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jeudi 18 décembre 2008


Similitudes...

Libération et le Figaro partagent, pour quelques heures, une "une" au titre identique. Bref elles sont deux...

Des unes similaires

Et pendant que s'affichaient ces unes, j'ai pu constater que couvrir la distance qui sépare mon bureau de mon salon demande le même temps que ce soit à vélo ou en courant !

Il est bien temps que je rédige enfin ce billet sur les derniers aménagements du boulevard Magenta... Le summum du crétinisme urbain : plutôt que de résoudre ce que la bêtise leur avait dicté, les voilà qui ont trouvé le remède définitif : empêcher la circulation des vélos !
Photos et descriptifs à l'appui je m'attelle enfin à ce poulet... cochon qui s'en dédit !




vendredi 12 décembre 2008


La casquette de Noah pour rendre la vue et la combinaison de Manaudou pour faire flotter moult espoirs...

Qu'on se le dise, qu'on le répète, et surtout qu'on achète :
Au bénéfice de l'association France Choroïdérémie est mis en vente sur e-bay :

Un grand merci à ces sportifs de cœur et avis aux enchérisseurs...

Edit : Il manquait un objet dans cette liste : le KIMONO (seulement la veste) de TEDDY RINER portée aux JEUX OLYMPIQUES de PEKIN (Champion du Monde et Médaillé de Bronze à Pékin). TEDDY A DEDICACE LA VESTE ainsi que DAVID DOUILLET (Quadruple Champion du Monde et Double Champion Olympique), PATRICK ROSSO ( Responsable de l'Equipe de France de Judo masculine) et JEAN-LUC ROUGET (Président de la FFJ et ancien Champion du Monde)




vendredi 5 décembre 2008


FCM (fréquence cardiaque maximum)

J'ai le cœur qui bat trop lentement.
170 au cardio.
Je me laisse distancer.
Et 50 au repos.
Ou je m'éloigne, je ne sais.
Pas assez de jus pour accélérer.
Rester dans le fond.
Oui, rester dans le fond...




lundi 1 décembre 2008


Signes de vie

" Le Chétoi et le Chémoi peuvent s'ajouter et seront égaux à un Chénou."
Qu'est-ce qu'un Chéssoi ? — Almanach ouroulboulouck — Claude Ponti

Voilà pour la citation du jour. Parce qu'aujourd'hui c'est une journée à citation, non ? A telle enseigne, qu'une seconde ne sera pas de trop :

" Maman, tu es un entraîneuse à vélo !!! " m'affirme rayonnant mon Tarquinou tout guilleret de pédaler aux côté de sa cavaleuse de mère. Je n'ai pas eu le coeur de lui enseigner l'acception communément retenue du substantif féminin d'entraîneuse...

Et puis aussi que je vais bientôt mettre en ligne mes photos de Venise.
Bientôt...
Quand se sera dissipé la poudre d'étoile que répand sa lumière et qui fait de moi une obstinée insatisfaite des pâles représentations que j'en ai faites...




jeudi 6 novembre 2008


Manuel de la petite discrimation ordinaire...

" En transmettant des savoirs, les manuels scolaires proposent des représentations de la société. Ils peuvent véhiculer des représentations stéréotypées qui peuvent être à l’origine des discriminations.
De manière générale, l’étude relève la présence de stéréotypes dans les manuels scolaires quelles que soient les disciplines enseignées y compris l’éducation civique.
L’image des hommes et des femmes continue de subir un traitement différencié moins valorisant pour les femmes.
Les personnes d’origine étrangère représentées sont montrées le plus souvent dans des situations dévalorisantes et/ou de pauvreté.
Le handicap est rarement évoqué.
Les seniors sont souvent associés à des représentations liées à la maladie et à la dégénérescence du corps. Ces représentations ne sont pas compensées par d’autres images positives sur leur rôle citoyen et leur apport dans la famille.
L’impasse est faite sur le sujet de l’orientation sexuelle."

