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jeudi 24 juin 2004


Cinéma intracrânien

l’une ou l’autre en Grèce

Cela ne vous arrive t’il jamais de voyager dans le passé ?

Je dois concéder que cela m'arrive souvent. Sans doute parce qu'à certains moments j'appréhende tellement le présent que je me réfugie dans ma mémoire insondable et si précise.

Je quitte l'instant, je navigue dans le temps, faisant fi de la chronologie et peut-être même de la vérité.

Il me semble que mes souvenirs sont là pour me protéger. C'est curieux mais quand j'ai l'impression de toucher le fond, ils surgissent comme pour faire écran entre ma conscience et la douleur du moment présent.

Une odeur échappée de l'étal d'un primeur et je me retrouve en Grèce avec mes parents, à Olympie, filmant de ma petite caméra Fuji les nids de fourmi, les feuilles d'acanthe. (et si peu les ruines antiques, estimant sans doute que ces merveilles étaient éternelles)

Me reviennent les fous-rire qui nous terrassaient avec Zomozygote quand nous échangions nos réjouissantes lectures (le fameux « Gnoc » de Monsieur BOULIER ou les savoureux dialogues entre Ficelle et Boulotte).

Je pourrais presque me croire ainsi au cinéma faisant défiler les séquences de mon passé.

La seule contingence, afin que reste sûr ce refuge, est de ne pas dépasser la date de ma rencontre avec Tarquin l’aimé.

Passée cette date, me remémorer les jours heureux devient une souffrance d’une rare intensité.

Peut-être avec le temps pourrais-je y puiser des parcelles de réconfort, me souvenir que le bonheur existe, que je l’avais rencontré et surtout que je le savais…




dimanche 6 juin 2004


C'est ma fête !

Coeur en vrac et en couleur

Je n’ai pas osé dire à la grand-mère attendrie qui, chez le fleuriste a félicité mes enfants de m’offrir de si belles fleurs qu’elles étaient destinées à la tombe de leur père…

En apprenant que c’était la fête des mères mes deux aînés étaient tout tristes : les années précédentes, ils sortaient avec leur père me dégoter une pure horreur dont ils avaient le secret – j’adorais ! eux aussi...

J’ai pensé toute la journée à ma maman, qui répétait à qui voulait l’entendre qu’elle exécrait le principe de cette fête mais riait aux éclats quand on l’appelait pour la menacer de lui offrir un aspirateur ou un fer à repasser !

Ce soir, Tarquinet son biquet et Tarquinette sa minette ont pleuré toutes les larmes de leur corps en parlant de leur papa puis ont sauté de joie en entendant sa voix (merci zomozygote d’avoir enregistré son annonce de répondeur)

Effectivement, dorénavant, il répond aux abonnés absents…

Et moi je reste plantée là, à pleurer devant une photo de maman, sans même plus savoir qui je pleure…

Sale journée…




jeudi 3 juin 2004


Guigne ou disgrâce ?



Il y a des jours où elle pèse si lourd, la malchance...
Enfin, j'ose croire qu'il s'agit bien de cela. Sinon je me demande bien ce que j'aurais pu faire de si terrible pour mériter pareille infortune !