samedi 30 décembre 2006
J'avais presque oublié pourquoi j'ai le vertige,
pourquoi les jeux d'équilibre me sont pénibles,
pourquoi,
hormis sur l'eau, j'ai si peur de tomber. Une soirée sur le
coin d'une vieille table de cuisine à se souvenir de notre
enfance et ma zomozygote de Philomène m'en a soudain
rappelé la raison. C'est vrai que j'avais fait une
sacrée chute. Cinq mètres d'un coup, dans la
soute
à camions d'un ferry. J'avais huit ans. Je me souviens que
je
tenais la main de maman, que je dormais à moitié
et puis un grand cri a retenti et j'ai ouvert les yeux.
C'était son cri à elle, je l'ai bien reconnu.
C'est alors que le sol s'est approché. Il était
en tôle blanche. Avec de grosses traces de pneus. J'ai cru
m'y rendormir immédiatement. J'ai sans doute perdu
connaissance. Mais pas très longtemps puisque je me souviens
des bras d'un steward. Il avait une barbe noire et un costume
immaculé. Il m'a soulevé de terre, et en
dépit de son air gentil, j'en étais
très mécontente. D'abord je dormais
très bien par terre. Ensuite je n'aimais pas du tout qu'un
inconnu se jette sur moi de cette façon-là.
Heureusement, cela n'a pas duré bien longtemps.
Juste le
temps de me déposer dans les bras de mon papa. Il avait 46
ans et plus tout à fait la musculature d'athlète
qu'il exhibait si fièrement à 18 ans.
Moi je n'ai rien vu. Je n'ai rien su de sa chute à
lui. J'ai juste su qu'il était là exactement au
bon moment et c'est la seule chose qui m'importait.
C'est Philomène qui l'a vu. Elle l'a vu
disparaître derrière moi et puis a vu ses doigts
par
lesquels il s'est suspendu au plancher troué. Et puis les
doigts ont disparu aussi. Il avait sauté.
Le reste est sans importance. C'est vrai que je me demandais bien
pourquoi, toutes les trois minutes on s'obstinait à
« demander un médecin de toute urgence
à l'infirmerie ». C'est vrai
que j'avais tellement envie d'y
goûter enfin à ce sommeil qui n'en finissait pas
de me faire faux bond que j'aurais bien mordu la
main de ma
mère qui n'avait de cesse de le faire fuir pour
s'assurer que je n'avais pas perdu connaissance.
Et même si cette cabriole accidentelle n'avait pas
amélioré mes performances à
vélo et provoqué quelques mouvements de
panique lorsqu'il fallait me jucher sur une poutre, force
m'est de devoir avouer que durant des années, le sentiment
le plus puissant que je gardais de cette mésaventure est
d'avoir été fort marrie de perdre mes bonbons
dans ma chute, et notamment un Bounty dont
j'avais
rêvé tout l'été !
Il m'a
fallu le récit de ma frangine pour réaliser que
cinq mètres, cela signifie deux étages.
Et que,
non, en toute honnêteté moi je ne sais pas si je
saurais faire une chose pareille. Pour dire la
vérité, je sais même que j'en serais
parfaitement incapable. Car j'ai toujours peur de tomber. Et pourtant
si aujourd'hui je l'ai presque oublié ce vertige
récurrent c'est bien grâce à ce
père qui m'a offert le plus rassurant des refuges quand la
terre se dérobait sous moi.
Règle numéro un : se souvenir qu'il existe des
gens sur qui l'on peut indéfectiblement compter...
Par Veuve Tarquine
samedi 30 décembre 2006 à 22:40
De bric en vrac
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lundi 25 décembre 2006
Il me trotte dans la tête une chansonnette
où l'on parlerait de ces blogueurs qui s'acoquinent au Pique
Nique sans que quiconque ne le soupçonne puis donnent le
jour à une perle, le jour même de la
nativité...
Félécitations à ses
délicieux parents, Luce et François
et tous mes plus fervents voeux de bonheur à la merveille !