Le rapport de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) est disponible en ligne ainsi que leur dossier de presse.




dimanche 19 octobre 2008


Un semi, deux plombes et trois athlètes.

C'était le premier alors je n'avais aucune idée de ce que j'y trouverai. Des culottes courtes, il y en avait beaucoup ; mais de cela je me doutais... Il y avait un grand soleil aussi. Alors j'ai un peu regretté qu'un numerus clausus régente les éponges. Tant pis, pour me consoler, j'ai tapé dans toutes les mains qui se tendaient ! Certaines étaient si petites que j'avais peur de les chiffonner ! Comme dans le doux souvenir que j'ai de San Francisco où je voyais ces enfants d'un autre continent encourager les fuyards d'Alcatraz... Et puis je dois concéder qu'un curieux sentiment m'a envahie en traversant le stade de France, une vraie tendresse... en avisant ces immenses gradins vides d'où s'échappaient des hourras déversés d'une sono bienveillante ! En septembre j'avais pour dessein de finir la saison en mettant deux plombes au semi. Il va me falloir modifier mes objectifs... les deux plombes je les ai prises aujourd'hui ! Deux plombes et 50 secondes ! Il y a des milliards de gens qui courent plus vite que moi mais cela ne gâche rien à mon bonheur ! Heureuse j'étais. Heureuse je suis. Heureuse d'avoir convaincu, une borne avant l'arrivée, un original bavard et pour l'heure au point mort d'embrayer de nouveau et de reprendre sa course. Je ne comprenais pas bien son accent mais on s'est encouragé mutuellement. Et puis au finish il a accéléré avec moi et on a cavalé comme des dératés ! Je n'ai pas mis deux plombes et une minute. Non deux plombes et cinquante secondes. Et d'être restée sous la minute surnuméraire, je crois que je le dois à celui-ci, celui-ci à qui je n'avais jamais parlé et à qui je ne reparlerai sans doute jamais plus...

Un seul regret et un grand : que sur le tee-shirt de la compétition, sur les trois coureurs qui y sont représentés il n'y a pas l'ombre d'une femme... Nous étions pourtant nombreuses. Rien qui ne justifie qu'on oublie ainsi celles qui payent pourtant leur droit d'engagement comme les autres...




mardi 14 octobre 2008


En vitesse...

Quelques instants volés à mes dossiers pour jeter quelques mots.
Trop rares.
La faute au temps.
Au temps qui passe.
Au temps qui court aussi.
Désormais moins de 52 minutes aux dix mille mètres. Ce n'est pas grand chose mais j'étais radieuse...
Samedi je grimacerai pourtant : j'imagine que le temps doit sembler très long lors d'un premier semi-marathon...
Ils auront tout le temps de me prendre par la main mes fantômes...
Ceux qui me font avancer.
Et aussi ceux qui me rongent.
Car durant tout ce temps, on est seul.
C'est un peu comme mettre la tête sous l'oreiller en attendant que cela passe...
Sauf qu'au cas particulier on vous remet une médaille en chocolat à l'arrivée...
Quand j'aurais le temps plutôt que de courir après mes fantômes et aussi plutôt que de les fuir à toutes jambes, je les couvrirais de mots... Ils en seront moins terrifiants. C'est sûr.
Revenir par ici pourrait-être une première étape.





De l'assistance chez Free (ou de l'art de l'ironie !)

Lorsque l'on se rend à la rubrique assistance de Free on peut lire : " Free élu meilleur FAI sur l'assistance technique !"
Je teste pour vous ( Certes, j'aurais dû commencer depuis les quatre jours écoulés mais mieux vaut tard que jamais !)

