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lundi 28 mars 2005


Où Laon voit l'ost

Bertrade, dite Berthe au grand pied épouse de Pepin III le bref et mère de Charlemagne y est née. Moi, plus modestement, j'allais souvent me perdre dans ses ruelles, d'abord avec mes parents puis avec Tarquin.

J'aimais y chercher les animaux invraisemblables juchés sur les pentes vertigineuses de sa cathédrale, bœuf ou guépard, agnelet ou dragon, tous devenus à cette altitude des chimères éternelles. J'aimais déambuler sur ses pavés grossiers et luisants de pluie, souvent près de mon père, parfois en goguette avec ma mère et plus tard dans la main de Tarquin.

Moi qui collectionne les souvenirs autant que les vieilleries, je ne pouvais pas ne pas y emmener les tarquinets ! Alors tous les quatre, sous une fine pluie axonaise nous avons investi la cité, nous l'avons transpercée de part en part, sautant sur ses pavés et courant sur ses remparts.

Grands amateurs de cathédrale, celle-là les a enchantés ! Il faut dire qu'être accueillis par un hippopotame et un rhinocéros a été pour le moins apprécié ! Ils y auraient bien passé la journée, cherchant les tombes de chevaliers (qui sont légion au milieu des dalles), admirant les statues de « reine dont le bébé s'est tué » et surtout allumant leur « bougie en pensant à Papa et aussi à Mamou et même à Papou mais je m'en souviens pas ! »

Une fois la bruine retrouvée, je les emmenés là où l'horizon est formidablement loin et je leur ai raconté à quoi servaient ces remparts et pourquoi cette ville dominait le nord et le sud, l'est et l'ouest. Je leur ai conté le temps des guerres, des catapultes et des hallebardes, le temps de la féodalité.

Et je leur ai dit que là où nous étions nous pouvions presque voir ces seigneurs et leur ost immense et bigarrée s'avancer dans le lointain, de là où nous étions nous les attendions d'un moment à l'autre !

En tout cas c'est que mon père me disait et je crois qu'il avait raison. Je ne vais jamais là-haut sans saluer cette armée, c'est ma façon à moi, sans cierge ni prière, de penser à mes morts.




samedi 19 mars 2005


Impromptu sur le net

Je n'aime pas que les vieilleries de la demeure, je chéris aussi celles que l'on trouve sur le net. En la matière et malgré la découverte récente des signets de la Bibliothèque de France ma destination reste, presque exclusivement, la bibliothèque numérique Gallica, et j'aime y musarder, non seulement dans les lots photographiques et les ouvrages en mode texte mais également dans les illustrations d'ouvrages anciens.




samedi 5 mars 2005


Paris neigeux

Jardin public parisien enneigé


J'y ai fait des lignes hachurées. Des lignes qui se coubent et se chevauchent. J'ai regardé les roues de ma bicyclette s'imprimer dans l'épais tapis blanc. Et puis comme tous les soirs, j'ai levé les yeux vers l'Arc de Triomphe. L'avenue Foch était si belle que j'en aurais pleuré. Les branches des arbres alourdies par la neige se penchaient sur les bancs immaculés et déserts. Mais ce que j'ai le plus regretté c'est qu'entre le nord et le sud du Boulevard Pereire, les jardins publics soient fermés... je sais pourtant que leurs grilles ouvraient vers un ailleurs merveilleux.