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lundi 24 mars 2008


La très sarcastique intempérie axonaise

Crépuscule axonais

Crépuscule axonais

J'ai oublié tous les sentiers, petits chemins boueux où j'allais salir mes pointes tous les dimanches matin. Alors j'ai peur de m'y perdre dorénavant. Oh je n'ai pas peur du loup — pas plus que des araignées, du noir ou de grand chose je dois dire. Mais comme courir ne veut pas dire détaler et que partir, n'est pas s'enfuir : il me faut surtout revenir vite auprès d'eux. Prodigieusement forte de ces improbables souvenirs, je me fourvoie souvent. Je vais puis je reviens ; j'hésite et puis je vire. Exercices d'autant plus hésitants que j'ai les fessiers délicats ! Il n'est pas question pour moi de cavaler sur le macadam : quelques pas de trop sur le bitume et me voilà réduite à soigner d'interminables et cuisantes tendinites...

Au mois de décembre dernier pourtant alors qu'une ribambelle de marmots plus vivants les uns que les autres avait envahi la demeure, il m'est venu l'idée de les épuiser avant qu'ils ne m'achèvent. Une requête ou deux dans Google et les voilà tous munis d'une carte et d'un appareil photo, le tout juché sur une bonne paire de chaussures ! En avant l'aventure : souris crevée, lac gelé, chevaux, veaux et même sombres grottes... Indiana Jones était de retour !
Las ! le périple de neuf kilomètres, surtout lorsque le plus petit a la respiration sifflante peut être harassant. Et il ne sera jamais dit que les vacances seront une épreuve ! Une halte à la demeure pour installer la marmaille au chaud et, chaussée de mes baskets, me voilà cavalant à travers bois pour rallier la voiture abandonnée dans quelques hauteurs.

Grottes, ruisseaux, ornières et boue à l'envie. Tout était resté là, comme avant...

Lorsque je débouchais sur le plateau, j'étais à Amsterdam plus de 25 ans plus tôt, dans une expo où était accroché un tableau de Van Gogh, une toile où l'on ne voyait qu'un ciel terrassant un champs. Alors je me suis trompée, gauche au lieu de droite. Le vent a grossi soudainement, la température a chuté pour venir chatouiller zéro. J'ai couru longtemps avant de comprendre mon erreur. Pour regagner le droit chemin j'ai cru pouvoir couper à travers ce champs gourd. Arrivée au quart de celui-ci une enclume de terre encombrait chacun de mes pieds et bientôt la pluie est tombée. La jolie promenade dans mes souvenirs se transformait en bizutage pour citadine frileuse ! Je me souviens très précisément avoir pensé "mais que pourrais-je bien rêver de pire"... lorsque la grêle s'est mise à tomber. Pas du grésil, pas du calcin, non une gerbe de grêlons épais projetée par un vent cruel... et, toujours perdue au milieu de ce champs, n'était le moindre abri pour m'y dérober. Alors j'ai fait ce que je fais toujours lorsque, en vélo avec mes enfants, nous essuyons l'orage : moitié riant, moitié pleurant j'ai fait à moi toute seule un concours de gros mots. J'ai insulté le ciel jusqu'à sa stratosphère, maudit ce champs jusqu'à sa millionième betterave, j'ai agonis cette terre qui garrottait mes foulées. Et je les sens encore ces grandes claques de glace contre lesquelles je ne savais que pester en prenant mes jambes à mon cou... Et je le sens encore ce rire qui me tenait, cette dérision de cavaler bêtement en plein champs, cette farce de parisienne qui s'en va sautiller niaisement dans le mauvais temps...

C'était à cela que je pensais ce matin en refaisant ce parcours. La lumière était belle, et la température bien que fraîche, loin d'être inquiétante. Lorsque j'ai débouché sur le plateau cette fois longeant le champs au lieu de le pourfendre, ce beau plateau soissonnais dont la perspective est si belle que l'on ne s'imagine pas qu'il ne mesure que quelques petites encablures cernées de près par de profonds vallons, je riais encore de ma mésaventure.
Et puis le vent s'est levé. Mais n'est-ce pas le propre des plateaux d'être venteux .
Et puis la température a chuté et le ciel s'est assombri...
Et mon pull noir s'est, tout à coup, constellé de tâches blanches.
C'est ainsi que, sans gants, sans bonnet, tremblante de froid et de fatigue, je me suis retrouvée tressautant à travers de violentes — mais pascales — bourrasques de neige !
Et il est venu encore ce rire qui me tenait, cette dérision de cavaler bêtement en plein champs, cette farce de parisienne qui s'en va sautiller niaisement dans le mauvais temps...
J'ai indubitablement une certaine tendresse pour cette déroutante intempérie axonaise...




