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vendredi 30 avril 2004


Scrogneugneu

Si je tenais ce fieffé Poucet qui sème des clous sur la chaussée je lui ferais payer vite fait son forfait à ce casse-pied : réparer ma roue dans laquelle son clou est fiché !

Me voilà donc privée de mon beau destrier, et en train de prier sur le quai pour que le métropolitain ne soit pas trop plein !




mercredi 28 avril 2004


Instant bucolique à l'ombre d'une jungle mécanique

bout de vélo dans un parc

Ce matin, le temps était courtois, le soleil élégant, et j'avais envie de musarder...

Entre deux obligations professionnelles je me suis évadée à l'insu de tous.

D'abord j'ai été acheter un petit carnet. J'ai choisi quelques stylos de différentes couleurs (selon l'humeur du jour, c'est important !) j'ai enfourché ma belle bicyclette et je me suis rendue dans un parc, si petit, si joli et si désert pour un mercredi !

Sur la première page de mon petit carnet j'ai écrit : Petit carnet pour gribouiller. j'y ai babultié quelques phrases, quelques lieux communs sur cette belle capitale qui m'enchante... sur l'odeur des fleurs déjà fânées et sur les gros mots que deux garçonnets chuchottent dans les fourrés près de moi en se croyant seuls au monde : "ça pue le pigeon !" suivi d'un éclat cristallin de rire enfantin...

Et puis j'ai rebouché mon stylo, j'ai rangé mon carnet et j'ai pris mon appareil. Mon appareil photo pour capturer mon vélo dans ce parc si petit, si joli dans Paris.

Merci ma belle bicyclette de me permettre de me croire en ballade quand je ne suis qu'en déplacement, merci de m'offrir ces rues, ces gens et ces odeurs fugitives mais si prégnantes.

Merci de m'avoir conduite jusqu'à ce parc ou pour un court instant j'ai tant aimé le génie et la mécanique qui me permettent de disposer de toi...

L'instant fût court... il cessa exactement au sortir de ce parc, au moment où j'ai avisé que ce même génie de la mécanique était également à l'origine de ce monstre de "quat'quat" noir, vierge de toute trace de boue mais parfaitement convaincu de rouler dans une jungle où laisser la priorité à droite à une pauvre biclyclette est une pure obcénité...




jeudi 8 avril 2004


Du casque et du bouchon

ma belle bicyclette

Pédaler dans Paris, c'est un imaginaire de parisienne bien mise, la jambe longue, le bibi vissé sur la tête et l'oeil goguenard.

Une parisienne et sa bicyclette ont vraissemblablement sauvé Paris du chaos.

Von Choltitz aurait pris sa décision de désobéir à sa hirarchie (Hitler lui demandant alors "Paris brûle t'il ?" ) en regardant depuis une fenêtre de l'Hôtel Crillon le sillage d'une parisienne sur la Place vide de la Concorde dont la robe fleurie flottait autour de son vélo.

En quelque sorte, Paris, par sa belle cycliste, accéda au statut de ville éternelle.

Mais la belle cycliste pédalait en août, l'histoire ne dit pas ce qu'il serait advenu si l'ordre de détruire Paris était venu en avril...

En ce qui me concerne, je crains que si Von Choltitz m'avait avisé -moi et mon équipement, Paris ressemblerait désormais à Coventry.

La cape de pluie passée sur trois épaisseurs (en avril, ne te découvre pas d'un fil), la chaussure dégorgeant de l'eau des flaques qui jalonnent la chaussée, le casque enfoncé jusqu'à la lisière des lunettes, dégouttant de pluie et recouvert pour partie d'une capuche protectrice.

Aucun doute ! Je suis bien loin du look de la cycliste salvatrice !!

Cependant, en dépit de la pluie et des coups d'oeil presque dédaigneux des habitants de ce 16ème arrondissement que je traverse, il est une vraie satisfaction !

Celle de croiser le regard de ces automobilistes engoncés dans des boulevards extérieurs saturés jusqu'à la moelle, de voir leur oeil envieux me suivre lorsque je dépasse leur engin d'un souple coup de pédale sur une voie de bus tout à moi offerte... et plus encore quand je les devine trépigner dans leur habitacle arrêté, puis s'exciter sur leur avertisseur sonore...

L'afflux automobile me prémunit du ridicule !




piège à robots