  • 10 heures 26 : tiens la hotline n'a mis que 4 minutes avant de m'éconduire !
  • 10 heures 50 : "Suite à un grand nombre d'appel nous ne pouvons vous répondre actuellement"
  • 11 heures 18 : "Suite à un grand nombre d'appel nous ne pouvons vous répondre actuellement"
  • 11 heures 44 : "Suite à un grand nombre d'appel nous ne pouvons vous répondre actuellement" ; sur les conseils de Leeloolènel, j'essaye parallèlement l'assistance par chat !
  • 11 heures 47, assistance tchat : "En raison d'un grand nombre de connexions, nous ne sommes pas en mesure de vous accueillir immédiatement sur votre service d'assistance Tchat. Nous vous prions de bien vouloir accepter nos excuses pour ce désagrément et vous proposons de bien vouloir retenter de vous connecter dans quelques instants. Merci de votre compréhension."
    Je persiste...
  • 11 heures 48 - 11 heures 49 - 11 heures 50 - 11 heures 51 - 11 heures 52 ... assistance tchat : "En raison d'un grand nombre de connexions, nous ne sommes pas en mesure de vous accueillir immédiatement sur votre service d'assistance Tchat. Nous vous prions de bien vouloir accepter nos excuses pour ce désagrément et vous proposons de bien vouloir retenter de vous connecter dans quelques instants. Merci de votre compréhension."
    Et quand je pense que je croule sous le boulot...
  • 11 heures 54 - 11 heures 56 - 12 heures... assistance tchat : "En raison d'un grand nombre de connexions, nous ne sommes pas en mesure de vous accueillir immédiatement sur votre service d'assistance Tchat. Nous vous prions de bien vouloir accepter nos excuses pour ce désagrément et vous proposons de bien vouloir retenter de vous connecter dans quelques instants. Merci de votre compréhension."
  • 12 heures 03 : Assistance téléphonique : On me promet un conseiller !! Diable cette fois-ci c'est même une voix d'homme qui m'annonce un temps d'attente d'"au moins 2 minutes !"
    Bon évidemment c'est le moment où j'ai envie de faire pipi...
    Tant pis, je suis prête à tous les sacrifices ! Je ne bouge pas de ma chaise !
  • 12 heures 20 : une dame charmante qui, à mon sens, doit avoir été sélectionnée pour son flegme et sa résistance aux invectives de ses interlocuteurs exaspérés m'a promis un technicien pour jeudi... (vivite viiiite je file aux toilettes !!!)

Conclusion : quatre jours après la disparition de ma ligne téléphonique et de ma connexion internet, un nombre d'appels téléphoniques invraisemblables, des heures passés devant mon écran au boulot sur le site de free, je n'élis pas icelui meilleur FAI sur l'assistance technique...





Free ou l'incurie à tout prix...

Plus l'ombre d'une ligne téléphonique depuis vendredi. Plus d'adsl, plus de téléphone, rien, nada, que d'chi, couic...
La hotline m'égrène durant de longues minutes des conditions tarifaires qui n'ont d'autre effet que d'alourdir la facture de mon téléphone portable avant de m'indiquer qu'en raison d'un très grand nombre d'appels on ne peut donner suite au mien... Là c'est dans le meilleur des cas !
Une fois sur trois on m'appâte... Si si ! Je vais être mise en relation avec un conseiller !!
Waouhhhhh ! Vous vous rendez compte ?
Depuis tout le temps que je l'espère ce conseiller...
Et bien... au bout de 6 minutes (6 minutes exactement, j'ai eu le temps de le vérifier un grand nombre de fois) le couperet tombe :
"Non, non et non ! " en raison d'un très grand nombre d'appel on ne peut toujours pas donner suite à ma supplique... Sympa pour la facture du portable... très très sympa !

Comme la colère m'obscurcit la vue, j'ai bêtement — en profitant d'un accès à internet depuis le boulot— demandé une assistance par e-mail en exposant mon petit souci ; et plutôt calmement je crois : j'ai largement éventé la fumée qui me sort des naseaux... Las ! Aveuglée par celle-ci j'ai indiqué une fausse adresse e-mail de réponse. Bien entendu j'ai réitéré immédiatement mon message avec l'adresse idoine... sauf que désormais je n'ai plus accès à l'assistance par e-mail : ma précédente demande n'est pas encore traitée ! Et comme le délai de traitement des e-mails est de la même eau que celle qui abreuve la hotline, je ne suis pas rendue...
Avant cet épisode, et depuis ses origines, ma connexion était égrotante... La voilà désormais trépassée !


