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lundi 10 mars 2014

Bribes effilochées d'un carnet trop noir (2)

Je noircis des carnets.
Des carnets noirs où je crie des mots.
Ils ne sont pas toujours censés.
Ils ne sont vrais qu’un instant
Ils sont ma bouée quand le ciel est noir.
Souvent je les oublie. Parfois je les relie :

Le Mollusque

Accroché à son brisant de pierre noire, il se donne des airs.
Mais, jamais il ne quitte ce qu’il tient de ses parents, veillant jalousement sur un arpent qui ne lui doit rien.
Jamais il ne plonge dans le courant de la vie.
Jamais il ne se jette à l’eau.
Et rien il ne construit.
Il reste là dispensant moult leçons…
Comme la vie lui fait peur, il s’est fait gardien des traditions : braquer ses yeux vers le passé permet de ne pas regarder l’avenir…

Triste posture.

Et mollusque jusqu’au bout, nulle intimité il ne peut nouer.

« Ah ! les tenants d’une norme, et quelle qu’elle soit : norme culturelle, norme familiale, norme d’entreprise, norme politique, norme religieuse, norme de clan, de club, de bande, de quartier, norme de la santé, norme du muscle ou norme de la cervelle… Comme ils se rétractent dès qu’ils flairent l’incompréhensible, les gardiens de la norme, comme ils se vivent en résistants alors, on les jurerait seuls face à un complot universel ! Cette peur d’être menacé par ce qui sort du moule… »

(Daniel Pennac, Chagrin d’école, Folio, 2009, p. 200) cité avec bonheur par Arno M. il y a quelques jours sur Facebook

vendredi 7 mars 2014

Ouvrir les yeux (1)

La grande pauvreté c’est de se réjouir des échecs d’autrui au prétexte de n’avoir pas les ressources pour exister soi-même.

mercredi 5 mars 2014

Le semi de Paris, ses parisiens, ses musiciens et son soleil

Cette année, j’ai longuement hésité à m’y inscrire : je sais mes difficultés à ne pas entrer dans les courses et je ne voulais pas griller ma préparation pour ce maudit marathon de Paris (trois fois inscrite et jamais couru en raison de fractures des métatarses…). Et puis finalement, malgré mes sempiternels reproches contre son organisateur, j’ai décidé de rempiler et de payer le prix fort pour participer à cette épreuve qui constitue d’année en année ma première de la saison. Évidemment le nez dans le guidon de mes quatre séances hebdomadaires en vue du MDP, pas question de faire la moindre préparation spécifique. Ce semi me tiendrait lieu de séance longue dans ma 5ème semaine “de #PM42”.
Je me suis juste organisée pour placer les trois autres séances en tout début de semaine et me laisser deux jours pour “faire du jus” avant le départ. Pour le reste, je me suis limitée à confectionner une jupette aux couleurs de l’association France Choroïdérémie, à retailler son tee-shirt officiel en débardeur et à me faire les ongles en vert… c’est vous dire de quel ordre étaient mes préoccupations…
Bref, je vais vous faire l’économie de mes récriminations sur le nombre de toilettes mises à dispositions de 33.000 coureurs (compte tenu de cette inorganisation manifeste, je m’interroge quand-même quant à savoir comment je vais devoir procéder, pour me soulager, au départ du MDP qui ne sera pas, quant à lui, bordé de sous-bois accueillant mais des Champs-Elysées débordant de passants…) ou du temps qu’il m’a fallu pour rejoindre mon sas de départ… Toujours est-il que quelques minutes à peine avant les 10 heures du départ officiel j’avais rejoint le parc des “1 heure 50”. Forte de mon expérience de l’an passé, je me suis faufilée du mieux que j’ai pu pour avancer au plus près de la ligne et ne pas perdre un temps considérable à jouer à saute-mouton avec celles et ceux qui n’ont manifestement rien à faire dans ce sas. Je me suis échauffée sur place, ma montre calée sur le cardio et ma “zique” vissée dans les oreilles, en sautant, dansant et courant sur place, le tout en essayant de ne pas trop écraser les arpions de mes voisins… Après avoir rejoint -enfin !- la ligne de départ, je me suis élancée directement sur le côté de l’avenue et bifurqué au premier ralentissement sur le trottoir attenant pour tenter de conserver mon rythme de croisière. En voulant vérifier ma vitesse (ma montre “GPS” me l’indique), je m’aperçois que l’écran est verrouillé sur mon rythme cardiaque. Il me suffit d’une pichenette pour le faire disparaître mais je décide immédiatement de cavaler sans temps et sans vitesse mais uniquement au cardio.
Jamais je ne l’avais fait auparavant et je n’y avais jamais songé mais brutalement, ce joli billet de Cécile Bertin m’est revenue en tête. Oui, j’avais envie de courir juste pour le plaisir ! De surcroît, cavaler au cardio,en prenant garde de ne pas le faire monter dans les hauteurs -toutes relatives chez moi- m’est apparu comme la solution idéale pour ne pas me griller pour la suite de ma préparation.
Une fois cette décision prise, j’avoue que je n’ai pas pris garde à grand chose. J’ai senti que mes jambes moulinaient bien même si mon cœur restait dans mes fréquence “marathon”. Je n’ai même pas prêté attention au kilométrage sur le bord de la chaussée. En passant les 10 kilomètres, j’ai quand-même aperçu le temps “officiel” (celui du départ des élites à 10 heures): 1 heure 20. Je me suis souvenue que mon départ s’était fait aux environs de 10 heures 30 et par déduction que je devais être aux alentours des 50 minutes aux 10 bornes. Comme cela me semblait un peu rapide pour un semi et moyennement compatible avec ma fréquence cardiaque de sénateur en goguette, je n’ai pas vraiment porté crédit à ce calcul au “doigt mouillé” 1 et j’ai continué à profiter de l’ambiance. Oui, car s’il y a bien quelque chose qu”il faut reconnaître à cette course c’est son ambiance que j’ai trouvée cette année particulièrement festive. Je n’ai jamais autant reçu d’encouragements, de pompiers, de secouristes, de minots qui tendaient leurs mains pour venir frapper les nôtres. J’ai lu des pancartes drôles, tendres, parfois émouvantes tendues par des enfants, par des amis, des amoureux ou des parents. J’ai rendu les sourires du mieux que j’ai pu, remercié d’une inclinaison de casquette tous ceux qui m’ont encouragé par mon prénom (et ils étaient nombreux !)
Il faisait beau, si beau ! Les gens étaient heureux et je les trouvais charmants. Paris était plus belle que jamais, et ses musiciens qui s’émaillaient tout au long du parcours si généreux… Je n’ai pas vraiment surveillé mon allure mais je n’ai pas vu le temps passer. J’ai juste pris garde à ne pas ralentir par trop dans les côtes (qui sont manifestement mon très gros point faible). Après le 15ème j’ai enfin songé à me ravitailler et me suis aperçue que ma boisson d’effort faite ” à l’arrache ” le matin même (et non goûtée!) était trois fois trop sucrée. Heureusement, le dernier ravito était à deux pas. J’ai eu le temps d’attraper une bouteille d’eau sur une table (en pestant contre un tel gâchis) avant de la jeter quelques mètres plus loin après en avoir bu à peine quelques gorgées… J’ai résisté à l’envie de connaître mon temps. De toute façon au point où j’en étais ma course était faite et compte tenu du relief de la fin de course, je n’y pourrais rien changer (je perds vraiment beaucoup de temps dans les côtes même de faible inclinaison). Si je n’ai pas vraiment souffert, j’ai quand-même constaté que mon palpitant avant gagné deux pulsation/minute ; cela restait parfaitement raisonnable, mais ce n’était plus le moment d’accélérer. Et ce d’autant moins que les douleurs osseuses qui ont fait un enfer du dernier marathon que j’ai couru à Laval avaient réapparues. Parfaitement gérables sur quelques kilomètres, pas question de taper plus fort le pavé sous peine de grever définitivement la fin de ma préparation marathon… J’avoue que je me suis fait surprendre par l’arrivée que je croyais beaucoup plus loin ! Je ne m’attendais pas à voir les photographes si vite j’ai quand même eu le temps de leur faire de grands signes et soigner mon sourire (de toute façon, j’ai toujours l’air tarte alors au moins avoir l’avoir l’air de la tarte heureuse que j’étais !). La plus grande surprise a été de m’apercevoir que la ligne d’arrivée était déjà presque à portée de main ! J’ai à peine eu le temps d’allonger ma foulée (j’ai conservé le plaisir tiré de l’enfance de m’élancer à corps perdu dans la dernière ligne droite) et paf, j’ai arrêté mon chronomètre.
Et puis j’ai fait quelques mètres tranquillement, savourant encore pendant quelques instants le bien-être de courir sans se soucier du temps qui passe… Et j’ai enfin collé la petite pichenette qu’il fallait à ma montre pour afficher le chronomètre : 1h.50’17 (en réalité 1h50’14 au chrono réel de l’épreuve). Sans effort particulier et sans vraiment y penser je venais d’améliorer mon temps sur semi… J’étais ravie, évidemment. Et à dire vrai, je crois que je n’étais pas si surprise que cela, je sentais bien que je courais avec facilité et au fil de mes entraînements j’avais déjà compris depuis un petit moment que je courais bien mieux quand je n’avais pas conscience de ma vitesse… et qu’aucune barrière ne venait s’élever dans ma tête…