dimanche 17 février 2008


Dans la rue de Clignancourt

devanture rose

Ne me demandez pas ce que l'on vend à l'intérieur, je n'en sais rien du tout ; cette photographie a été prise au débotté depuis un bus dans lequel je circulais et sans que je ne dispose d'autre temps que de sortir mon canon et de shooter la boutique.






mercredi 6 février 2008


La fenêtre bleue

Fenêtre bleu






mercredi 16 janvier 2008


Zizique !

« Vingt ans après l'âge d'or du disque classique...les terres baroques ont été labourées jusqu'en leurs parcelles les plus arides. »

c'est que l'on pouvait lire dans Le Monde de la Musique au mois de janvier 2002 (...) Et je dois dire que cela déclenche en moi une vaste et franche hilarité !

Ceci est extrait du bêtisier du magazine de l'opéra baroque dont je conseille l'hilarante lecture à tous les fondus — dont je suis— de baroque et d'opéra — ce que je serais peut-être un jour.

Et je profite de ce billet pour remercier chaleureusement Fabienne de me faire partager ses engouements musicaux et de saluer son enthousiasme communicatif.

Je dois pourtant lui avouer qu'en matière musicale, et ce depuis mes plus tendres années, je suis indécrottablement démodée... Ce n'est pas du snobisme, ce n'est pas de l'affectation. A 15 ans ou 16 ans, très désireuse d'être une adolescente de mon temps, j'ai même essayé d'écouter NRJ ou consorts. Je n'y suis pas parvenue plus de 2 minutes et presque contrite je me suis dépêchée de tourner la grosse molette sur la fréquence de France Musique... (que je n'écoute plus depuis, les trouvant... bien trop moderne pour moi !)

Je ne sais pas qui est Lara Fabian, je ne connais même pas son nom — ne pas regarder la télé, outre de vous préserver de bien des maux, contribue aussi à vous éloigner de votre temps. Heureusement qu'aujourd'hui il me reste des amis pour me rappeler que la production musicale a réussi à franchir la fin du 18ème siècle... Je ne manquerai donc pas de pianoter une ou deux requêtes pour en trouver un extrait sur le net mais ne m'en tenez pas rigueur si je n'affiche pas votre enthousiasme.

D'une certaine façon, ma réaction à l'égard de nombre de chanteurs contemporains est strictement symétrique à celle de de Monsieur Fabio Biondi qui écrivait en juillet 2007 dans Opéra Magazine «... Franchement, quand vous écoutez certains opéras de Vivaldi au disque, vous trouvez cette musique tellement peu intéressante que vous n'avez qu'une envie : balancer le CD ! » (Cf le délicieux bêtisier précédemment cité...)




jeudi 22 novembre 2007


Bosphore

Sur le Bosphore



samedi 10 novembre 2007


Soleil de harem

Dôme du harem de Topkapi



jeudi 8 novembre 2007


Transports

En deux jours, j'ai pris :

  • l'avion,
  • le tramway,
  • le métro,
  • le train,
  • le bateau,
  • ma bicyclette,
  • la voiture,

et...

  • un tapis volant !

Et après je m'étonne de n'avoir plus le temps de bloguer...

Note pour plus tard : il est désormais impératif que j'écrive un billet sur mon tapis volant...




lundi 5 novembre 2007


Le chat stambouliote

Rue pentue d'Istanbul



dimanche 7 octobre 2007


En descendant la rue de Belleville...

Photographies depuis la rue de Belleville

Il faisait si beau !



vendredi 15 juin 2007


Trois hublots

Détail d'un avion

Musée de l'air et de l'espace — Le Bourget



samedi 19 mai 2007


Les cageots verts

Des cageots verts

J'étais perdue dans mes pensées.
C'était un matin où Paris accroche des marchés à tous ses coins de rue
Sur le premier j'ai acheté des mangues que l'on mange les yeux clos
Près du second, j'ai eu envie de poser pied à terre pour m'y essouffler, m'y aspirer de nouveau
Le troisième est toujours interminable, il court sous le métro comme la Seine court dans Paris.
En couleur, en odeur et en relief.
C'est alors que je suis passée près d'eux.
Il m'ont sauté aux yeux
Mon retard et mon empressement à rejoindre mes tarquinets n'ont pas suffit à m'en détacher.
Je me suis perdue au fond de mes sacs pour retrouver mon canon
Et garder près de moi cet éclat.




