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samedi 31 juillet 2004


Triste anniversaire

Le samedi 31 juillet 1993, une voiture a percuté de plein fouet celle de mes parents qui avaient quitté leur demeure pour un mariage.

Il était, à la montre de mon père, exactement 9 heures 27.




mercredi 14 juillet 2004


Cimetière un jour, cimetière toujours.

Coeur figé en résine dans un cimetière

Il avait horreur des cimetières. Il n’allait d’ailleurs jamais sur la tombe de son frère. Simplement il m’accompagnait parfois sur la tombe de mon père, dans un cimetière de village, sur le chemin de la mare aux grenouilles.

Il avait su, juste avant de mourir, que ma mère s’en irait là aussi.

C’était la veille au soir, un mardi, où j’ai vu le chirurgien ; il n’y avait plus rien à faire, et ce d’autant plus qu’elle avait très dignement fait savoir qu’elle refusait toute forme d’acharnement. Elle voulait être opérée et ne plus jamais se réveiller, c’est tout.

Le lendemain, le mercredi, au matin, je me souviens qu’il était en retard pour son rendez-vous et qu’il est parti en vitesse sans emmener les enfants. Un coup de téléphone affolé alors que j’étais au Palais : un scanner a montré l’anomalie du système vasculaire cérébral.

Une journée, une journée ensemble, notre dernière journée. Cette journée là, il est encore trop tôt pour en parler.

Il devait être opéré dans les jours suivants. Mais dans la nuit, la nuit de mercredi à jeudi, j’ai appelé le SAMU et les pompiers. Je ne l’ai jamais revu conscient.

Il est mort juste avant « Maman ».

Parfois, j’ai encore l’impression d’être liquéfiée dans la douleur.




lundi 12 juillet 2004


Fin d'un calvaire

Une croix en pierre

Quoi que vous fassiez je ne serais jamais comme vous. Non, le « qu’en dira t’on » est une valeur dont je me contrefous, non quand je n’aime pas, je dis « je n’aime pas », et quand je m’ennuie, je m’en vais.

Effectivement, je suis très mal policée, je suis bien trop spontanée pour faire semblant très longtemps, je suis pour vous un espèce de monstre de liberté et d’incompréhension, un énorme point d’interrogation.

Mais vous, vous m’aviez bien oubliée quand vous êtes venus vous installer chez moi, vous aviez même oublié que ma mère mourrait ! Je me souviens d’un « c’est pas grave » qui résonne comme une gifle. Je pensais que la douleur rapprochait les gens, vous m’avez démontré très exactement le contraire. Vous avez souillé mon "chez moi" en hurlant et en criant votre haine, comme si votre douleur vous donnait tous les droits.

Vous avez été si loin que le statu quo est rompu et comme je me fous royalement de savoir si vous m’aimez ou pas, je suis un électron libre, seul l’amour de mes enfants me raccrochent à vous…

Car vous faites partie de la famille de mes enfants. Mais quoi que vous fassiez, quoi que vous aimeriez, vous ne faites pas partie des miens. Cela vous désole, je le sais bien, mais c’est ainsi. Mon mari vous adorait ; j’espère que mes enfants vous aimeront et qu’ils sauront nouer des liens étroits avec vous, mais moi c’est hors de question.

J’ai dorénavant l’absolue certitude que je ne vous aime pas. Tout simplement. De mettre un nom sur cette vérité me rassure et me calme, je ne vous aime pas, c’est tout, et on ne force pas les gens à aimer. Invoquer la mémoire de mon époux n’y changera rien. Je ne vous déteste pas, je ne vous hais pas, tout simplement, je ne vous aime pas.

Soyez des grands-parents, je ne vous demande rien d’autre et je n’accepte rien d’autre, quoi que vous puissiez faire.

Fin d’un calvaire, je suis rentrée chez moi