Plutôt que de continuer à voir rouge, je pense que je vais plutôt virer au orange...




lundi 15 septembre 2008


Echecs et prise de tête...

La fine équipe de France Choroïdérémie pour la Parisienne
toutes les photographies sont ici




L'hirondelle et le limaçon (et vice versa)

Pendant que je tressaute en culottes courtes parvenant à courir six bornes plus lentement que lorsque j'en couvre le double, la frangine elle bondit, elle vole et bientôt elle plane...
Première la belle !
Première de sa catégorie !!
Je vous préviens : si vous passez à moins d'un mètre de moi, vous saurez tout de sa course, et puis de sa première trottinette — laquelle était rouge et augurait bien des victoires... — de sa première dent — qu'elle avait mauvaise, preuve s'il en est de son esprit combattif... Bientôt je vous ferais accroire que sa victoire est la mienne ! Moi, moi qui le même jour, gros limaçon empesé, découvrais l'insigne épreuve de courir sans plaisir...





Les "parisiennes" de France Choroïdérémie

La fine équipe de France Choroïdérémie pour la Parisienne

Parisiennes, certaines ne le sont que pour un jour.
Mais depuis des années !
La cause aux modifications de programmes, la cause à la vie, la cause à... nous étions moins nombreuses qu'il y a un an. Mais pas moins motivées !
Et toujours en vert les donzelles !
Un beau vert turbulent sur lequel s'assied un nounours devenu aveugle.
"Rien que pour voir"
Et elles ont bien couru les gazelles ! (heu... sauf moi : pour l'occasion j'avais chaussé mes jolies semelles de plomb !)
Toutes leurs photographies sont ici.

France Choroïdérémie dont nous portions haut les couleurs a pour but de faire connaître cette maladie, de rapprocher les personnes malades et de réunir des fonds pour mener des programmes de recherches.

Il n'est donc pas interdit de parler d'elle...

Et ce n'est pas sans une certaine ironie que je tiens à remercier les magasins DÉCATHLON grâce auxquels nous cavalons désormais équipées de tee-shirt techniques ! ... Preuve s'il en est que toutes les enseignes de sports ne soigne pas leurs clients d'une façon identique...




vendredi 15 août 2008


Proclamation

Un air de fado qui retentit entre les lentilles vertes — du Puy ! — et la fourme — d'Yssingeaux ! —
Le silence qui se fait.
Moi qui cavale pour attraper ce fichu téléphone dont la ligne de flottaison, au fond de mon sac, est invariablement trop basse.
Quelques rares mots chuchotés avant qu'un sourire ravi s'accroche à mes lèvres en faisant définitivement couler l'appareil dans le saint-frusquin de ma besace.
...
Il n'est parfois point trop besoin de mots.




lundi 28 juillet 2008


Espoir et robotique

Exosquelette...



jeudi 24 juillet 2008


Je lis — sans payer — des journaux dont je dis du mal !

On va dire que je pinaille mais parfois la lecture des quotidiens, à l'instar de quelqu'un et de sa plume savoureuse, me chagrine parfois...

Libération avait une qualité à mes yeux : c'est de continuer à pondre des titres aussi spirituels que pétillants. Talent dont il convient de saluer d'autant plus la constance que le contenu qu'ils précèdent est de plus en plus improbable !

Je dois cependant avouer qu'aujourd'hui leur accroche « Corrida: Les gradins s’écroulent, les taureaux attaquent » qui trône en tête de site depuis ce matin m'a laissé songeuse... ils attaquent les bougres ? Ah bon ? Où ça ?

Quant au Figaro, je crois que l'un de ses journalistes ignore le sens du mot derechef (adverbe qui, vous l'aurez compris, fait partie de ceux que j'affectionne tout particulièrement).

