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lundi 28 juin 2004


Appelez-moi "Don Diego du vélo"

En règle générale, le lundi matin à vélo, je pédale façon « escargot » mais devoir piler (et savez-vous comme on freine mal en bicyclette ?) pour éviter une BMW noire qui roulait à 10 cm du trottoir juste après m’avoir doublée, ça m’a donné des ailes !

Il allait payer pour tous les autres, ce cuistre ! L’heure de la revanche avait enfin sonné !

Que c’est sot de jouer les Fangio en doublant les vélos : vingt mètres plus loin, à la faveur d’un feu rouge, je le dépasse à mon tour :

1- Je lui lance un regard corrosif ;
2- Je lève les yeux au ciel et d’un même mouvement, je hausse les épaules ;
3- Je laisse flotter sur mes lèvres un léger sourire sardonique.
4- Je croise son regard : pas de doute, le voilà piqué au vif.

Et ensuite, c’est moi qui met le turbo !

Il y a sur mon vélo, un tout petit rétro assez mal pratique, mais bien suffisant pour m’assurer que cette immonde BMW noire est – évidemment – restée coincée derrière un camion poubelle, puis un autobus et que ces grands coups de klaxon n’y ont rien changé.

Jamais elle n’est parvenue à me rattraper, et ce, en dépit de ses efforts manifestes pour laver l’affront que je lui faisais subir.

Et moi, pendant ce temps, je pédalais joyeusement en riant doucement du crétinisme urbain dont sont quasi-immanquablement atteints les conducteurs de ces infâmes BMW noires…

Ce matin, durant 1.500 mètres, j’étais le « zorro » des vélos !




samedi 12 juin 2004


Catalogue déraisonné des mots-clefs vélocipédiques

Casque à vélo chromé

Feux tricolores


Les respectez-vous toujours ?

Sachez, qu’en revanche, il ne vous respectent pas à chaque fois !

Après l’avoir franchi au vert, il n’est pas rare, sur de larges boulevards, de se retrouver bloqué au milieu de la chaussée soudain livré à la furie automobile d’une rue perpendiculaire.

Mesdames, Messieurs de l’Equipement, il serait peut-être utile que vous testiez in situ vos mises au point, en enfourchant une bicyclette, car vous semblez ignorer qu’un vélo ne roule pas à la même vitesse qu’une auto…


Hommes des rues


L’Homme des rues se décline en deux sous-espèces parfaitement distinctes :


* Hommes des rues des trottoirs


Sous-espèce sacrée, à ne déranger, dérouter, désobliger sous aucun prétexte.

Sans aucune ironie, le trottoir est leur baronnie et les vélos ne sont, en ces lieux que leur vassaux.

* Hommes des rues des chaussées


Sous-espèce fantasque et dangereuse, s’exposant elle-même souvent à des périls inconsidérés.

l’Homme des rues des chaussées réfléchit beaucoup moins que son cousin des trottoirs. Par exemple, couramment il se fie à sa seule ouie pour s’avancer au milieu de la rue. Très limité intellectuellement il ne parvient pas à intégrer que – sauf rare exception – les bicyclettes sont silencieuses…

Quand l’Homme des chaussées vous a vu, ne pensez pas cependant être tiré d’affaire. En effet, cette sous-espèce ne déteste rien que de vous abandonner la chaussée , il s’avance ainsi doucement mais sûrement au milieu de celle-ci.

Il faut impérativement éduquer l’Homme des rues des chaussées pour qu’il parvienne à réaliser que :

- En dépit de sa faible vitesse, et de son poids, une bicyclette présente une très grande distance de freinage.

- Un cycliste qui ne dispose pas d’yeux derrière la tête, déteste se déporter vers le milieu de la chaussée, endroit qui, pour les vélos, présente précisément le plus de risques d’être percuté.

Dès lors, l’Homme des rues des chaussées comprendra peut-être pourquoi, souvent, le vélo vitupère de rage en lui fonçant dessus.

Jupe


C’est à ce jour le plus usuel accessoire que j’ai trouvé pour traverser la Place de l’Etoile en –relative – sécurité.

Les hommes cyclistes peuvent également l’utiliser, ils devraient en retirer le même effet.

