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samedi 21 mai 2005


La guigne...

Un hortensia artificiel

Déjà ce matin, le CD censé ressusciter mon VAIO est demeuré muet... et en tout état pas suffisamment costaud pour le ranimer... « Je vous en envoie un autre » m'a-t-on dit. Bon j'attends... de toute façon au point où j'en suis, je n'en suis plus à une semaine près.

Comme la journée commençait mal et que je craignais de ne pas parvenir à fuir mes démons, je pensais pouvoir protéger mes marmots de ma ténébreuse morosité persistante en m'ensauvant loin d'ici. Branle le bas de combat on décide de passer la journée à Thoiry ! On mangera là-bas ! On mangera n'importe quoi, et même de la barbe à papa ! On prends les appareils photos, un biberon, deux couches et on file. J'ai fait trois mètres.

Le temps de m'aperçevoir que j'avais un pneu à plat.

J'ai compris comment sortir la roue de secours, j'ai débusqué, extrait et débloqué ce putain de cric puis je me suis en tête de comprendre où il pouvait bien se poser (le mode d'emploi de la voiture a beau être en italien, j'ai quand-même compris qu'ils n'envisageaient à aucun moment de manier un cric pour changer une roue...)

Je commençais à me résoudre à demander de l'aide quand un charmant voisin est passé et m'a expliqué que c'était sur l'aspérité-là qu'il fallait le placer (les italiens apprennent-ils à manier le cric au berceau pour se dispenser de signaler ce surprenant logement ?).

Malheureusement tout s'est arrêté là : les écrous sont vissés tellement serrés qu'ils ont été impossible à retirer, mon charmant voisin y a laissé une clef "à rallonge" qu'il a refusé que je lui rembourse et le garagiste m'attend lundi matin, avec, sans doute, non plus une roue a réparer mais un jeu de pneu-avant à changer...

Au point où j'en étais, après avoir affronté la déception des tarquinets et m'être résolue à ne même pas savoir changer une roue toute seule, je me suis dit que c'était le moment où jamais de remettre les pieds au cimetière que j'ai fui depuis de longs mois et d'aller admirer les plantes crevées qui ne manqueraient pas d'ornementer le dernier refuge de mon Tarquin.

Et bien, les plantes ont survécu, elles... super !




jeudi 19 mai 2005


Fermeture sporadique

noir



mardi 10 mai 2005


Où l'on reparle de la Chèvre de Monsieur Seguin qui s'est fait manger au matin

« Mais qui vous demande de vous battre comme La Renaude ? +

La Blanquette voulait se laisser manger de suite mais en pensant à la Renaude elle s'est battue toute la nuit.

Parfois, moi aussi j'ai peur et j'ai envie de baisser les bras, parfois je me dis aussi que la tâche est trop lourde et que je n'y arriverai pas. Parfois j'ai même envie de m'allonger et de tout abandonner.

Alors, je me dis aussi qu'il faut juste tenir la nuit, le temps de mettre mes tarquinets à l'abri, et puis, à l'heure du coq, je pourrais me laisser choir.




lundi 9 mai 2005


Où l'on trouve le soir ce qui point le matin

Un lion au dessus d'un cadavre d'antilope - Bronze du Jardin des Plantes

Tout a commencé ce matin quand je cherchais un CD à graver. Il était tellement propret qu'il me semblait vierge alors je m'en suis emparée. Une fois avalée par l'ordinateur j'y ai découvert des fichiers.

Comme si chacun savait ici, les bruits de la télé, les rires et les pleurs d'enfants se sont tus. Alors telle une messe dominicale a retenti un air connu, une musique d'été et de cigale et ont jailli par milliers des odeurs, des sourires des rires, des bonheurs et des joies. C'était la compilation qu'il avait préparée pour l'été 2003, celui qui nous avait tellement enchantés qu'on disait qu'il était le plus beau alors que nous ne savions même pas que c'était le dernier.

J'ai pris ma marmaille sous le bras pour investir d'autres champs de bataille. Celui des souvenirs est jonché de trappes bien trop délétères pour que je m'y aventure.

Paris mon amie, Paris ma belle nous voici ! Je lâche mon escadron dans le Jardin des Plantes, à la section Ménagerie. Évidemment que nous y sommes déjà allé en sa compagnie même si j'avais fait cru pouvoir l'oublier. Alors au lieu de regarder ils m'ont demandé que je leur raconte ce que nous avions vu dans le temps où ils étaient petits et que papa étaient là, avec eux.

Parvenus au Pavillon des Reptiles j'ai juste eu le temps d'empêcher Tarquinette de lancer toutes ses économies aux poissons rouges de l'entrée. Elle m'a expliqué qu'elle voulait y jeter toute sa fortune pour faire un voeux d'importance puisqu'elle voulait que Papa revienne !

Mais moi je sais bien que les voeux, même les plus précieux, n'en ont rien à faire des coeurs de petite fille ! Alors je lui ai conseillé de ne jeter à l'eau que sa plus petite pièce de monnaie parce que les voeux "ça marche pas" et Papa c'est seulement dans son coeur qu'il sera.

Enfin, ce soir, encore inspirés par tous ces animaux salués, ils se sont assis dans le grand lit et je leur ai lu la chèvre de Monsieur Seguin :

« - Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu'il y a le loup dans la montagne... Que feras-tu quand il viendra ?...

- Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Seguin.

- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m'a mangé des biques autrement encornées que toi... Tu sais bien, la pauvre vieille Renaude qui était ici l'an dernier ? une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc. Elle s'est battue avec le loup toute la nuit... puis, le matin, le loup l'a mangée. »



« La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles.

Elle se retourna et vit dans l'ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient...

C'était le loup.

Énorme, immobile, assis sur son train de derrière, il était là regardant la petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait bien qu'il la mangerait, le loup ne se pressait pas ; seulement, quand elle se retourna, il se mit à rire méchamment.

- Ah ! ha ! la petite chèvre de M. Séguin ! et il passa sa grosse langue rouge sur ses babines d'amadou.


Blanquette se sentit perdue... Un moment, en se rappelant l'histoire de la vieille Renaude, qui s'était battue toute la nuit pour être mangée le matin, elle se dit qu'il vaudrait peut-être mieux se laisser manger tout de suite; puis, s'étant ravisée, elle tomba en garde, la tête basse et la corne en avant, comme une brave chèvre de M. Séguin qu'elle était... Non pas qu'elle eût l'espoir de tuer le loup, les chèvres ne tuent pas le loup, - mais seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi longtemps que la Renaude...

Alors le monstre s'avança, et les petites cornes entrèrent en danse.

Ah ! la brave chevrette, comme elle y allait de bon coeur! Plus de dix fois, je ne mens pas, Gringoire, elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. Pendant ces trêves d'une minute, la gourmande cueillait en hâte encore un brin de sa chère herbe ; puis elle retournait au combat, la bouche pleine... Cela dura toute la nuit. De temps en temps la chèvre de M. Séguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair et elle se disait :

- Oh ! pourvu que je tienne jusqu'à l'aube...

L'une après l'autre, les étoiles s'éteignirent. Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup de coups de dents...

Une lueur pâle parut dans l'horizon... Le chant du coq enroué monta d'une métairie.

- Enfin ! dit la pauvre bête, qui n'attendait plus que le jour pour mourir ; et elle s'allongea par terre dans sa belle fourrure blanche toute tachée de sang...

Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea. »

  


Et moi je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps parce que je sais bien que je suis comme la Blanquette qui veut faire comme la Renaude.