" Le chef de l'Etat a affirmé jeudi que la France ne signerait pas l'accord de l'OMC dans sa version actuelle. Le commissaire européen au commerce l'a derechef recadré, lui rappelant que c'était l'UE-et non les Etats membres - qui négociait à l'OMC. "

Je croyais benoîtement que not' chefaillon s'était donc fait taper sur les doigts une seconde fois par Monsieur Peter Mandelson mais la lecture de l'article ne fait pas mention de la première... Derechef... cela m'aurait amusé pourtant au moment où la France prend la présidence du Conseil de l'Union européenne ...




mardi 22 juillet 2008


Exemple illustré d'une rage jugulée

Matériel nécessaire :

  • un petit carnet noir (je suis une grande fidèle des petits moleskine lignés)
  • un stylo plume (ici un vieux Parker à l'encre bleu-noir avec lequel mon père signait mes carnets de notes)
  • un casque audio
  • un dispositif musical quelconque à la seule condition qu'il dispense du Vivaldi sous l'archet de Giuliano Carmignola.

Temps de préparation :

  • 10 minutes m'ont suffit pour refouler le succube.

Résultat, sans rature (ne venez pas me dire que la rage est mauvaise inspiratrice !) et — surtout — sans bavure (" couic " qu'il a fait le succube !)

L'appétit qui se coupe. Comme une porte qui claque
Le coeur qui cogne un peu plus fort. Comme un poing que l'on serre.
Une rogne qui monte. Comme une marée qui vous noie.
Trop tard pour aller épuiser mon corps.
Une nuit qui tombe trop tôt. Quand tout à l'heure je rêvais de bougies.
De l'encre qui coule comme des larmes qui vous rincent.
Ne pas céder, ne pas gâcher.
Carmignola dans les oreilles. Oublier le reste du monde. Et surtout sa rage. Pour des broutilles. Ou pas. Pour des choses que je ne sais pas dire. Un stylo et une plume pour biffer ce noir.
Une feuille blanche pour souhaiter de nouveau que les bougies luisent dans la nuit.
Ralentir ces coups dans ce corps trop vif. Vivaldi pour s'envoler. Pour faire silence en moi. Pour que sa cadence ne soit plus que celle que j'entende. Et goûter de nouveau le bonheur d'être deux.

  • Le dîner aux chandelles fut très chouette, merci !



vendredi 18 juillet 2008


Là où le café est bon !

Plafond d'un café lisboète

Instant de grâce lisboète : un café sans amertume dans un café d'un autre âge...



mardi 24 juin 2008


Périclès, quand la France salit son nom...

Si je tenais le sombre pisse-copie sans culture qui a osé mêlé le nom de Périclès à un fichier attentatoire aux valeurs même de la démocratie, il entendrait parler du pays...
Du mien et de celui où est née la République
Périclès, l'homme dont l'intelligence et le courage politique continue d'éclairer nos institutions 25 siècles plus tard.
Périclès... l'homme qui a donné son nom à un siècle. Un siècle singulier, un siècle durant lequel la Grèce et ses esprits ont brillé si intensément, si prodigieusement qu'ils ont rayonné sur le monde comme jamais cela ne s'était produit, comme cela ne s'est plus jamais produit.
Périclès... un fichier informatique.
Messieurs les bureaucrates votre inculture et votre irrespect me fait honte...




lundi 23 juin 2008


Tansports...

  • Lorsque j'ai quitté Paris pour l'Amérique, et pour la première fois depuis des années, il s'est trouvé quelqu'un qui m'a déposée à l'aéroport avec ma valoche et des baisers.
  • A Détroit, huit jours plus tard, l'avion en carafe et perdue dans ces heures où l'interminable attente le disputait à la valse des fuseaux, j'ai lu, hilare, quelques mots sur mon téléphone en réponse au sms où j'annonçais mon retard: "salauds de yankees" .
  • Tarquinet, enfant décidément gracieux ne proteste pas même de céder sa place avant de passager transporté lorsque nous nous enfuyons vers la demeure.
  • C'est à Lisbonne que cette année j'irai prendre d'assaut la Bastille.
  • Il est question de voler vers Venise à la Toussaint.