samedi 28 avril 2007


La petite fabrique à sourds : le festival du jeu de Saint-Ouen

La méthode est simplissime mais d'une efficacité redoutable ! La recette vieille comme le monde était déjà usitée par les trappeurs néanderthaliens : attirer puis occire ! Certes depuis quelques dizaines d'année notre progéniture bénéficie d'un régime outrageusement protecteur de sorte qu'il n'est plus question de goûter leur tendre chair. En revanche il semble bien que des esprits retors aient trouvé un judicieux instrument de vengeance : à défaut de de croquer leurs oreilles en beignets, ils se contentent de les en priver ! Et à grande échelle s'il vous plaît !

Je vous en livre le monde d'emploi :

Au bout de l'hameçon,  vous embrochez une bonne centaine de jeux divers et variés : avouer que pour chasser le marmot il est difficile de trouver mieux ! Un festival ! Un vrai festival avec boniment, cars en transit et service d'ordre !
La trappe est constituée d'un gymnase à la superficie aussi imposante que l'inintelligence qui a présidé au calcul de son acoustique. Un fleuron de l'équipement sportif des années 70, une décennie de jaloux qui réglaient ses comptes avec les concepteurs des stades antiques. Vous savez ces ouvrages de pierre au sein desquels un murmure transperce l'air pour vous mieux rejoindre quand le bruit se meurt avant de pouvoir vous atteindre. Alors les jaloux ont élevé un édifice, un édifice où les murmures se meurent et les bruits s'épanouissent, un édifice où les sons ne sont que charivari et hourvari, un édifice où ne résonnent que fracas et galimatias.
Le reste est enfantin :
Au centre de la trappe vous placez l'hameçon.
Vous attendez que la trappe soit bien pleine de chérubins et tant pis si avec eux vous allez sacrifiez quelques parents.
Quand chacun est concentré qui sur ses dés, qui sur ses dames, vous lâchez votre arme : une pleine batterie de hauts-parleurs calibrés "concert des Stones au Parc des Princes "
Maintenez la pression 55 minutes en sommant votre service d'ordre de contenir puis de se gausser des plaintes des parents désarçonnés par la salve aussi lâche que pernicieuse. Et si vous êtes contraints de ne pouvoir les ignorer eu égard à leur nombre, n'y céder qu'avec ironie et n'acceptez que de baisser le volume avec une économie démontrant tout le mépris qui vous portez à ceux qui s'imaginent protéger leur marmaille de votre plan machiavélique.
Savourez votre victoire : vous pouvez vous enorgueillir d'avoir participer activement à l'altération de l'audition de nos chères têtes blonde !
C'est certes un plaisir un peu couard, mais tellement savoureux...



Il y a quelque chose d'infiniment grotesque à constater que le droit du travail (d'ici et d'ailleurs) est plus rigoureux avec la protection des oreilles des travailleurs que les municipalités avec celles de nos chérubins...

Et si je vous dis — alors que les agressions sonores me sont intolérables— que je n'étais pas même celle qui a protesté le plus vivement, vous mesurerez le niveau sonore que nous l'on a contraint de supporter. Bah oui, parce qu'une fois que vous avez éparpillé vos trois mômes au fond de la trappe, imaginez le temps qu'il faut pour les dépister... En revanche, j'ai pu constaté qu'eux même assommés par le vacarme qui se déversait sans discontinuer, ils n'ont pas même protesté pour quitter le gymnase !



Je crois bien que je ne suis pas prête de refoutre les pieds dans un tel traquenard...



J'ai encore les oreilles qui sifflent (et cela fait pourtant deux heures que je leur impose un silence monacal...)






jeudi 15 février 2007


Matinée d'hiver

Brouillards matinaux dans un parc

Aviser la lumière et sa buée du lever
Lors, faire un crochet vite fait au parc encore inanimé — juste le temps d'un cliché !



mercredi 14 février 2007


La Seine en février...

La Seine, depuis le Pont-au-Change

La Seine, depuis le Pont-au-Change — Un soir d'hiver où je m'y suis fait surprendre l'oeil vissé au Canon



Clin d'oeil d'insomniaque.

Malgré le décalage horaire.

Mais parce que la douleur qui vous vrille les tripes se ressent aussi bien de part et d'autre de l'Atlantique.

La nuit noire, quelque soit l'heure où elle survient, se ressemble tellement...