Par Veuve Tarquine
lundi 25 décembre 2006 à 23:59
De bric en vrac
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samedi 23 décembre 2006
« ... un Père Noël de 125 kg, en passant
de
manière fulgurante de 0 à 1 170 km/s en un
millième de seconde,
serait sujet à de telles accélérations
qu'il se retrouverait plaqué
au fond du traîneau par une force de 2 157 507,5 kg
écrabouillant
instantanément ses os et ses organes en les
réduisant à un petit
tas de chair rose et tremblotante. »
La preuve par zéro que le Père Noël est
une imposture — Libération — samedi 23
décembre 2006.
Par Veuve Tarquine
samedi 23 décembre 2006 à 19:08
De bric en vrac
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Vite vite ma maison ! Vite vite mes enfants partons ! Noël y
sera bon. Je le sais !
Non non ! Ne soulevez pas ces chiffes qui viennent tapisser mon coffre
: tous les jouets y sont planqués !
Merci les grands ne pas ouvrir les yeux, de continuer à vous
en amuser avec le petit.
Oui le Père Noël existe. Moi aussi je veux y croire.
Je veux m'en amuser encore, et puis me rassasier de vos rires, me
délecter de vos joies.
Vite vite ma maison.
Je sais exactement ce que je vais y trouver : tout ce dont j'ai
besoin pour croire encore que la vie m'appartient !
Par Veuve Tarquine
samedi 23 décembre 2006 à 10:57
De bric en vrac
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jeudi 21 décembre 2006
Je suis bonne joueuse.
Sauf quand les dés sont pipés.
S'ils le sont il vous faudra savoir mentir avec brio, constance et
intelligence.
Terriblement observatrice, je sais bien que je ne suis aveugle que de
ma propre entreprise.
Et puis il arrive un jour où
j'écarquille les yeux, j'ouvre grand les
paupières et je braque un regard avide.
Si ce jour là je m'aperçois que la partie
était truquée, je vous conseille de vous mettre
aux abris.
Je sais trop ce que sont les drames pour en dénaturer le
sens.
On dira donc qu'il s'agissait d'une comédie, une farce dont
je serais le dindon.
Cela tombe bien ! c'est la saison !!
Soit.
Alors « Glou Glou » « Glou Glou
» « Glou Glou »
répète la dinde que je suis.
Mais toute dinde que je suis, il me reste suffisamment de sang dans les
veines pour ne pas me laisser plumer les bras croisés.
Ordoncques, au temps de Noël, il s'est trouvé une
dinde qui s'est soudain transformée en dragon.
De ceux qui crachent du feu, qui n'ont plus peur de rien
aveuglés non plus par leur niaiserie mais par leur
féroce colère.
Une dinde flambée pour Noël, certes alors je
serais... mais dans un grand feu d'artifice !
C'est bien pour terminer l'année !
Comme cela l'année prochaine, j'aurais tout loisir pour
endosser l'habit d'un autre animal de basse-cour !
Une fragile petite caille peut-être...
Par Veuve Tarquine
jeudi 21 décembre 2006 à 23:02
De bric en vrac
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dimanche 17 décembre 2006
Ma Zomozygote de Philomène,
pour qui je levais le coin d'un voile sur mon
prospère élevage de démons, a eu cette
formule grandiose : « Allez, c'est tout.
»
« Allez, c'est tout »... Trois
mots
frappés au coin du bon sens.
Les évidences ne se noient que trop dans les longs discours
et rien ne vaut un bon coup de marteau sur les orteils pour se sortir
de la marmelade dans laquelle les espérances nous engluent !
Ces trois mots ont eu cette précieuse fonction. L'expression
peut prêter à sourire et je ne l'avais plus
entendu depuis des années.
« Allez, c'est tout
» Je ne sais pas si elle le sait
elle-même mais ce
sont exactement les mots qu'aurait prononcés ma
mère. Je me les répète comme si
j'avais peur de les oublier encore. Je les polis comme un
trésor trop longtemps enseveli. C'est qu'il m'apaise
sacrément ce « Allez, c'est tout
» Je ne
sais pas s'il suffira à tarir les mets que j'offre en
pâture à mes dragons goulus mais une chose est
sûre, c'est un petit refrain qui me va bien en ce moment...
Il m'a ouvert les yeux sur ce que je voulais faire de ma vie... Tout
sauf ce que je suis en train de cochonner ces temps-ci...
