lundi 20 juin 2005
Juin, particulièrement.
Saveur singulière — C'était le mois des
examens, le mois où j'étais certaine d'avoir tout
raté, où je n'avais plus qu'une idée
en tête c'était que tout soit enfin
terminé pour pouvoir fuir comme une
dératée vers la session musicale de Saugues
début juillet.
Plus tard, c'était le mois des projets, celui où
l'on savait que l'été allait bientôt
nous emporter vers le sud et nos habitudes. Celles d'être
ensemble et de nous retrouver là où
nous nous étions rencontrés.
Puis, c'était le mois des ballades, celles où
nous partions avec notre marmaille au grand complet pédaler
en Forêt de Rambouillet, le mois où l'on gonflait
la piscine dans le grand jardin de la demeure.
« Maman, en ce moment je pense beaucoup à Papa
» me dit Tarquinette.
« Moi aussi » ajoute Tarquinet.
Juin, c'est le mois où je leur réponds,
« Je sais bien — Je le sens bien » et
où j'essaye de leur changer les idées.
Juin, c'est le mois où j'ai toujours peur de tout rater.
Juin a toujours une saveur particulière, celle de savoir que
désormais plus aucune coupure ne pourra me faire oublier mes
tourments.
Longtemps, j'ai cru que ce qui m'avait le plus sûrement
envahi à la mort de Tarquin l'aimé
était la colère. Je me trompais.
En juin, je sais que c'est la peur qui
me tient au ventre.
Par Veuve Tarquine
lundi 20 juin 2005 à 23:46
Chagrine Tarquine
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