'enquête a abouti. L'aveu est la reine des preuves", déclare la direction de l'Académie."

Une personne de l'Acamédie de Paris a donc osé affirmer à un journaliste du Monde une pareille ineptie !

Outre le fait que l'histoire judiciaire a démontré depuis des siècles la très faible valeur probante de l'aveu (qui a engendré une multitude d'erreurs judiciaires), cette personne devrait se renseigner d'avantage sur les textes applicables en la matière -et que pour le moins elle devrait connaître !

La Convention internationale des droits de l'enfant, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies (ONU) le 20 novembre 1989 et ratifiée par la France, prévoit en son article 40 :

à ce que tout enfant suspecté ou accusé d'infraction (...) ait au moins le droit aux garanties suivantes: (...) ne pas être contraint de témoigner ou de s'avouer coupable.

L'Académie de Paris fait donc l'aveu public d'une ignorance crasse et irrémissible. Et il s'agit de la reine des preuves...