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vendredi 28 juillet 2006


Quand la nuit s'étire...

Il suffit de le réclamer à corps et à cris et le voilà qui fuit.
Alors j'écoute la nuit et je guette la silhouette des moustiques qui viennent se cogner à la lumière de mon écran.
J'essaye de ne pas penser à cette écrasante température, qui m'indiffère assez si ce n'est qu'elle me rappelle 2003. L'année où tout a basculé.
Un moustique vient de prélever sa dîme sur le petit orteil de mon pied droit.
Il me distrait un instant de cette sirène de SAMU que je ne cesse d'entendre retentir.

J'ai menti à tout le monde.
Et d'abord à lui-même.
Tout le monde se rassurait de me voir y croire.
Moi qui en avait tant vu dans mes dossiers de ces hémorragies cérébrales.
Moi qui était la seule à comprendre ce qu'ils me disaient, les termes étaient si compliqués.
Ils savaient pourtant que je savais. Je savais qu'ils savaient.
Ils ne m'ont jamais menti. Et je leur en ai toujours su gré.
Mais personne ne le voyait.
Je n'ai pas travesti la réalité. Simplement, je n'ai pas exprimé les non-dits.
Et déjà j'ai cultivé ma solitude.
Ils voulaient tellement y croire.
Moi aussi. Tellement que je ne voulais même pas briser leur espoir.

J'ai pas partagé ma peine.
Il n'y avait qu'à lui que je savais confier mes chagrins.
Lui il s'en foutait que je sois solide ou non. Il me prenait juste dans ses bras et me serrait à me rompre. Il n'aimait pas voir les gens malheureux. Et moi, moins que quiconque.
J'ai pas partagé ma peine.
Et je sais bien que je ne le ferai jamais.
Je ne suis pas même certaine de savoir encore partager un chagrin quel qu'il soit...
Je ne crois pas.




mardi 18 juillet 2006


Souveraine et lotophage ou l'improbable illusion.

On a toujours le choix.
On a le choix de ne pas subir.
On a même celui de rester maître de sa vie.
Même face à l'innommable. Je le sais.
Alors parfois, je ferais bien de m'en souvenir plutôt que de laisser mes démons me gouverner.



J'ai nettoyé mon ordinateur.
J'ai vidé mes téléphones portables.



Pour l'heure je laisse sans plus de manière mon épuisement et ma lassitude combattre ma mémoire vive.
Et peu m'importe de savoir ce qu'il ressortira de ce duel.
Je suis bien trop rompue pour m'en préoccuper.

Brisée à nager dans un univers trop incertain pour moi.
Les écheveaux ténébreux font de moi un être si tourmenté qu'il devient intolérable à moi-même.
Alors je ne suis plus.



J'ai nettoyé mon ordinateur.
J'ai vidé mes téléphones portables.



Je vais déjà me souvenir d'où je viens.
Du chemin que j'ai fait.
Mais surtout de ces souffrances qu'on oublie jamais tout à fait.
Alors de ridicule mes paniques vont se couvrir.
Sans doute. Peut-être.



Et puis, Tarquinou avec un à propos qui n'appartient qu'à lui me déclame soudain que je suis « la plus belle des mamans ».
En rajoutant qu'il est mon amoureux.
- Je ne sais plus qui est mon amoureux, Tarquinou.
- Mais je sais que ce ne sera jamais toi.
- Toi tu es bien plus que cela mon amour.



Je vais déjà me souvenir d'où je viens.
Je vais aussi m'emparer de cette insondable lassitude.
Je vais m'y engloutir.
Je vais m'y dérober.
Je vais fuir.
Un instant ou plus longtemps. Je ne sais.
Là il me faut survivre.
Après je réapprendrai à sourire, peut-être à rire, et puis peut-être qu'un jour je saurais vivre loin des énigmes que j'abomine autant qu'elles me minent.
Cela m'est déjà arrivé.
Un temps seulement.



- Oui Tarquinou, je pleure pour papa.
- Je pleure aussi pour lui.






mardi 11 juillet 2006


Les murs, qu'on dresse et ceux qu'on contourne ... ou non.

MUR, subst. masc.
A. 1. Ouvrage de maçonnerie vertical (parfois oblique), d'épaisseur et de hauteur variable, formé de pierres, de briques, de moellons superposés et liés par du mortier ou du ciment, et élevé sur une certaine longueur pour constituer le côté d'un bâtiment, enclore ou séparer des espaces, soutenir et supporter des charges.

Battre les murs (fam., vieilli). ,Vaciller d'un côté à l'autre de la rue comme un homme ivre`` (LITTRÉ, DG).
Faire les pieds au mur. Se tenir en équilibre sur les mains, les pieds reposant contre le mur.
Être au pied du mur. Être acculé à prendre une décision, être contraint d'agir.
Être logé entre quatre murs (fam.). Être enfermé, mis en prison.
Être, se trouver le dos au mur. Être dans l'impossibilité de fuir, de reculer, d'échapper à une situation. 
Se cogner, se taper la tête contre les murs. Se désespérer.
C'est à se taper la tête contre les murs/un mur! (fam.). C'est impossible, impensable. Dans quoi nous sommes-nous fourrés! C'est à se taper la tête contre les murs! (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 137).

B. 2. Ce qui forme un obstacle infranchissable, ou sépare des personnes, empêche la communication.
Un mur, un mur! Avoir le sentiment que l'on est devant un mur très haut, très lisse, très épais, et que ce mur-là, c'est l'avenir, et qu'on ne peut ni l'escalader, ni le renverser, ni le percer.
DUHAMEL, Confess. min., 1920, p. 104.

Mur d'airain, mur de séparation ou simplement mur. ,Causes qui divisent deux personnes et empêchent qu'elles ne puissent se rapprocher, se réunir. Il y a un mur entre ces deux hommes`` (Ac. 1935).

Mais aussi :
Ce qui protège, isole, défend. Vivre derrière un mur :
. ... il n'est pas d'amants qu'on ne trouve occupés, acharnés à tuer l'amour, tâchant de le borner, de se l'approprier, de lui donner des murs. G. BATAILLE, Exp. int., 1943, p. 213.
Mur de la vie privée. Secret, discrétion qui entoure la vie privée. Franchissons le mur de la vie privée, de la vie la plus privée, celui du cabinet de toilette (HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p. 42).


Mais moi ce que je redoute et me répète en pleurant ce soir n'est pas même défini par cet article... Aller dans le mur... Aller dans le mur ou pire attendre qu'il vienne à moi sans même me donner l'illusion d'agir ne serait-ce même que pour avancer vers lui. Comme si toute forme de vie autre que végétative m'était interdite. Moi qui ne déteste rien dans la vie que de rester les bras ballants on peut dire que j'ai un don inné pour la souffrance...