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mardi 24 juin 2008


Périclès, quand la France salit son nom...

Si je tenais le sombre pisse-copie sans culture qui a osé mêlé le nom de Périclès à un fichier attentatoire aux valeurs même de la démocratie, il entendrait parler du pays...
Du mien et de celui où est née la République
Périclès, l'homme dont l'intelligence et le courage politique continue d'éclairer nos institutions 25 siècles plus tard.
Périclès... l'homme qui a donné son nom à un siècle. Un siècle singulier, un siècle durant lequel la Grèce et ses esprits ont brillé si intensément, si prodigieusement qu'ils ont rayonné sur le monde comme jamais cela ne s'était produit, comme cela ne s'est plus jamais produit.
Périclès... un fichier informatique.
Messieurs les bureaucrates votre inculture et votre irrespect me fait honte...




lundi 23 juin 2008


Tansports...

  • Lorsque j'ai quitté Paris pour l'Amérique, et pour la première fois depuis des années, il s'est trouvé quelqu'un qui m'a déposée à l'aéroport avec ma valoche et des baisers.
  • A Détroit, huit jours plus tard, l'avion en carafe et perdue dans ces heures où l'interminable attente le disputait à la valse des fuseaux, j'ai lu, hilare, quelques mots sur mon téléphone en réponse au sms où j'annonçais mon retard: "salauds de yankees" .
  • Tarquinet, enfant décidément gracieux ne proteste pas même de céder sa place avant de passager transporté lorsque nous nous enfuyons vers la demeure.
  • C'est à Lisbonne que cette année j'irai prendre d'assaut la Bastille.
  • Il est question de voler vers Venise à la Toussaint.

Je sais trop bien quelle absence de garantie me réserve la vie pour faire sur elle le moindre pari.
Mais même sans miser, on peut goûter certains de ses transports...




samedi 21 juin 2008


Le très very good job de nineteen fifteen

départ à 5 heures du matin

A 5 heures, lorsque je l'ai vue partir dans la nuit, un numéro sur son cadre de vélo, l'air inquiet et résolu à la fois, j'étais déjà convaincue qu'elle ferait bien mieux que de se mettre à l'abri du ridicule.
Sur le site, après l'avoir rejointe "pedibus jambis que" c'est de loin que je l'ai vue préparer son barda.

ligne de vélo sur le site du triathlon

A sa place il y avait écrit le même numéro que celui qu'arborait son cadre. Quelques numéros plus loin un athlète futé avait accroché un ballon gonflé à l'hélium. Lorsqu'au sortir du Pacifique, elle reviendrait chercher son vélo au milieu des 1.999 autres, j'espérais qu'elle se souviendrait de cette sphère argentée qui flottait joyeusement dans le ciel.
Elle est montée dans un car avec Xavier, sa cagoule sur sa tête, sa combine sur le corps et son numéro à peine visible.
Je l'ai alors attendue longtemps. Le temps de voir celle qui sera la première de l'épreuve accrocher son tube de ventoline sur son cadre, le temps de voir le champs se vider des humains aux bonnets de bains aux couleurs vives (une par tranche d'âge). Un café, un banc où l'on papote, la tension qui monte, et puis on en revient toujours à ce champs plein de numéros, encore de vélos et de chaussures prêtes à être enfilées. J'ai bientôt perdu ceux avec lesquels j'attendais. J'ai alors rencontré d'autres Français que je me suis dépêchée de fuir (il faudra que je vous raconte un jour ma sainte détestation des parents idolâtres et qui n'ont de cesse de vous assommer des exploits de leur progéniture !) Mon précieux et fidèle Canon me tenait suffisamment compagnie. La lumière était belle. Je rêvais que ce pâle soleil naissant réchaufferait peut-être cette mer encore grise et dont je savais la température glaciale. J'ai su plus tard qu'elle était à 13 degrés. Et aussi que sur le bateau à aube que je voyais voguer au loin la prière avait été faite à voix haute. Et puis aussi que l'hymne américain avait retenti.
C'est encore loin l'Amérique...
Deux lignes de petits bateaux, c'est cela que j'ai vu en premier. Deux lignes de bateaux qui avançaient lentement. Et puis comme des dauphins que l'on voit au loin, des gerbes sont venues griffer la surface de la mer. Des milliers d'éclaboussures et tout autant de têtes, de bras ou de pieds qui nageaient à quelques kilomètres de nous.