Par Veuve Tarquine
dimanche 17 décembre 2006 à 14:25
De bric en vrac
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samedi 9 décembre 2006
Détail d'une vitrine d'un
grand magasin parisien
Beaucoup s'en plaignent.
Beaucoup le craignent.
Peu parviennent à l'ignorer.
Moi je l'aime et m'y complais !
Par Veuve Tarquine
samedi 9 décembre 2006 à 23:33
De bric en vrac
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mardi 5 décembre 2006
Aujourd'hui, Tarquinette m'a annoncé qu'elle allait
commander pour Noël un Top Model
!
- Un Top Model mais pourquoi faire ? me suis-je
écriée !
- Bah pour toi Maman !
- Pour moi ??
- Oui, je vais en demander une qui me ressemble. Comme
ça au moins tu arrêteras de me prendre en photo !
- (...)
Quand je me décide à lâcher mon
appareil. Tarquinet s'en empare. Et me shoote à son tour...
J'hésitais à présenter sa production.
Parce que je suis son modèle quasi exclusif.
Mais je lui trouve brougrement du talent à mon enfant...
Celle qu'il a prise ce soir avec Tarquinou m'a convaincu qu'il savait
saisir l'instant.
Tétine et pouce dans la bouche
Ses autres productions sont ici...
Et, peut-être parce que je regarde ses œuvres avec
les yeux d'une mère, je continue de penser qu'il est la
seule personne qui sache si bien me tirer le portrait...
Par Veuve Tarquine
mardi 5 décembre 2006 à 23:29
De bric en vrac
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Le bandit va bien. Il dort, le souffle encore court mais dans son lit
désormais. Il est toujours aussi souriant et se chamaille
tout autant avec sa sœur qui s'obstine à ne pas le
laisser gagner leurs folles courses à pied ! Quant
à le faire rester assis au prétexte de ne pas
épuiser ses ressources en oxygène autant pisser
dans un violon... Je devrais lui demander un peu de sa recette
à mon tubard... Moi qui ne suis jamais économe de
mouvement, j'avoue que ce soir c'est moins de bouger dont j'ai envie
que d'un brin d'humanité... Et quand un boisseau de puce
cherche la compagnie de ses semblables, c'est qu'il est vraiment
rompu... Le commerce de Morphée me semble un bon
début !
Par Veuve Tarquine
mardi 5 décembre 2006 à 22:22
De bric en vrac
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samedi 2 décembre 2006
Par Veuve Tarquine
samedi 2 décembre 2006 à 00:41
De bric en vrac
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J'étais en retard ce matin. Alors je n'ai pas
rebroussé chemin. J'ai enfourné mes trois marmots
et mon vélo dans l'ascenseur et puis je suis partie, fait
rare, sans Canon. Parvenue sur le Pont-Neuf, mon retard ne
s'était pas réduit... il s'était au
contraire accru de façon considérable ! Il est
dans les usages de notre profession de solliciter les renvois en tout
début d'audience. L'aiguillon de la culpabilité
pour ce confrère qui m'attendait au premier rang des bancs
d'une chambre correctionnelle tourmentait donc mon âme. Cela
n'a pas suffit cependant pour détourner mes yeux de cette
lumière qui tombait sur la Seine, sur cette photo que je ne
prendrais jamais et qui, je le savais, était pourtant l'une
des plus belle que cette ville m'offrirait ! Plus tard, au
détour d'un couloir la Sainte Chapelle m'a sauté
au visage. Elle traversait le Palais au travers de croisées
anciennes dont le verre séculaire déformait
à l'envi les droites et les courbes de bijou de l'art
gothique. Plus tard le génie de la Bastille brillait de
milles feux devant de lourds nuages noirs. Je l'ai pleuré
toute la journée mon appareil photo...
J'ai réussi à attendre la fin du repas avant de
m'en saisir et ainsi armée de me mettre à
dévorer mes marmots... en une compulsive crise de
déclics et de zoom.
En ce moment pour une raison que j'ignore, je n'ai pas envie de mots.
J'ai envie de photos...

Par Veuve Tarquine
samedi 2 décembre 2006 à 00:08
De bric en vrac
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