VT - semi Paris 2014

De cette première course de l’année, je tire quelques conclusions qui ne sont pas toutes satisfaisantes.
Certaines sont aisément réparables :
- cesser de bricoler à l’arrache mes boissons d’effort et prendre au moins le soin de les goûter avant le départ !
- cesser de se couvrir pour courir ! J’avais prévu de cavaler en débardeur et j’ai bêtement enfilé un sous-pull au prétexte que tout le monde était couvert autour de moi. Résultat j’ai cuit et recuit durant 20,700 mètres et la première chose que j’ai faite après avoir passé la ligne d’arrivée a été de me désaper (faisant fi de toute pudeur)… puis durant l’heure d’attente à récupérer ma consigne, de renfiler des vêtements mouillés !
En revanche, il est une conclusion qui n’augure rien de bon pour la prochaine course, c’est la non-disparition des douleurs osseuses… Je sais -d’expérience-  que lorsqu’elles apparaissent en cours d’épreuve, elles vont en s’aggravant tout au long des kilomètres pour devenir quasiment intolérables. Conserver son allure voire même terminer dans ces conditions-là est une entreprise difficile…
Quelque soit ma forme et la régularité de mes entraînements, je ne fais vraiment aucun pronostic de temps pour le prochain marathon de Paris… et je reste sur le seul but que je m’étais fixé au moment de mon inscription : le terminer avec le moins de souffrance possible.


1 En réalité mon temps réel au 10 kilomètres était de 50’54”

jeudi 26 décembre 2013

Pourquoi je ne lis plus Mediapart ou la réciprocité des principes, fussent-ils de valeurs inégales

L’on me relançait pour fournir mon RIB puisque le débit de mon abonnement mensuel à Mediapart était rejeté en raison de l’opposition sur ma carte bancaire. Alors j’ai répondu.

Bonjour,
Je lis peu Mediapart.
Mon abonnement est avant tout une forme de soutien à une presse indépendante.
Mais en tant qu’abonnée j’aime aussi que l’on respecte les principes à mon égard.
Je peux m’abonner en ligne mais pour résilier mon abonnement, je suis obligée d’envoyer un courrier postal…
Pas un e-mail, pas un formulaire de contact sécurisé.
Non juste un courrier postal.
Pourquoi ?
Pourquoi imposer cela à celles et ceux qui vous ont fait assez confiance pour vous confier leur numéro de carte bancaire ou autoriser en ligne un prélèvement sur leur compte bancaire.
Ma carte bleue a été perdue, j’y ai fait opposition.
Mon abonnement va donc prendre fin de ce fait.
Parce que je vous ai confiance et que vous ne me faites pas confiance.
Je vais donc faire l’économie d’un timbre.
Uniquement par principe.
Par pur respect de la symétrie…
Avec ma considération distinguée.
VT
NB : lettre non confidentielle

Edit du 3 janvier 2014 : merci de vous reporter au commentaire de M ci-dessous pour avoir l’explication de la nécessité de ce courrier postal !

mardi 24 décembre 2013

Entends-tu les clochettes tintinnabuler ?

J’ai entassé dans ma grande bagnole trois mômes, deux chats et un sapin. Dans la nuit venteuse on s’est raconté des histoires drôles et amusé à des jeux bêtes. On a ri comme jamais. On était heureux comme le sont les enfants à la Noël.

Un peu plus loin, derrière les herbes folles, était ma maison plus chaleureuse que jamais. Les chats se sont égayés.

Les marmots m’ont fait promettre de les réveiller tôt pour aller acheter la plus belle bûche. J’ai promis! Et je suis partie disputer un coin de mon lit à l’Azerty très déterminée à troquer son ronron contre ma chaleur. J’ai consenti sans me faire prier*.
La nuit sera douce…

* Sur le premier mouvement du concerto RV 531 pour deux violoncelles en sol mineur d’Antonio Vivaldi

dimanche 22 décembre 2013

Chat de Noël

chat-de-noel-500.jpg

samedi 9 novembre 2013

L'enterrement de première classe

Je termine une robe en twill de soie noire (avec ourlet roulotté et double jupe dansante). Je l’enfile avec le bustier assorti terminé quelques temps auparavant et je m’en vais pavaner devant ma marmaille en quête de félicitations. Tarquinette me fait tourner sur moi, s’attarde un peu sur les manches. Et, définitive, me lance sa sentence : ” Bravo Maman ! C’est exactement ce qu’il te faut pour un enterrement de luxe
Groumpppph.

vendredi 8 novembre 2013

Les gamins et leur sœur... et les mères qui passent pour des andouilles !

Discussion vespérale du jeudi 7 novembre 2013 :
Tarquinou est furieux contre sa sœur (qui a visiblement passé la soirée à l’asticoter).
Comme il éructe de rage, j’essaye de le calmer en le faisant rire :
- Tarquinou, pense qu’un jour tu auras 15 cm de plus que ta sœur, alors tu la regarderas de haut et avec une très grosse voix (que j’imite évidemment) tu lui diras : ” tu couines moustique ?”
Tarquinou rigole (ouf, ça a marché!) et me répond :
- Et si elle continue à m’ennuyer je pourrais enfin me défendre (en faisant le signe de lui mettre une grande claque dans la figure !)
Je dois faire ici l’aveu que Tarquinette n’est pas toujours tendre avec son petit frère, c’est le moins que l’on puisse dire … et hésite rarement (jamais ?) à tirer avantage de sa supériorité physique
- Non Tarquinou, on ne frappe JAMAIS une femme !
Tarquinou réfléchit trente seconde et me dit :
- Mais c’est MA sœur !

Je répète :
- Non Tarquinou, on ne frappe JAMAIS une femme !
Soudainement il me pose la question piège :
- Et toi tu l’a déjà fait ?
(…) <—- silence
Il répète : - Et toi tu l’a déjà fait ?
- Qui ça moi ?
- Oui, toi, tu as déjà frappé une femme ?
(…) [ in petto : “je ne vais quand même pas lui dire que c’est différent parce que je suis une femme ! ” ] (…)
- Heu… oui…
- Qui ?
- Heu… ma sœur… *
- Bah tu vois !!!