Je sais trop bien quelle absence de garantie me réserve la vie pour faire sur elle le moindre pari.
Mais même sans miser, on peut goûter certains de ses transports...




samedi 21 juin 2008


Le très very good job de nineteen fifteen

départ à 5 heures du matin

A 5 heures, lorsque je l'ai vue partir dans la nuit, un numéro sur son cadre de vélo, l'air inquiet et résolu à la fois, j'étais déjà convaincue qu'elle ferait bien mieux que de se mettre à l'abri du ridicule.
Sur le site, après l'avoir rejointe "pedibus jambis que" c'est de loin que je l'ai vue préparer son barda.

ligne de vélo sur le site du triathlon

A sa place il y avait écrit le même numéro que celui qu'arborait son cadre. Quelques numéros plus loin un athlète futé avait accroché un ballon gonflé à l'hélium. Lorsqu'au sortir du Pacifique, elle reviendrait chercher son vélo au milieu des 1.999 autres, j'espérais qu'elle se souviendrait de cette sphère argentée qui flottait joyeusement dans le ciel.
Elle est montée dans un car avec Xavier, sa cagoule sur sa tête, sa combine sur le corps et son numéro à peine visible.
Je l'ai alors attendue longtemps. Le temps de voir celle qui sera la première de l'épreuve accrocher son tube de ventoline sur son cadre, le temps de voir le champs se vider des humains aux bonnets de bains aux couleurs vives (une par tranche d'âge). Un café, un banc où l'on papote, la tension qui monte, et puis on en revient toujours à ce champs plein de numéros, encore de vélos et de chaussures prêtes à être enfilées. J'ai bientôt perdu ceux avec lesquels j'attendais. J'ai alors rencontré d'autres Français que je me suis dépêchée de fuir (il faudra que je vous raconte un jour ma sainte détestation des parents idolâtres et qui n'ont de cesse de vous assommer des exploits de leur progéniture !) Mon précieux et fidèle Canon me tenait suffisamment compagnie. La lumière était belle. Je rêvais que ce pâle soleil naissant réchaufferait peut-être cette mer encore grise et dont je savais la température glaciale. J'ai su plus tard qu'elle était à 13 degrés. Et aussi que sur le bateau à aube que je voyais voguer au loin la prière avait été faite à voix haute. Et puis aussi que l'hymne américain avait retenti.
C'est encore loin l'Amérique...
Deux lignes de petits bateaux, c'est cela que j'ai vu en premier. Deux lignes de bateaux qui avançaient lentement. Et puis comme des dauphins que l'on voit au loin, des gerbes sont venues griffer la surface de la mer. Des milliers d'éclaboussures et tout autant de têtes, de bras ou de pieds qui nageaient à quelques kilomètres de nous.

ligne de nageurs vers Alcatraz

Je ne la lâchais plus des yeux, cette vague écume. Je la fixais intensément me répétant qu'elle était là ma précieuse frangine. Quelques hectomètres. Oui, elle y était maintenant. Et moi au bord je ne savais que répéter in petto "Fonce !" "Fonce ma belle !!", "Vas-y ma cocotte" "Sois fière, fière de toi" Fonce fonce championne !" Un joli temps, un joli temps juste pour avoir des ailes ensuite. Surtout aucune déception qui te gâcherait ton plaisir, qui te plomberait ta course... "Fonce fonce ma jolie". Bientôt quelques décamètres, je ne sais pas si les encouragements et les émotions sont conductibles dans l'eau salée mais si la réponse est positive alors ma ferveur a bien dû lui faire grignoter quelques mètres...
Quand la mer s'est faite plus calme le Canon en proue je me suis postée à la fin de la transition, juste avant qu'elle ne récupère son vélo. Le premier que j'ai vu passer était un Français dont je venais d'apprendre le nom — cocorico ! — et derrière lui beaucoup d'hommes évidemment . Et puis quelques femmes. Je regardais ma montre, je calculais en fonction des tranches d'âges que je voyais défiler sous mes yeux. Encore un coup d'œil au cadran, j'en étais à calculer qu'elle n'arriverait pas avant 5 bonnes minutes lorsque j'ai d'abord aperçu le gris de sa "tri-fonction".

