mardi 28 décembre 2004
Via
Autchoz
« Un blog a été créé concernant le Tsunami en Asie du Sud Est : Tsunami help.
La première chose qu'ils demandent au niveau de l'aide:
How you can help
1. Please pass this URL around. »
Je ne suis pas certaine que cela serve à quelque chose mais je ne sais plus quoi faire pour me sentir moins conne bien à l'abri dans ma parcelle de continent en ces festives périodes de fin d'année.
J'ai fait un don en ligne hier soir.
Je n'ose plus lire les journaux, cela me fait pleurer.
Pleurer, ça sert à rien dans le cas présent.
Seule évidence, j'ai le sentiment aiguë de partager la même planète avec des gens dont j'ignorais tout.
Sauf que moi je suis de l'autre côté de notre Terre.
Par Veuve Tarquine
mardi 28 décembre 2004 à 17:59
Chagrine Tarquine
3 commentaires
aucun trackback
mercredi 15 décembre 2004
Par Veuve Tarquine
mercredi 15 décembre 2004 à 00:27
Chagrine Tarquine
3 commentaires
aucun trackback
mercredi 8 décembre 2004
Et pourquoi je suis là ?
Pourquoi c'est moi qui reste ?
J'aurais voulu que se soit l'inverse.
J'aurais voulu partir. J'aurais voulu mourir et que ce soit lui qui reste là, auprès de ses enfants qu'il aimait tant.
Lui il avait de la famille, plein de famille et ils s'aimaient.
Moi j'étais déjà quasi-seule au monde, plus aucun parent - à quelques semaines près- une famille déjà fantômatique et franchement, hormis lui, les petits et une ou deux personnes il n'y aurait pas eu grand monde que ma disparition aurait blessée profondément.
J'aurais voulu mourir à sa place.
Tous ceux qui m'aimaient sont morts.
Papa, Maman, Nounet, tous morts et enterrés.
Et moi je reste là... toute seule, plus seule que jamais. Et plus solitaire que jamais, surtout.
Tous ceux qui m'aimaient sont morts.
Pour cacher ma peur de l'avenir, ma peur de ne pas y parvenir seule, ma peur de sombrer, je fais toute seule.
Inutile de me proposer de l'aide pour porter la poussette, je la déclinerai (peut-être pas même poliment...).
Je sais bien que c'est stupide mais je m'obstine...
J'ai trop peur de ne pas réussir à le faire seule.
De devoir appeler à l'aide, d'avoir besoin de quelqu'un.
Tous ceux qui m'aimaient sont morts.
Et maintenant il faut continuer sans eux.
Sans compter qu'aimée comme je l'ai été, je suis sans illusion.
Je connais la saveur de ce sentiment là.
Je sais ce que cela signifie d'aimer et de l'être en retour, sans faux semblant, sans peur et sans remord.
Pour soi, pour l'autre et pour rien d'autre.
Tous ceux qui m'aimaient sont morts et moi je reste là.
J'aurais voulu mourir.
Par Veuve Tarquine
mercredi 8 décembre 2004 à 22:49
Chagrine Tarquine
aucun commentaire
aucun trackback
dimanche 5 décembre 2004

Dans le grenier de la demeure il y a de profonds fauteuils au cuir éraflé qui fleurent bon le crin mouillé et la maison de mes grands-parents.
Comme il faisait un peu frisquet dans le grenier de la demeure, on s'est caparaçonné de couettes.
Comme il faisait nuit on a joué à se faire peur avec le troisième Harry Potter.
Comme on était seuls au monde on s'est serré, on s'est blotti et on a partagé le même fauteuil. On a frissonné, on a sursauté et on s'est cramponné. On a tous été émus quand Harry parlait de ses parents et plus encore de l'amour de ceux qui sont décédés.
Et puis, un à un, ils se sont endormis, la tête abandonnée qui dans le giron de sa mère, qui dans le fauteuil pronfond. Alors, un à un, sans les réveiller, je les ai déposés dans leur lit juste à côté.
Ainsi seule, je me suis blottie dans la chaleur du grand fauteuil, je me suis pelotonnée entre ses bras. Alors, roulée en boule comme un chat, enveloppée dans l'édredon de plumes d'une aïeule, j'ai sangloté ma peine, dans le cuir éraflé par quatres générations de chaussures, dans cette merveilleuse odeur de club d'un autre temps, j'ai pleuré ma déveine dans les fauteuils de mes grands-parents.
Par Veuve Tarquine
dimanche 5 décembre 2004 à 22:02
Chagrine Tarquine
5 commentaires
aucun trackback
Nombre de commentaires: 14328
Nombre de trackbacks: 228