C’est en lisant ce billet ce matin : “Tu seras un homme, gamin” que cette conversation m’est revenue. Si j’ai pu faire le constat que je ne suis pas une mère totalement défaillante en rappelant à mes marmots certaines règles fondamentales, je ne suis quand-même pas bien certaine d’avoir été exemplaire dans mes réponses… (ce que je préfère d’ailleurs plutôt que de leur mentir)

*Zomozygote et moi-même nous sommes “foutues sur la tronche” au moins jusqu’à l’âge de 18 ans…




dimanche 3 novembre 2013

du délicat plaisir de la solitude

Je n’aime pas spécialement les films. Enfin, je ne les aime pas comme tout le monde : je ne les regarde que pour m’endormir. Donc j’aime les films d’amour car grâce à eux (et en dépit de propositions aussi généreuses que systématiques d’un certain corps médical à certains moments douloureux de ma vie) je n’ai jamais consommé la moindre substance pour trouver le sommeil. Ces derniers jours, je regardais de nouveau “A armes égales” quand, dans mon cortex quasiment anesthésié après une heure de vidéo, une réplique a fait mouche. Il s’agit de la seule scène de bar du film (celle qui s’enchaîne après le mémorable “suce-moi la bite” lancé par Demi Moore) où les rescapés portent un toast qui débute par ces mots raffinés : “les mecs, on s’est beaucoup fait chier, alors à la vie…”

Voilà, c’est exactement cela ! : “on s’est beaucoup fait chier !” alors maintenant on se sent vraiment mieux.
Cela n’a l’air de rien mais cela a fait tilt dans mon crâne : Voilà donc pourquoi j’ai mis autant d’obstination à me faire chier durant si longtemps : parce que pour la première fois de ma vie, sans avoir l’impression de subir le coup du sort ni de ressentir la moindre trace de dépit, je suis foutrement heureuse d’être seule ! Cela n’a l’air de rien mais se réveiller heureuse tous les matins, c’est une sensation que je n’avais plus connue depuis des années…

mercredi 30 octobre 2013

Comment j'ai rajeuni d'une année sans crème anti-ride et sans photoshop

Ce matin, je me suis réveillée tard, deux chats contre moi et toujours étonnée de roupiller autant dans ma maison axonaise. Pour tout vous dire j’avais totalement oublié que j’avais 47 ans aujourd’hui. Un coup d’œil sur mon iphone qui m’annonçait quelques dizaines de message facebook me souhaitant un bon anniversaire m’a vite ouvert les yeux. Alors il m’est revenu une anecdote assez drôle que j’ai eu envie de partager :
Depuis toujours, je prête assez peu d’importance aux dates d’anniversaire, il est arrivé régulièrement d’oublier le mien (et donc celui de ma zomozygote) et je dois confesser que je ne sais pas non plus toujours l’âge que j’ai. Parfois je suis obligée de réfléchir pour trouver le bon…
Il y a deux ou trois ans, j’avais 44 ans exactement. Je m’approchais de mes 45 ans, ou peut-être les avais-je déjà dépassé de quelques jours, voire d’un mois ou deux. Un jour, je m’exclame tout haut “Rhââ à 45 ans, je suis toujours infoutue de…” (de faire correctement une multitude de choses, tant et si bien qu’aujourd’hui je ne sais plus laquelle). Bref, je dis à voix haute que j’ai 45 ans.
Incontinent, Tarquinou m’interpelle : “Maman, tu n’as pas 45 ans mais 46 ans…
Ah bon ? Je réfléchis une minute… et comme je me souviens avoir fêté mon anniversaire il n’y a pas très longtemps, j’en conclus que je me suis encore plantée dans mon âge et je crois sur parole ce petit bonhomme qui doit avoir une bien meilleure mémoire des dates que moi-même…
Et donc pendant les 7 ou 8 mois suivants je me suis désormais exclamée tout haute : “Rhââ à 46 ans, je suis toujours infoutue de…
Jusqu’au jour où j’ai prononcé des paroles devant quelqu’un qui suivait mieux le compte du temps que moi-même et qui m’a immédiatement interrompu pour me signaler que je n’avais pas 46 ans mais 45 ans… Hein ? Ah Bon ? Tu es sûr ? Et moi de compter les années qui me sépare de l’année 1966… Ah oui ! j’ai 45 ans !!!! Et voilà comment j’ai eu l’immense surprise de rajeunir d’une année !
Tarquinou était tellement content de son bon tour qu’il s’obstine à chacun de mes anniversaires de me convaincre que j’ai — en réalité — une année de plus… Alors pour lui faire plaisir et aussi parce que je ne veux pas avoir peur du temps du passe, je fais semblant de le croire… Bref, j’en finis par être un peu perdue avec mon âge…