Attraper les lueurs de la vie. N'importe lesquelles. Celles de la Seine en sont...




vendredi 9 février 2007


Baie de lumière

Plage du Crotoy

Entre le port et la plage — Le Crotoy


La Coquette. Depuis mes trois ans je n'en garde qu'un unique souvenir. Une cage d'escalier que perçait un rayon de soleil. Il venait faire mouche sur un parquet ciré. De mes yeux d'enfant j'ai vu alors dans les nervures du bois s'illuminer les grains de sable et de poussière mélés dont nul ne soupçonnait l'harmonieuse présence. La Coquettte, je sais qu'elle existe toujours. Je crois qu'elle est jaune, en tout cas elle l'a été. Jaune comme savent se parer ces maisons dont le dessein est de séduire un soleil économe et bougon. Là-bas la lumière n'écrase pas l'ombre, elle la souligne simplement pour mieux offrir à l'œil les pleins et les déliés d'un relief ciselé.
Plus tard, nous avons quitté l'estivale Coquette pour traverser la baie. Pour traverser la Somme. Hôtel du port, celui-là même ou papa amarrait son bateau. Nous y restions trois semaines. Ce sont mes plus beaux souvenirs de mer : munie d'une pelle en fer et d'un filet à crevettes,  le monde m'appartenait et avec lui sa lumière d'aquarelle ! Pourtant le Crotoy possédait ce que Saint-Valéry n'avait pas : un manège de rêve ! « Le petit Venise »* Et il fallait voir tous ces enfants voguer en rond sur ces coquilles de noix peinturlurées et qui plongeaient à qui mieux mieux les manches de leur tricot dans l'eau trouble ! C'et que nous le voulions ce tour gratuit ! C'est que nous la cherchions cette balle qui dansait sur une eau, qui, je le sais pour l'avoir mainte fois goûtée, poussait la coïncidence jusqu'à être salée ! Mon père grand sentimental en matière de joies enfantines n'en avait même jamais osé jeté l'un des jetons égaré au fond d'une poche. « le petit Venise »* Dans cette lumière dorée et mourante où l'on ne rechignait pas à nous faire endosser un chandail, c'était mon Eldorado à moi.
Dans une telle lumière, les souvenirs ne s'y remisent qu'avec douçeur. Je n'y suis retournée que de rares fois mais chacune d'elle avec un rare bonheur.
J'entends encore un rire aussi toulousain que cristallin résonner dans une salle où s'entassent trophées de chasse et fresques marécageuses.
Alors vous pensez-bien que lorsqu'il me vient une envie d'humanité, un réflexe de civilisation et un fol appétit de frites dominicales, c'est à cette lumière que je vais me frotter !
Dimanche, il y a fort à parier que les moules seront bonnes !




dimanche 4 février 2007


Danse avec les ombres

L'ombre d'un jeune homme en roller



dimanche 28 janvier 2007


Les murs et leurs briques

un mur de briques — avec quelques couleurs



dimanche 21 janvier 2007


La grisaille que j'aime

la banlieue. En gris

Quand j'étais petite, que j'allais cavaler avec mon papa.
Et aussi quand nous étions en voiture.
Ou en vacances.
Il suffisait qu'il fasse à peu près jour.
Parfois il s'arrêtait et nous disait « vous avez vu cette lumière ? »
Cette photo a été prise samedi, j'étais un peu en retard pour aller chercher Tarquinette à l'école. Mais quand j'ai ouvert la porte de chez moi, la lumière était si belle que je ne voulais pas la laisser filer alors j'ai ouvert en grand la fenêtre du couloir et je me suis dépêchée de sortir mon appareil. Je crois que c'est à lui que je pensais en me disant « Mais tu as vu cette lumière ? »




dimanche 14 janvier 2007


La rue des Saules - par Tarquinet

La rue des Saules - Photographie de Tarquinet

La rue des Saules, photographiée par Tarquinet



samedi 30 décembre 2006


Tag war

« (...) Il y a aussi Miss Tic, la pin-up féministe qui profère des apophtegmes équivoques : "Ce qui m'éloigne de moi me sépare des autres", "Eros est rosse", "Le mur a un grain, moi aussi". Ces trois peintres qui se sont fait connaître avec leurs premiers pochoirs en 1985 s'exposent aujourd'hui en galerie et publient des albums. Et, victimes de leurs succès, voient de plus en plus leurs œuvres détournées, voire dégradées.»

Guerre au pinceau sur les murs de ParisLe Monde.fr — 30 décembre 2006.