Fin de la transition

Interloquée, sans oser y croire. Quand j'ai réalisé que c'était bien elle je me demande encore comment, submergée par l'émotion comme je l'étais, j'ai réussi à prendre une photo ! J'ai hurlé des encouragements, et surtout, ce qui était vrai, qu'elle était super bien placée! De loin je l'ai vu s'emparer de sa bicyclette, les chaussures coincées sur les cale-pieds prêtes à être chaussées et s'envoler pour 30 kilomètres qui n'avaient rien d'une balade de santé ! Et le cœur battant j'ai foncé au stand du chronométrage baragouiner dans mon charabianglais... oui... je n'avais pas rêvé...elle avait mis plus de 10 minutes de moins que le temps qu'elle m'avait annoncé dans les jours précédents !
Alors j'ai déambulé sur le site en me disant qu'elle était "dingue de chez dingue"... Et en repensant au jour où, il y a très longtemps, j'avais encore un papa et je regardais même la télévision... J'avais vu des images d'un triathlon. Découvrant ces trois disciplines et connaissant les prédilections de mon sportif de père, je lui avais immédiatement demandé pourquoi donc il n'en avait jamais concouru. Sa réponse a fusé : "parce que cela n'existait pas... pourtant qu'est-ce que j'aurais aimé cela..." Et, car l'homme n'était pas modeste, il a ajouté, "j'aurai été bon en plus ! ". C'est à cela que je pensais en déambulant sur le site et à l'immense fierté qu'il aurait ressenti. Je savais ses mimiques, ses silences, ses mains qui se frotteraient, ses yeux qui déborderaient d'émotion (et puis non je ne vous le ferai pas ce billet sur les parents idolâtres...)

Arrivée de l'épreuve de vélo

A l'arrivée de son parcours cycliste, elle avait l'air fraîche comme un gardon. Et le sourire qu'elle m'a lancé en disait long sur ce qu'elle vivait. Oh oui elle était bien dans sa course... Un sourire par lequel je savais son bonheur. Il m'était tellement visible que c'était son moment à elle, son jour, sa course, celle si belle qu'elle n'avait pas laissé lui échapper. Je ne sais plus bien comment j'ai fait pour ne pas me briser les cordes vocales. Je sais juste que je me suis postée là où j'allais la voir arriver de loin, le Canon toujours en bandoulière, je me suis casée dans une belle place que m'ont faite ces san-franciscains qui encourageaient chaque concurrent. Moi je me sentais gourde avec mon anglais balbutiant, alors je restais là, plantée sans rien dire. Ils sont passés des champions, certains ventolinés même et qui ne l'étaient plus à mes yeux, ils sont passés des bagnards, des visages où bien plus que la souffrance se lisait leur bonheur.

Arrivée d'un bagnard

Et puis je l'ai vu elle, alors j'ai vociféré des bravos, des vivas et tout plein de charabia français. Et la belle, la championne qui s'était battu pendant presque 3 heures, avait encore l'énergie de m'envoyer le plus beau des sourires et de lever le bras encore une fois. Et ils m'ont tous souri ces ricains bien bâtis, contents d'accueillir des étrangers dans leur beau triathlon. "It's a good job nineteen fifteen ! It's a good job" Oui un very good job my sister !! Voilà, j'étais juste éperdue d'admiration. Je le suis toujours d'ailleurs... Mais s'il vous plaît ! N'allez pas lui répéter !

Arrivée de ma zomozygote