mardi 1 octobre 2013

Le marathon des écluses, c'était dimanche dernier

Avertissement : ce qui suit n’est pas tout un fait un “CR” de course à pied. Il y est moins question de fréquence cardiaque que de peine de cœur, et j’y livre davantage mes piétinements que mes allures “au kilo” ; quant au parcours vous avez deviné que son relief ne se mesure pas en mètre ou en pente mais bien davantage en pluviosité…
Le marathon des Écluses c’est une très belle course. Je l’ai, pourtant, choisie un peu par hasard. Enfin non. Surtout en fonction de sa date : le 29 septembre. Et je n’ai pas trouvé de marathon plus proche du 25 septembre 2013, parce que le 25 de ce mois, dix ans me sépareraient de mon mari. Alors j’ai pris un calendrier des courses et je me suis inscrite. Avec ce que cela impliquait : un marathon cela ne s’improvise pas. Enfin pas pour moi. Cela se prépare. Cela en fait des kilomètres à dérouler entre moi et la nostalgie. Cela fait passer tout un été. Un bel été où j’ai enfin découvert combien j’étais soulagée d’être seule, que mes projets en solitaire avait l’immense avantage de n’être pas de vagues utopies et que j’avais un corps qui servait enfin à quelque chose. Et puis de laisser cet échec-là derrière moi. Une prépa c’est un tunnel dans lequel on s’engouffre. On passe à autre chose. Semaine après semaine on y déroule ses entraînements comme on ferait des gammes. On s’inquiète, on se félicite ou se maudit. Bref on vit. Sans trop penser à ces 10 ans qui s’annoncent et dont on sait que malgré toute la distance que l’on déploie avec ses émotions, cela reste toujours un cap à passer… à cause des regards qu’on ne l’on peut s’empêcher de jeter en arrière, du constat que l’on fait de sa vie, de ce qu’elle est devenue, des choses que l’on a réussies ou de celles où l’on a échoué… et du manque dont la béance me saisit parfois.
Alors j’ai couru tout l’été. Avec entrain et méthode. Et puis de retour à Paris, les choses se sont un peu gâtées. Mon tendon d’Achille droit a décidé de jouer les Castafiore, braillant sa rancœur à plein poumon, et comme si cela ne suffisait pas, les douleurs à l’impact sous mon pied gauche (séquelles de fracture du second métatarse) on fait un retour remarqué en scène. J’ai stoppé là les entraînements, me suis écroulée littéralement de fatigue le weekend précédent l’épreuve. Le samedi suivant, j’ai pris le train pour débarquer à l’hôtel de Paris. Une adresse que l’on m’avait recommandée et que je recommande vivement. Quelques heures de sommeil agité plus tard me voilà attablée devant un dominical petit déjeuner (servi exceptionnellement à 6 heures tapantes pour satisfaire les exigences digestives de nos sportifs estomacs !). Le temps de me bricoler autour de mon tendon d’Achille un bandage avec du KT tape chargé d’espérance quasi mystique et de m’enduire de crème anti-frottement — toujours mon épitact “pieds secs” qui ne m’a jamais déçue en quelques parties du corps où je l’applique — et je m’en vais prendre la navette de l’autre côté du pont. Je prends place auprès d’un jeune homme sympathique qui a déjà couru l’épreuve et m’en livre les détails. J’ai à peine le temps de m’inquiéter que j’apprends que le chemin de halage, représentant environ  80 % du parcours, est constitué d’un mélange de terre et de sable parfaitement stabilisé. Mon Achille droit et mon Lisfranc gauche s’en félicitent incontinent ! J’échange encore quelques sms, tweets ou messages divers puis j’éteins mon portable sur l’injonction de mon Tarquinou : “ne sois pas en retard et ne te dope pas trop !” En deux temps, trois mouvements, je récupère mon dossard et rejoins un vestiaire où je parviens sans trop d’attente à accéder aux toilettes (l’organisation de cette épreuve est sincèrement un modèle du genre !). A la consigne je retrouve mon voisin de bus avec lequel nous échangeons force encouragements. Les rues de Mayenne sentent bon l’arnica et les pommades chauffantes. Je me retrouve 35 ans en arrière dans les allées du Bois de Boulogne un dimanche matin, jour de départ du Cross du Figaro… Mais bientôt, je sais que c’est l’heure de l’échauffement et je le redoute. Dès la première foulée, je sais que le tendon n’est pas rétabli et qu’il va falloir composer avec. Le départ est donné à l’heure, sans bousculade et en toute courtoisie (cela m’a changé des courses parisiennes !). Le début du parcours ne présente pas d’intérêt particulier si ce n’est qu’il est constitué de trois boucles (une petite et deux grandes) Trois passages auprès du staff de l’organisation. Et par trois fois je m’interroge… “n’est-il pas plus raisonnable de renoncer maintenant et de trouver un véhicule pour rentrer sur Laval plutôt que de risquer un abandon en pleine campagne ?…” Pieuse question de forme évidemment, on ne renonce pas maintenant ! Après quelques kilomètres, je me rassure, la chaleur de l’articulation aidant, j’oublie un peu ce tendon qui tire, je m’installe dans mon allure marathon et profite de la course. Sincèrement, c’est, avec la Balade de Riquet, une des plus jolies épreuves à laquelle j’ai participé, toutes deux se déroulant d’ailleurs au bord de l’eau, bercées par les écluses qu’elles enjambent. J’ai passé le semi à l’heure (1h.59’07”), toujours aussi étonnée de notre faculté à cavaler exactement dans l’allure souhaitée. C’est au kilomètre 25 que les choses se sont gâtées. J’ai d’abord senti l’Achille qui protestait à droite puis, sur sa gauche, le Lisfranc s’est mis à rouscailler. Au 26ème kilomètre j’étais déjà dans le rouge… Le joli tapis soyeux qui tapissait ce ravissant chemin les avait tenu en respect sur 26 bornes, c’était déjà bien. Sauf qu’il m’en restait 16 à parcourir. Je savais que la suite n’allait pas être une partie de plaisir. J’étais en deçà de la vérité. J’ai recroquevillé mon pied gauche dans ma chaussure pour essayer de ne plus taper sur le sol le point d’élancement et j’ai essayé d’oublier ce tendon. Le reste est dans tête. Je ne sais plus rien du paysage. Je me souviens des sourires, des encouragements que des inconnus m’ont lancés. Merci à eux. Je me souviens devoir m’arrêter et d’avoir envie de pleurer et puis des coureurs sont passés, ils m’ont lancés des “tiens bon” et aussi des regards de connivence. A un moment les douleurs osseuses était si fortes à gauche que je me suis déchaussée et longuement massée avec de la pommade calmante que j’avais emportée. Quand j’ai repris ma route, j’ai crû que j’allais hurler. La seule solution qui m’est apparue c’était d’abandonner. Mais je ne voulais pas d’un échec. J’en avais déjà connu un et je savais que c’était encore plus long et plus difficile à digérer que les 7 ou 8 bornes qui me séparaient de l’arrivée. C’est à ce moment que dans mon mp3, une voix s’est mise à chanter en espagnol. C’était une chanson que m’avait envoyée Pablo, quelques heures avant le départ quand il me manquait quelques titres pour compléter ma “playlist”. J’y ai vu un encouragement de marathonien… et puis j’ai pensé à la ténacité de ma zomozygote qui collectionne les médailles sur les “ironman“… et puis j’ai pensé aussi à Stéphane. Voilà. J’ai décidé de serrer les dents et, puisque c’était si dur de repartir de ne plus m’arrêter jusqu’à l’arrivée. Enclencher le mode “robot”, ne plus penser mais avancer, exactement de la même façon que durant ces entraînements sur tapis roulant que j’exècre tellement.  Je me suis nourrie de tous les sourires que l’on m’a lancés sur la fin de ce parcours, j’ai frappé dans les mains menues que tendaient les enfants, j’ai pris comme du miel tous les encouragements que l’on s’est lancé entre nous, parce que je n’étais pas la seule à souffrir : “allez on y presque” “la fin est dure mais c’est la fin. Là, il faut tenir”. Sans tous ces gestes, toutes ces attentions, je n’aurais jamais tenu. Je voulais juste finir. Que cela s’arrête enfin. J’ai piqué un dérisoire petit sprint sur les derniers 50 mètres. Je finis les courses ainsi depuis l’âge de 11 ans, celle-ci aussi… Et puis je me suis assise et j’ai pleuré. Je devais avoir les yeux brouillés parce que je n’ai pas fait 4h.15 comme je le pensais mais 4 heures 17. J’ai pleuré bêtement parce que j’avais mal et que cela avait été la course la plus terrible que j’avais terminée et que j’étais tout à la fois fière d’avoir tenue bon et déçue de mon temps. Mais j’ai vite ravalée mes larmes, j’étais bien trop gênée de l’inquiétude que je suscitais. Une dame s’est assise a côté de moi et m’a expliqué qu’elle m’avait suivie presque tout du long. Elle avait repéré mon bandage et se motivait en se disant que si j’y arrivais en étant blessée elle pouvait y arriver aussi. Et elle m’en remerciait. J’en était toute émue. Je suis restée un peu, je me suis chauffée à l’humanité de celles et ceux qui arrivaient et qui savouraient leur joie d’être là. J’ai profité encore quelques instants de cette formidable ambiance de course où l’on se parle, se félicite et se congratule avec chaleur et sincérité et puis j’ai pris le chemin du retour. A l’hôtel, des douches avaient été laissées à disposition des clients sportifs et j’ai dû faire un effort pour m’arracher à la chaleur de l’eau et me rendre à la gare. Je garderai de l’accueil à Laval et de l’organisation de l’épreuve un excellent souvenir que ne viendra pas même gâter la vendeuse du “snak-bar-presse” L’Univers qui expliqué doctement que “non on ne vendait pas d’eau” et que “non, on n’avait pas le droit non plus de remplir mon bidon d’eau du robinet“… j’ai heureusement connu des buralistes plus urbains
J’ai fait encore des rencontres, des chouettes celles-là, parce que quand on vient de partager 42 bornes, on se trouve vite des affinités et puis je me suis assise dans le train du retour près d’un gentil monsieur qui m’a montré ses photos de vacances. A un moment, je me suis retrouvée seule. Alors j’ai pensé que le 25 septembre était vraiment derrière moi. J’ai posé mes coudes sur mes genoux, j’y ai enfoui mon visage et j’ai enfin pleuré à gros bouillons.


samedi 28 septembre 2013

Chats en boîte

Chats-en-boite.jpg

mardi 13 août 2013

Dotclear et moi, une belle histoire...