D'expérience, une jupe retroussée, pour pouvoir aisément pédaler, présente la particularité de provoquer chez les automobilistes une surprenante conscience de ma présence auprès d’eux.

N’allez pas imaginer qu’il faille des jambes de publicité pour en bénéficier. Cela n’a rien à voir (et là vous pouvez me croire !).

Que vos guibolles soient rondes, longues ou girondes, c’est idem ! Voilà pourquoi le remède convient également - voire même mieux - aux cyclistes masculins.

BMW sexuée


Si vous savez les repérer : FUYEZ !

Monsieur à vélo


Le Monsieur qui par ce beau printemps reprend sa bicyclette pour la première fois de l’année ou presque, doit comprendre qu’il n’est pas indispensable de s’arrêter, à la faveur d’un feu rouge, systématiquement devant les cyclistes dames.

Une cycliste en retard, qui pédale toute l’année, avale la chaussée jusqu’à 30 kilomètres à l’heure (sur du plat non pavé) et votre amour propre souffre énormément de se voir doubler quelques mètres plus loin…

Passager transporté


Il est une règle toujours démontrée : le passager transporté ne regarde jamais derrière lui avant d’ouvrir sa portière.

En conséquence, si vous doublez des véhicules à l’arrêt qui trimballent cette si particulière catégorie d’humains, mettez du champs entre eux et vous, ou ralentissez.

Quatre-quatre


Dans sa grande majorité le quatre-quatre est – dans Paris – le plus grand danger du cycliste.

Le quatre-quatre urbain s’amuse à se croire sauvage, lâché en ville il ne comprend que la loi du plus fort et à ce jeu-là le cycliste ne fait évidemment pas le poids.





lundi 7 juin 2004


Les fâcheux cons, ou les BMW sexuées

BMW noire, déformée...

En qualité de mère de famille normalement constituée, j’exècre d’assez vive manière les jeunes fâcheux qui prennent nos rues pour des lieux dédiés à leurs prouesses automobiles ; du genre BMW noire, prête à écraser enfants ou vieillards sur les passages cloutés.

En qualité de cycliste, je voue également une haine assez féroce à cette catégorie particulière qui méprise – évidemment - les règles de la priorité à droite, (a fortiori avec une bicyclette !), s’arrête toujours sur les sas vélo et vous ignorent – au sens propre – de si belle façon qu’au premier moment d’inattention vous rejoignez ad patres les vieillards et enfants ci-dessus cités.

Imaginez le danger que vous courez quand vous conjuguez les deux couvre-chefs !

Situation banale : je pédale avec Tarquinou dans son siège derrière ma selle, Tarquinette me précède sur sa bicyclette, nous restons tous les trois sur le trottoir.

Un classique accident de parcours (un imposant camion stationné) nous oblige à emprunter, à des fins de contournement, le couloir de bus, à cet instant d’une parfaite vacuité.

Survient un fâcheux con en BMW noire, l’espèce qui compare la vitesse d’accélération de son engin à la longueur de sa quéquette…

Il pile pour s’arrêter puis klaxonne tant qu’il peut… démontrant, par là même, l’effet strictement proportionnel de sa décélération à sa vitesse de réflexion.

Voilà, maintenant, l’homme intelligent qui mesure l’effet de son comportement : Tarquinette, s’arrête ! parce que les BMW noire qui klaxonne à tout va, en hominidé normalement constitué, elle considère cela comme un danger ! Et qui lui en voudrait ? Je n’allais quand même pas la gronder !

Donc elle pose son vélo et elle finit le contournement à pied !

Et comment fait, désormais, une mère à vélo- où est juché son petit dernier – pour récupérer et déplacer la bicyclette de Tarquinette ?

Le fâcheux con, qui, il est vrai, ne dispose que d’un très petit nombre de connexions neuronales n’a pas trouvé la solution… Il n’est parvenu qu’à mimer l’insulte suprême que l’on peut faire à une mère : d’un geste ample il levait le pouce, le poing serré, comme pour féliciter la mauvaise mère que j’étais de mettre ainsi mes enfants en danger !

Je reconnais que j’ai été prise d’une telle bouffée de rage que si Tarquinou n’avait été sur ma bicyclette, je pense que j’aurais posé celle-ci à terre pour asséner la marque de mon 38 fillette sur la portière de sa quéquette !