mardi 31 août 2004
Fuir et rire

Je fanfaronnais ces jours-ci ! Je me sentais des ailes. Une
colère enfin clamée,
d’émouvantes retrouvailles avec la capitale et des
tarquinets vibrants de rires et de câlins !
On peut dire que j’ai été roidement
cueillie. Une phrase a suffit, une phrase relative à des
bêtes dispositions fiscales… Je n’ai
pourtant peur ni des mots ni de parler. « Tarquin
est mort en septembre ».
Je me suis soudainement emparé de mon casque à
vélo. J’ai crié un « Au
revoir » précipité en filant
vers la porte d’entrée. J’ai
dévalé les escaliers en hoquetant. Les clefs de
mes antivols étaient brouillées par les larmes.
Le casque de travers, le nez dégoûlinant,
j’ai fui à perdre haleine.
Fuir les larmes en espérant que le vent les
sèche, fuir l’envie de se recroqueviller, de se
mettre en boule, là, sur le sol, pour crier tout son
soûl en ignorant le monde alentour.
Fuir les regards apitoyés de ceux qui savent ma peine sans
pouvoir la soulager.
Fuir cette putain de déveine qui m’a
enlevé mon mari et mes parents et qui me fait douter de tout
(verrais-je mes enfants grandir ? vais-je mourir
demain ? mes enfants vivront-ils encore après
demain ? lequel mourra le premier ? …)
J’ai foncé dans Paris, j’ai
pédalé vers mes marmots et ensemble, on a fait la
nique à la vie.
On a joué aux chatouilles. Tarquinou
a adoré !
Par Veuve Tarquine
mardi 31 août 2004 à 23:46
Chagrine Tarquine
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