Aujourd’hui, dotclear a dix ans ! Un bon jour pour lui dire qu’on l’aime.
A mon dotclear à moi, je lui ai confié tout ce que j’avais de plus précieux, pas que des mots, pas que des images, non c’est le plus profond de mon cœur que je lui ai ouvert. Et puis aussi mes colères ! De grandes et noires colères parce que le sort a parfois été rude avec moi et que je préfère ruer que de courber l’échine. Et puis des larmes. Beaucoup de larmes, parce que c’était le seul qui pouvait tout entendre, le seul à qui je pouvais me confier sans me sentir ensuite coupable d’avoir plombé sa journée avec mes chagrins à faire pleurer les morts. Dotclear, c’était ma petite lucarne qui brillait dans un monde soudainement devenu trop noir pour moi ; je bricolais mes mots sur mon vélo et puis après le câlin du soir je filais les lui griffonner. Pour ne pas me noyer. Pour rester là.
Dotclear a 10 ans et moi, dans quelques mois, je vais bientôt fêter mes 10 ans avec lui.
C’est peut-être pour cela qu’on s’est si bien trouvé. Il a avait la vie devant lui et tout a gagner. Moi j’avais tant perdu.
Comme je suis fidèle, j’ai toujours gardé en l’état les lieux de notre première rencontre,
10 ans d’amour, ce n’est pas rien !
Dotclear, je lui dois beaucoup. Des rires et des rencontres bien sûr. Des amis, beaucoup. Et bien plus que cela. Mon dotclear à moi, c’est aussi la porte qui s’est ouverte quand la nuit était beaucoup trop sombre, qu’il faisait froid et que j’avais peur…
Je t’aime fort mon dotclear à moi.
Et surtout du fond du cœur : merci !

vendredi 2 août 2013

Pour celui qui m'expliquait qu'on ne baisait plus après 50 ans...

Il me vient la furieuse envie d’envoyer ce lien à quelqu’un… Rester sexuellement actif permet de vivre mieux et plus longtemps [Slate,

samedi 13 juillet 2013

A coups de pompes rouges comme le sang

Overdose d’odeurs rances et de costumes moisis.
J’ai l’impression d’avoir vécu dans le 4ème âge trop longtemps, interminable confrontation au conformisme étriqué d’une personnalité rabougrie qui craint d’être écrasée par la simple présence de coloris incisifs.

Bien se garder de se faire remarquer.
Bien se garder d’exister…

Gris, terne et blafard sont le tiercé gagnant des tons trop fréquentés ces dernières années.
Sans y avoir jamais cédé, j’ai brusquement envies de couleurs meurtrières.

Envie d’écarlate et de sang.
Envie d’être cruelle pour oublier combien j’ai été trop patiente.
Envie de démesure, de baïonnette et de férocité.

Mais aussi de couleurs, de rire, de vie et de sexe.
Toutes ces choses dont il est si difficile de crier qu’elles vous manquent et dont on remet toujours au lendemain le difficile constat de leur insupportable absence.

Alors, ce jour, je me suis achetée des chaussures…rouge-sang.jpg

lundi 17 juin 2013

Femmicament

Femmicament : nom féminin - néologisme formé de la contraction de "femme" et de "médicament".

Personne de sexe féminin dont la fonction espérée est de permettre à monsieur de dépasser ses incapacités.

Déformation insidieuse et souvent très habilement camouflée de la perception de l'autre qui empêche de le considérer tel qu'il est vraiment puisque l'on attend de lui qu'il se comporte autrement — outre qu'on le tient coupable de ne pas être comme l'on voudrait qu'il soit...

Exemple : "Mais pourquoi tu ne réagis donc pas comme cela puisque c'est précisément de cela dont j'ai besoin"...

lundi 10 juin 2013

Quand, à Saint-Ouen, on s'inquiète pour les trafiquants...

Cinq ans que l'on voit notre ville livrée au trafic de drogue, qu'on ne peut plus ouvrir ses fenêtres en raison des hurlements des guetteurs, que l'on se fait dévisager dans la rue, histoire de bien nous faire sentir que l'on est chez eux et pas l'inverse, que... que... (la liste est si longue qu'un jour je détaillerai par le menu ce que veut dire de vivre au milieu du trafic de drogue) Cinq ans  que l'on est livré à nous-même dans un silence assourdissant de la Mairie et.... sur Twitter le CM de la municipalité s'inquiète... du sort des trafiquants !

Tweet_Hallouch_Hakim_sort_inculpes.jpg Que l'on me comprenne, vous vous doutez bien compte tenu, autant de mes convictions que de ma profession que je me battrai personnellement pour ces individus là bénéficient de toutes les protections auquel leur qualité les autorisent... mais ce qui serait vraiment, MAIS VRAIMENT chouette, ce serait déjà, avant qu'on pense à les protéger, de les mettre hors d'état de nuire et au passage protéger les administrés dont la municipalité a aussi la charge... 

Si vous en doutiez, vous en avez la preuve : à Saint-Ouen la gravité n'est pas tout à fait comme ailleurs : on y marche sur la tête !

vendredi 7 juin 2013

La manif pour tous, celle qui nourrit la bête et s'en lave les mains...

Nous avons eu cela :

Et puis, il y a eu les appels au sang de Frigide Barjot, l'appel à la guerre civile d'un ancien ministre de la République et ses références nauséeuses à l'étoile jaune. Et puis, il y a eu des slogans, des discours d'une telle haine que j'ai eu honte de mon pays.

L'UMP a hurlé sur tous les tons que la démocratie n'avait pas été respectée au prétexte d'une loi qui a été votée par les deux chambres du Parlement avant d'être validée par le Conseil Constitutionnel, sans qu'aucune voix claire ne s’élève pour rappeler de quoi était faite la démocratie...

Alors, oui, c'est vrai, hormis celui qui a tué d'un coup de poing Clément Méric, on ne peut accuser quiconque d'en être directement responsable....

Mais faire le coup de poing contre les principes républicains, a fortiori dans une période de crise économique dans laquelle l'extrême droite prospère et se boursouffle, légitimer leurs paroles homophobes, utiliser un vocable qui traditionnellement leur appartient, leur offrir défilés et visibilité n'est pas un alibi en béton pour offrir aujourd'hui le visage de l'innocence offusquée...

Presque cinq ans, bientôt dix.

Et au bout de cinq ans moins deux ou trois poussières, cela s'est arrêté. Il faut dire que la vacuité y était tellement manifeste que je ne pouvais plus faire autrement que de la regarder en face ; comme une maladie silencieuse, elle avait tout envahi, aucune fonction n'avait été préservée, aucune alcôve dérobée ou de jardin secret pour se retrouver. Petit à petit, renoncement après renoncement, elle avait tout rongé. Le vide parfait. Le vide absolu. Un vide tellement sidéral que l'on ne n'y maintient évidemment que pour se cacher d'autres maux. Des maux plus sombres. Pourtant quand il n'y a plus eu que quelques poussières pour me séparer de cette demi-décennie, j'ai eu honte de moi. Honte à pleurer de ma lâcheté, celle de traîner ma peine, de ne pas oser savoir pourquoi je me confinais dans un tel vide. Honte de ces rêves enterrés vivants et de ces tombereaux de désillusions que je charriais l'air de rien... Comme si arborer un air indifférent suffisait à vous mettre à l'abri de la vie... 

... et de la vérité. Je sais bien pourquoi je remplis ma vie de vide. Une sombre histoire de bonheur perdu et de résignation. Une intrigue presque romanesque sauf que mon prince charmant est mort alors le bonheur est devenu un eldorado un peu compromis... ou en tout cas tellement improbable qu'il ne faut pas compter dessus. Voilà, cela va faire bientôt dix ans que je joue et rejoue la trame de la même comédie. Avec des couplets plus ou moins longs, avec des refrains plus ou moins entraînants... des espoirs plus ou moins réels, mais au fond, c'est toujours le même air... et cinq ans c'est long.

Cinq ans, c'était le temps qu'avait duré mon mariage. Ce qui ne signifie pas grand chose si l'on sait que c'est avec un enfant dans les bras et l'autre bien au chaud dans mon ventre que mon époux m'avait passé la bague au doigt... Mais cinq ans de bonheur cela avait un sens. Cinq ans de vide aussi... et cela m'a terrifié. Une terreur soudaine, un peu irrationnelle qui m'a mise à l'abri de la tristesse, des regrets ou des doutes.

