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lundi 12 septembre 2005


Périmétre et casque à pitre !

Il m'arrive le plus stupide événement que je pouvais imaginer sur ma bicyclette !
Le comble du snobisme pour la midinette soucieuse de son brushing et la pire des tuiles pour la mère de famille soucieuse de préserver son intégrité physique au guidon de son vélo. : mon front est actuellement barré par une ligne horizontale et rectiligne de boutons rouges parfaitement inesthétiques qui me démangent et qui me brûlent.

Cela faisait bien, deux ou trois jours que cela me chauffait mais je n'en avais eu cure, préférant ma sécurité à quelques vagues rougeurs.

Cependant désormais je suis forcée de l'admettre : je présente une allergie à mon casque à vélo !!!

Rien de grave me direz-vous ! J'en entends déjà m'assurer que quelques boutons d'adolescente ne dépareront pas mon front lisse et juvénile... (non ? Bon tant pis) Mais mon souci, vils flatteurs,  ce n'est pas les boutons : c'est mon casque !

Je veux bien sortir à Paris avec des boutons mais certainement pas « en cheveux » !
Je suis bien forcée de vous révéler que j'ai vu passer entre mes mains bien trop de dossiers de traumatisés crâniens pour imaginer rouler sans casque ! Je suis la première à espérer qu'il ne me servira jamais mais s'il ne doit servir qu'une seule fois, je préfère qu'il soit là...

Or, il se trouve qu'à mon endroit, un casque à vélo est quasiment INTROUVABLE sauf à me déguiser en gamin attardé.
A moi le casque rose Barbie!
A moi les oreilles de Mickey sur chacun des deux côtés de cette occipitale protection !

Mon drame c'est que je ne puis porter que des casques de taille ENFANT !
Et que la mode enfantine en matière vélocipédique n'est pas exactement à la sobriété...

Si demain dans Paris vous voyez une cycliste à l'allure respectable, arborer au dessus de sa queue de cheval, un casque décoré de princesses roses et bleu, vous devinerez que c'est votre serviteur qui a emprunté le casque de sa fille...

Et n'allez pas me sussurer que j'ai un cerveau de Cro Magnon, je vous répondrais que j'ai celui d'Anatole France !




samedi 3 septembre 2005


Quand la Capitale me transporte !

Ensuite de ce billet et de ses commentaires, mon honnêteté me dicte de vous faire, la main sur le cœur, ces quelques confidences :

  • Je grille au moins trois feux rouges par jour, sans me mettre en danger ni déranger quiconque.

  • Je décline — évidemment — l'aide que me proposent les cyclistes en cas de déraillement ou de crevaison.

  • J'ai horreur de me faire doubler et je me contrains, quand cela m'arrive, à réprimer une furieuse envie de rattraper les impudents qui osent commettre pareille injure.

  • Je ne souris plus systématiquement aux autres cyclistes pas plus que je ne leur dis bonjour (ah la lassitude des regards mornes et dédaigneux que l'on vous retourne) mais quand l'occasion survient j'aime beaucoup mettre à mal ces orgueilleuses barricades !

  • J'abuse des signes de remerciements à l'égard des hominidés motorisés qui font l'effort de partager la chaussée avec les cyclistes.

  • J'abuse plus encore des signes de remerciements à l'égard des hominidés motorisés auxquels je force impérieusement le passage l'air dégagé.

  • Je me fais un point d'honneur à freiner vigoureusement pour laisser passer les piétons engagés sur les passages protégés.

  • Je m'excuse toujours auprès des piétons que je dérange lorsque j'emprunte le trottoir (ce qui m'arrive tous les jours puisque ma route passe par la suicidaire Porte Maillot)

  • Je ne klaxonne plus depuis longtemps en dépit d'une sympathique et sonore corne à pression, un vigoureux organe vocal me permettant de conserver les mains sur le guidon — et sur mes freins— tout en s'avèrant à l'usage bien plus rapide !