L'avantage du vide, c'est que lorsque l'on décide de ne plus le partager, votre vie est exactement la même.  Il n'y a pas d'échange d'objets pris en otage sur un pont dans le brouillard, pas de petites cuillères à compter, à recompter et à se disputer. Ce qui devait être rendu tenait dans une petite enveloppe... Un vide si grand que les enfants ne se sont même aperçus de rien. Alors ma vie est restée strictement la même. Sans aucune accroche qui ne puisse me faire penser ou regretter ce passé. Bientôt dix ans de solitude. Peut-être m'en faudra-t-il cent pour réussir à me défaire d'elle. Je ne sais pas. Ce que je sais ce soir c'est que quant à ne pas avoir d'avenir du tout, l'inconnu est plus riant que le néant... Et quant à pleurer sur soi, autant le faire pour de bonnes raisons et n’embarrasser personne de sa peine...

jeudi 30 mai 2013

Ensemble...

J'aimerai tant savoir dessiner...

Là, maintenant, j'aimerai prendre un crayon et coucher sur le papier deux silhouettes l'une contre l'autre. Un couple qui se partagerait un bel et unique phylactère contenant un seul mot : "ensemble" !

Et ainsi chacun rêverait des mêmes mots : "l'un contre l'autre". A sa manière...

CONTRE, prép.
Exprime un mouvement vers, par opposition à un mouvement de sens inverse ou à une résistance.

I. [Sens local]
A. Exprime le contact étroit ou le choc au terme d'un déplacement. Il met une échelle contre le mur; il serre son ami contre son cœur; les vagues se brisent contre les rochers

II. Exprime l'opposition.
A. Exprime une relation d'hostilité, de lutte.
1. Contre + subst., nom propre ou pron. Le plus souvent contre exprime l'idée d'hostilité ou de menace conjointement avec le verbe, le syntagme verbal ou le subst. qui précèdent. Il s'emporte contre qqn; il proteste contre le projet.

source

mercredi 22 mai 2013

Rêvons un peu : l'hiver est bientôt fini !

Avec deux ou trois poussières de recul, certaines incongruités vous paraissent parfois d'une telle évidence que l'on se doute qu'elles ne doivent leur longévité qu'à des raisons qui ne tiennent en rien à leurs intrinsèques qualités...

Changer la couleur des rideaux et rebâtir ce morne thème qui n' a que trop longtemps attristé ces pages, me semble donc tout à fait d'actualité ! J'ai retrouvé mes fichiers d'origine, ceux peinturlurés de rose layette et de bleu fané et l'envie de les glisser dans un moelleux Ductile se fait chaque jour de plus en plus précise ! Eu égard à l'impressionnant coefficient de viscosité dont je fais preuve quand il s'agit de me défaire de la morosité, je vais bien me garder de fixer un calendrier céans...

J'ai déjà décidé de réintroduire des vieilleries que je n'aurais jamais dû décrocher et notamment :

  • mon bouton "blog sans dieu", lequel me paraît plus d'actualité que jamais !

  • mes mentions légales - avec une dédicace à quelqu'un qui s'y reconnaîtra (enfin, si je n'ai pas égaré trop loin mon fichier)
Et comme les pages courantes (ainsi d'ailleurs que ma vie depuis un certain temps) manque singulièrement de couleur, je m'en vais vous coller une collection de bibelots un peu kitch mais toujours plus joyeux que ce gris ambiant :

sans oublier ma collection de puces :

et enfin une photo où je mesure le temps écoulé depuis mes premiers billets : 

vendredi 17 mai 2013

Et la vie continue...

  • Ne plus jamais... JAMAIS... livrer l'adresse de ces lieux. Y écrire en toute liberté est décidément la seule façon d'en préserver l'envie.
  • Faire de grands sourires à mon Tarquinou qui n'avait de cesse de souligner "ma petite mine".
  • Détricoter la paire de chaussettes quasiment achevée.
  • Hanter les chemins de traverse où j'aime cavaler. Y respirer le grand air.
  • Profiter du souffle, il retombera bien assez tôt !

lundi 13 mai 2013

Petit sexisme ordinaire à Saint-Ouen : le Blog Notre Saint-Ouen

Il se court tous les ans à Saint-Ouen une course sans prétention qui se nomme la vivicittà. Et bien figurez-vous qu’il s’y passe, pour ce 21ème siècle, un évènement EXTRAORDINAIRE : les femmes y prennent le départ. Et encore PLUS EXTRAORDINAIRE, elles montent même sur les podiums… Fou hein ? Tellement surprenant qu’il se trouve encore des hommes de cro-magnon qui l’ignorent parfaitement et qui persistent tout à fait délibérément dans leur aveuglement puisqu’ils ne répondent, pas plus qu’ils ne publient les commentaires s’étonnant de leur cécité :

Un grand bravo aux champions du blog audonien : “NOTRE SAINT-OUEN”
qui publient une photographie puant de testostérone et qui ne prennent même pas le soin de signaler que les femmes montent AUSSI sur les podiums !
Je précise quand-même qu’avant de publier ce billet et ce depuis plus d’un mois, j’ai signalé en commentaire que son contenu me semblait pour le moins sexiste… la modération a considéré qu’il ne méritait pas d’être publié…

mercredi 3 avril 2013

Mode d'emploi pour obtenir un jeu à 20€ :

"Maman, tu sais quand on veut quelque chose il faut respecter deux règles :
1 - être gentil
2 - Savoir demander les choses au bon moment"

Tarquinou, 10 ans...

mardi 26 mars 2013

L'obèse, quel gros coupable que voilà !

Un dessin sur facebook qui incitait -avec raison- à sortir son vélo du garage avait pour légende "la solution contre la pollution de l'air, les bouchons sur la route et l'obésité... est en train de rouiller dans votre garage" m'a inspiré ce commentaire :

Humm... Je ne peux pas m'empêcher de penser que l'obèse est désormais désigné comme le sous-homme de notre société moderne : il arbore en permanence les attributs de sa faiblesse... et comme chacun sait les gros n'ont qu'à se remuer pour maigrir... Pourtant l'obésité a des causes multiples et complexes (dont la pauvreté, la malnutrition ou la maladie). Ils sont pourtant livrés à la vindicte médiatique du règne de la minceur...

Je trouve que de façon très insidieuse et souvent inconsciente est véhiculé une véritable culpabilité des gros qui sont responsables de leur "mal" ... Moi, j'ai follement aimé un homme qui pesait 130 kg et j'ai même choisi d'avoir des enfants avec lui...


lundi 25 mars 2013

L'égalité - un poème de Tarquinou

Ce soir, Tarquinou m'a lu un poème qu'il avait composé pour l'école. Moi je l'ai trouvé très chouette ! Et même si j'avoue avoir un peu questionné mon marmot sur le sens ou la grammaire de certains vers (...) nous avons décidé tous les deux que ces quelques strophes avaient leur place ici :

L'égalité


Tout le monde peut se marier
Égaux ou pas
Libres ou pas
Ceux qui s'aiment doivent avoir la liberté

Pourquoi certains ne peuvent se marier ?
Pour des bêtises !
S'ils le veulent, marions-les !
Qu'on les égalise.

Pourquoi les rejeter ?
Nouons la fraternité
Hommes ou femmes,
Où est le blâme ?

Tarquinou (10 ans)

dimanche 10 mars 2013

Petit exemple illustré -et sanctionné- de la politique immobilière de la Mairie de Saint-Ouen

Organiser la paupérisation de la ville pour conserver son électorat... Tels sont les desseins dont je soupçonne de Madame le Maire de ma ville (renommée zombieland depuis qu'elle est livrée sans résistance au bruyant commerce de la drogue). Petit exemple de manœuvre de contrôle : tenir à distance ces bobos parisiens qui pourraient bien ne pas avoir le cœur à voter communiste (ou alliés) aux prochaines élections municipales.

Sanction : « Considérant, d'autre part, qu'il résulte de déclarations du maire de la commune faites à divers médias, auxquelles se réfère expressément Mme B dans ses écritures, qu'il use systématiquement du droit de préemption à seule fin de peser sur le prix de l'immobilier, le détournant ainsi de son objet ; que, dans ces conditions, la commune ne dément pas utilement les assertions de Mme A relatives à des manoeuvres ayant eu pour objet la souscription d'une nouvelle déclaration d'intention d'aliéner à un prix minoré ; qu'il suit de là que le détournement de pouvoir allégué doit être tenu pour établi ;  »
Arrêt de la Cour administrative d’appel de Versailles en date du 18 octobre 2012, Commune de Saint-Ouen, c/ Mme B, req. n° 11VE02174
La politique de préemption pour contrôler les prix est illégale - Un billet de Me Benoît JORION, du blog droit de préemption

vendredi 8 mars 2013

Libération pille les blogueuses... élégant, non ?

Décidément il n'y a pas que les grandes marques qui se vautrent dans la muflerie en cette journée du 8 mars. : "Libération célèbre la journée des droits des femmes... en pillant les blogueuses ". Madame ou Mademoiselle Laurence Defranoux, il ne vous est pas venu à l'idée que vous faites précisément ce que vous dénoncez dans votre article..? Élégance et principes s'envolent bien vite lorsqu'il s'agit d'attirer les regards sur soi... non ?