  • Je ne slalome jamais entre les voitures mais reste résolument sur la partie droite de la chaussée.

  • Rien ne me fait plus plaisir qu'un vif et joli démarrage en danseuse en laissant mon vélo aller de gauche à droite entre mes gambettes.

  • Rien ne me fait plus plaisir que de circuler à une allure très réduite, debout sur mes pédales en maîtrisant la bête.

  • Plus le temps passe plus je joue les filles de l'air en abandonnant ma selle.

  • Je rends toujours leurs sourires aux motards ou aux automobilistes, quand bien même ceux-ci ont le mauvais goût de rouler en BMW noires !

  • Tous les jours, je me félicite de monter sur ma bicyclette.

  • Tous les jours je constate que Paris sait si bien se dévoiler aux cyclistes

  • Tous les jours, j'adore Paris à bicyclette.



jeudi 1 septembre 2005


Morgue, vanité et vélocipédie à Paris

Aujourd'hui, et grâce à pH|Re, j'ai découvert un charmant site où l'on calcule — avec raison — le profit que constitue, pour tous et pour chacun, l'usage de sa bicyclette au quotidien : Tous en selle !

Je l'ai parcouru avec tendresse et si je ne m'y suis pas inscrite c'est qu'il part du postulat que les kilomètres parcourus au guidon de son vélo en sont tout autant de moins effectués au volant de son véhicule motorisé.

Or, il se trouve qu'avant que ne débute pour moi "l'ére vélo" je n'ai jamais arpenté Paris qu'en transports en commun.

Le seul trajet arraché à la pollution doit se chiffrer, bon an mal an, à une petite quinzaine de trajet en taximètre, rien de suffisant pour me déguiser en passionaria de l'automobiliste repentie...

A la question essentielle, voire fondamentale, « pourquoi faire du vélo ? » je souscris indéfectiblement aux trois premières réponses relatives, respectivement, à votre santé, à celle de notre planète, et à celle de votre porte-monnaie.

En revanche, je m'insurge vigoureusement contre la quatrième justification dont je reprends précisément les termes :

«- faire du vélo est convivial: à vélo, vous dites bonjour aux cyclistes que vous croisez, ou pardon et merci aux piétons qui marchent sur la piste cyclable. »

Ce constat, du moins à Paris, est parfaitement faux et, je dois m'y résoudre, tend à le le devenir de plus en plus !

A Paris, le cycliste ne s'arrête jamais sur les passages piétons, il préférera jouer aux quilles avec ceux qui encombrent son chemin que de stopper son engin !

A Paris, le cycliste ne dit pas bonjour aux autres cyclistes, il est bien trop concentré sur la vitesse qu'il va lui falloir développer puis maintenir pour parvenir à doubler et semer ce concurrent !

Si vous êtes de sexe féminin et que vous avez le malheur de doubler l'un de ces malheureux, sachez qu'ainsi vous les exposez à un risque accru d'accidents cardio-vasculaires, la blessure infligée couplée à l'énergie développée pour tenter de vous faire laver cet odieux affront constituant un véritable choc cardiogénique !

Apprenez également que jamais un cycliste ne drague un ou une autre cycliste ! A l'inverse du motard facilement bavard ou même de l'automobiliste qui privé de climatisation prend le frais à sa fenêtre, le cycliste est définitivement seul sur sa machine : il est bien trop occupé à anticiper son futur démarrage de la mort qui va vous faire mordre la poussière !

Qu'on se le dise le cycliste à Paris est l'essence même de la sportive virilité, de celle qui jauge ses coreligionnaires à la puissance de ses mollets, et la seule qualité qu'il accorde à ses congénères est d'être les spectateurs de ses succès.

Et, à pied ou en vélo, ne vous avisez pas de dire bonjour à un cycliste dans Paris, vous auriez de grandes chances de ne vous attirer qu'un regard des plus dédaigneux...




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