mercredi 6 mars 2013

Le semi de Paris sous les couleurs de France Choroïdérémie

Autant vous le dire tout de suite, il y avait bien longtemps - presque deux ans - que je n'avais pas pris le départ d'une épreuve de course à pied. La faute aux fractures, aux blessures de tout poil, à la couture (je souffre du syndrome de monomanie cyclique), à Mademoiselle Azerty, à la vie. Bref, je n'avais pas tout à fait arrêté de cavaler mais j'attendais que l'envie me tenaille de nouveau pour m'inscrire sur une épreuve. L'envie elle est venue à l'automne, juste à temps pour glaner une place -très chère !- au semi marathon de Paris. Ce n'est certes pas la course que je préfère (je l'ai même détestée en 2010 quand j'en ai passé la ligne d'arrivée en marchant pour cause d'embouteillage monstre !) mais elle avait un petit air de déjà vu rassurant (outre qu'elle nécessite peu de logistique pour la mi-banlieusarde mi-parisienne que je suis). Passées les résolutions prises lors de l'inscription, je dois avouer que je ne me suis préparée que très moyennement. Un peu de fractionné au début pour retrouver de la vitesse et des sorties de plus en plus longues mais qui n'ont jamais dépassé les 16 bornes ... et surtout de plus en plus rares puisque ces cinq dernières semaines, je ne faisais qu'une sortie hebdomadaire ! La seule chose que j'avais soignée par rapport à mes anciennes prépa c'est la PPG (préparation physique générale) à la faveur d'un Club se sport qui s'est ouvert en face de mon boulot (monomaniaque toujours...). En dépit de cette préparation un peu loufoque (ou pour le moins désordonnée) je sentais bien que je n'étais pas en trop mauvaise forme et je dois reconnaître que bien que n'ayant jamais eu des liens très étroits avec mes chaussures (à telle enseigne que je les enlevais à la première occasion) mes inov' f195 me transportaient d'aise ! Je n'avais jamais eu de chaussures aussi réactives et aussi légères (merci Olivier pour tes conseils si judicieux) et je sentais bien qu'elles ne demandaient qu'à s'envoler. Pour clore ces préparatifs peu rigoureux, dans les heures précédant le départ j'ai fait ce qu'il ne faut jamais faire : IMPROVISER ! Et ce par trois fois :
  • en changeant mes lacets classiques pour une paire géniale de lacets élastiques et réglables autant au sommet qu'à la base des œillets, paire ramenée de San Francisco puis oubliée, avant d'être exhumée de ma valise "CàP" ouverte la veille pour y chercher mon porte-dossard.
  • en me concoctant un petit déjeuner à la composition imaginée le matin même (crème de riz et arrow-root cuits dans du lait écrémé)
  • en élaborant spontanément - après mon petit déjeuner roboratif - une boisson d'effort que je n'avais donc JAMAIS testée en course :
    • 200 ml de jus de pomme
    • 200 ml d'eau
    • 2 à 3 cuillères à café de sirop d'agave
Et si je n'ai aucune hésitation à partager la composition de ce breuvage, c'est tout simplement que je me suis félicitée de m'être fait confiance ! Cette improvisation (comme les deux autres d'ailleurs) était une excellente initiative de ma part (et c'est suffisamment rare pour être souligné !).
Dimanche 3 mars - réveil à 6 h.45. Après la préparation du petit-déj et de la boisson d'effort, je m'attaque à l'arsenal anti-ampoule... et comme j'ai perdu la main, je perds également un temps fou ! Je fonce en oubliant mon tricot (mon passe-temps dans le métro), mes mouchoirs en papier et mon portefeuille ! Peu importe, j'ai le plus important : mon dossard et un ticket de métro (il m'est arrivé par le passé d'avoir déjà oublié mon dossard...).
J'arrive sur les lieux de la réjouissance à 9 heures 20 (avec 20 minutes de retard donc) et cafouille pour trouver la consigne (non elle n'est pas au Village sportif mais le long de l'esplanade). Je patiente pour y déposer mes affaires que j'ai prudemment enfermées dans un sac plastique orange vif agrémenté de joyeux fils de raphias bleu canard et ainsi le repérer rapidement lors de la cohue qui suit l'arrivée...  puis... je... commence... la........ queue............ aux.................... toi................. let...................... t..................... e........................ s....................
Une queue si longue et si lente que j'ai vite compris qu'à ce rythme, je n'avais strictement aucune chance d'être à l'heure au départ ! Bref, comme toujours, j'ai pesté contre la sous-estimation chronique du nombre de wc nécessaires au soulagement de 30.400 coureurs et coureuses et pris la direction des sous-bois où j'ai rallié le coin des filles (en face de celui des garçons, chacun respectant scrupuleusement le territoire de l'autre sexe). Tout aurait été parfait si déjà concentrée sur ma course j'avais davantage prêté attention à la végétation... et ainsi évité de poser mon postérieur sur une ortie !!
Danse urticaire et échauffement confondus, c'est en sautillant et en gesticulant que j'ai rejoint mon sas de départ (1h.50) où je visse dans mes oreilles les bouchons de mon mp3 (quasiment au sens propre puisqu'il s'agit d'un appareil destiné à fonctionner sous l'eau). Malgré la qualité sonore de ce dernier, je surprends quelques conversations qui m’inquiètent pour le moins... " Ah bon ? mon voisin de droite n'a jamais fait mieux qu'une heure au 10 km ? Mais alors que fait-il donc dans le sas des "1h.50 " ? Et oui, j'allais bientôt découvrir le mal qui ronge le départ : la surestimation manifeste des allures !
Une fois franchie la ligne et quelques hectomètres parcourus, je réalise que "c'est beaucoup trop mou !" J'ai beau me méfier de ces premiers mètres où la fougue force par trop notre allure, j'ai pris suffisamment de départs dans le passé pour savoir que le train de celui-ci est celui d'un départ de marathon à l'économe mais non celui d'un semi !
Un coup d’œil sur ma montre me le confirme : je suis même sous mon allure marathon ! Incontinent je grimpe sur le trottoir mal stabilisé -où je ne suis pas seule ! - pour essayer de reprendre un peu de vitesse. Nous nous suivons à la queue leu leu en remontant sur plus d'un kilomètre des coureurs qui papotent, s'agglutinent ou s'arrêtent au milieu pour refaire leur lacet (véridique !) Mal installée dans le rythme de la compétition, je décide de cesser de regarder ma montre et de pester contre mon allure (en tout état de cause hormis me faire pousser des ailes, je n'ai aucun remède) et de cavaler en laissant mes jambes décider seules de leur cadence. Un coup d’œil oblique après le kilomètre 5 m'indique que je suis à 12,5 km/h en vitesse instantanée. Même si je sais que cette mesure isolée n'a aucune valeur, je suis contente de savoir que je peux encore rouler à cette vitesse, fusse pour quelques instants !
Mon élan allait pourtant vite retomber : avenue Daumesnil, je me fais percuter de plein fouet par un irascible piéton qui avait entrepris de traverser l'artère coûte que coûte. Front buté et épaule agressive, le choc est violent. J'en ai le souffle coupé et je ne passe pas loin de la chute (merci à la PPG de m'avoir tant apporté en stabilité !). Un coureur sympa prend de mes nouvelles "Ca va M'dame ?" - "Oui oui ! Merci beaucoup !" La solidarité des coureurs me réconfortent ! J'attaque la méchante côte sans élan mais je la grimpe finalement pas trop mal (cela sert quand même de cavaler dans les vallons axonais !) Je recompose tranquillement mon allure et je risque un nouveau coup d’œil sur mon temps au 10 km : 53 minutes. Bon ce n'est évidemment pas mon record mais je sais à cet instant précis que j'ai eu raison de prendre le départ ! Cet instant précis mais pas l'instant suivant : une douleur lancinante s'est mise à irradier de mon avant-pied gauche pour me projeter pendant cinq kilomètres dans une terrible gamberge...
J'abandonne ? Je continue ? La petite voix de la raison (la même que celle qui avait glissé un ticket de métro dans une poche de mon camelbak) me souffle ardemment de ne pas réitérer mes piteux exploits montpellierains (16 km avec une fracture du second métatarse du pied gauche) et de foncer ventre à terre vers une bouche de métro. Châtelet, ligne 1, direct Château de Vincennes. On ne peut rêver mieux... Quoique... une autre résonne pour me dire "non ! elle irradie mais elle n'est pas encore insupportable. Souviens-toi Montpellier tu ne pouvais plus poser le pied par terre !" Je décide de faire un test in situ : je change de foulée et j'attaque par le talon. Mes chaussures ne sont pas du tout faites pour cela mais je persiste. Le test est concluant : la douleur est moins vive quand je n'appuie plus sur l'avant-pied. Par ailleurs, quand j'attaque sur l'avant la douleur me paraît stable. Je continue, ce n'est pas une fracture !!  Ne me demandez pas d'où je tiens le bien fondé de mon diagnostic qui relève bien davantage de la croyance que de la médecine mais sur le moment je me le suis tenu pour quasi-scientifique !
Quand je relève la tête de mes considérations orthopédiques, je ne sais plus très bien où j'en suis dans ma course... Oh ! j'arrive à la Bastille ! La place n'a jamais été aussi belle sous ce soleil et pour une fois les gens agglutinés - au lieu des sombres revendications manifestantes - sourient et clament des encouragements ! Je nage dans le bonheur ! Je passe devant le Cabinet. Non, cette année, je n'y reconnais aucun riverain. Tant pis, je salue malgré tout silencieusement les lieux. Je dépasse le stand des ravitos du kilomètre 15 et réalise qu'il est peut-être temps de m'alimenter. Ce que je fais d'un gel à la pomme verte (parce que les gels à la pomme verte me rappellent toujours la balade de Riquet). Depuis que j'ai décidé de ne plus faire attention à mon pied gauche, je reprends un peu de vitesse et gambade jusqu'au kilomètre 17 en attendant le mur (je mange toujours le mur au 17ème, c'est invariable). Quand je sens les jambes s'alourdir je reprends un gel en essayant de ne pas écouter les braillements de mon pied gauche.
Pour m'aider à passer ce cap, je me fais mon film : "en réalité je cavale un marathon et il me reste 25 bornes à faire..." Oui, je suis atteinte du syndrome "plus j'approche, plus c'est dur" donc il suffit de reculer le but pour que cela paraisse plus facile ! Mon cerveau se laisse gentiment tromper et je ne souffre plus trop sur la fin du parcours. Je ne fais plus attention à mon temps, de toute façon, j'ai fait de mon mieux et c'est déjà pas si mal. Je décide de profiter de l'instant. Je suis ravie d'être là. Je fais des grands sourires aux photographes en levant les bras au ciel : j'ai toujours un air lugubre sur les photos de course, il faut que cela change !
Je dépasse des coureurs qui s'arrêtent et j'en suis triste pour eux, j'ai envie de les tirer par la main... jusqu'au moment où j'avise devant moi un jeune homme qui piétine avec difficulté en supportant un drapeau rouge et blanc dont le message, comme ceux qui recouvrent son tee-shirt, est à la gloire de Nicolas Sarkozy. Si je suis la première à me poser en donneuse de leçon quand il s'agit de respecter les valeurs démocratiques à commencer par le droit de ceux qui ne partagent pas mes opinions de s'exprimer librement, j'estime qu'il est en revanche parfaitement déplacé de faire d'une manifestation sportive une tribune politique ! Bref, c'est avec une rare saveur que j'ai doublé l'individu tout en cherchant son regard des yeux. Regard qu'il n'a jamais tourné vers moi. Et j'ai alors compris à sa mine sombre qu'il avait dû endurer plus d'une raillerie durant ces 21 kilomètres...
Je vois bientôt se profiler l'arche de l'arrivée, je ne regarde plus ma montre, je sais que je suis sous les deux heures, que mon pied a tenu, que j'ai passé un bon moment, que d'autres courses viendront bientôt... Je me fais plaisir en me tirant un - tout petit - sprint et je réalise que non, je n'ai pas du tout envie de m'arrêter ! J'ai encore beaucoup de jus à dépenser moi ! 1 heure 55 minutes et 25 secondes. C'est pas mon meilleur temps mais je n'en suis éloignée que de 3 minutes, ce qui me met en joie pour une course de reprise ! Assez en joie pour ne pas être trop dépitée par l'inorganisation manifeste du ravitaillement final. De haute lutte j'ai réussi à m'emparer de deux quartiers d'orange et d'une bouteille d'eau (mais non de bananes ou de boisson de récupération). Tant pis, je sors du sas, cela me dégoûte un peu de voir tous ces coureurs épuisés devoir se battre devant des tables vides quand les cartons sagement entreposés derrière elles débordent de denrées... Décidément l'organisation d'ASO ne me convaincra pas non plus cette fois-ci...
Au final, je suis tout à fait contente de ma course. La douleur de l'avant-pied gauche a disparu dès que j'ai cessé de courir, aucune ampoule n'a fleuri (c'est proprement exceptionnel !) et je n'ai quasiment pas eu de courbatures le lendemain ! Bref, une chouette course de reprise ! Même si je sais qu'il va falloir régler ce problème d'avant pied douloureux avant courir de plus longues distances, cela n'empêche pas de s'inscrire d'ores et déjà sur de plus longues épreuves...

semi-marathon-Paris-2013-500.jpg

lundi 4 mars 2013

Azerty de nuit

Ce soir, j'ai pris entre mes mains le petit museau de Mademoiselle Azerty — laquelle était vautrée sur mes genoux comme elle l'est à chaque fois que je suis derrière mon ordinateur — et je lui ai calmement répété "Cette nuit, Azerty, tu ne me réveilles pas pour te glisser sous mes draps ! Je t'autorise à t'y faufiler sans avoir besoin de me tapoter la joue pour requérir ma permission. Tu entends Melle Azerty, tu es dorénavant dispensée de sauf-conduit !" Derrière ses paupières closes, je crois qu'elle m'a comprise et qu'elle en a conçu de la joie ! Je suis si bonne avec elle !

Edit du lendemain matin

Grrr quelle ingrate cette chatte ! La petit gueuse est venue me réveiller !

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