ligne de nageurs vers Alcatraz

Je ne la lâchais plus des yeux, cette vague écume. Je la fixais intensément me répétant qu'elle était là ma précieuse frangine. Quelques hectomètres. Oui, elle y était maintenant. Et moi au bord je ne savais que répéter in petto "Fonce !" "Fonce ma belle !!", "Vas-y ma cocotte" "Sois fière, fière de toi" Fonce fonce championne !" Un joli temps, un joli temps juste pour avoir des ailes ensuite. Surtout aucune déception qui te gâcherait ton plaisir, qui te plomberait ta course... "Fonce fonce ma jolie". Bientôt quelques décamètres, je ne sais pas si les encouragements et les émotions sont conductibles dans l'eau salée mais si la réponse est positive alors ma ferveur a bien dû lui faire grignoter quelques mètres...
Quand la mer s'est faite plus calme le Canon en proue je me suis postée à la fin de la transition, juste avant qu'elle ne récupère son vélo. Le premier que j'ai vu passer était un Français dont je venais d'apprendre le nom — cocorico ! — et derrière lui beaucoup d'hommes évidemment . Et puis quelques femmes. Je regardais ma montre, je calculais en fonction des tranches d'âges que je voyais défiler sous mes yeux. Encore un coup d'œil au cadran, j'en étais à calculer qu'elle n'arriverait pas avant 5 bonnes minutes lorsque j'ai d'abord aperçu le gris de sa "tri-fonction".

Fin de la transition

Interloquée, sans oser y croire. Quand j'ai réalisé que c'était bien elle je me demande encore comment, submergée par l'émotion comme je l'étais, j'ai réussi à prendre une photo ! J'ai hurlé des encouragements, et surtout, ce qui était vrai, qu'elle était super bien placée! De loin je l'ai vu s'emparer de sa bicyclette, les chaussures coincées sur les cale-pieds prêtes à être chaussées et s'envoler pour 30 kilomètres qui n'avaient rien d'une balade de santé ! Et le cœur battant j'ai foncé au stand du chronométrage baragouiner dans mon charabianglais... oui... je n'avais pas rêvé...elle avait mis plus de 10 minutes de moins que le temps qu'elle m'avait annoncé dans les jours précédents !
Alors j'ai déambulé sur le site en me disant qu'elle était "dingue de chez dingue"... Et en repensant au jour où, il y a très longtemps, j'avais encore un papa et je regardais même la télévision... J'avais vu des images d'un triathlon. Découvrant ces trois disciplines et connaissant les prédilections de mon sportif de père, je lui avais immédiatement demandé pourquoi donc il n'en avait jamais concouru. Sa réponse a fusé : "parce que cela n'existait pas... pourtant qu'est-ce que j'aurais aimé cela..." Et, car l'homme n'était pas modeste, il a ajouté, "j'aurai été bon en plus ! ". C'est à cela que je pensais en déambulant sur le site et à l'immense fierté qu'il aurait ressenti. Je savais ses mimiques, ses silences, ses mains qui se frotteraient, ses yeux qui déborderaient d'émotion (et puis non je ne vous le ferai pas ce billet sur les parents idolâtres...)

Arrivée de l'épreuve de vélo

A l'arrivée de son parcours cycliste, elle avait l'air fraîche comme un gardon. Et le sourire qu'elle m'a lancé en disait long sur ce qu'elle vivait. Oh oui elle était bien dans sa course... Un sourire par lequel je savais son bonheur. Il m'était tellement visible que c'était son moment à elle, son jour, sa course, celle si belle qu'elle n'avait pas laissé lui échapper. Je ne sais plus bien comment j'ai fait pour ne pas me briser les cordes vocales. Je sais juste que je me suis postée là où j'allais la voir arriver de loin, le Canon toujours en bandoulière, je me suis casée dans une belle place que m'ont faite ces san-franciscains qui encourageaient chaque concurrent. Moi je me sentais gourde avec mon anglais balbutiant, alors je restais là, plantée sans rien dire. Ils sont passés des champions, certains ventolinés même et qui ne l'étaient plus à mes yeux, ils sont passés des bagnards, des visages où bien plus que la souffrance se lisait leur bonheur.

Arrivée d'un bagnard

Et puis je l'ai vu elle, alors j'ai vociféré des bravos, des vivas et tout plein de charabia français. Et la belle, la championne qui s'était battu pendant presque 3 heures, avait encore l'énergie de m'envoyer le plus beau des sourires et de lever le bras encore une fois. Et ils m'ont tous souri ces ricains bien bâtis, contents d'accueillir des étrangers dans leur beau triathlon. "It's a good job nineteen fifteen ! It's a good job" Oui un very good job my sister !! Voilà, j'étais juste éperdue d'admiration. Je le suis toujours d'ailleurs... Mais s'il vous plaît ! N'allez pas lui répéter !

Arrivée de ma zomozygote



samedi 14 juin 2008


Les photographies de la balade de Riquet.

Les photographies de la Balade de Riquet sont en ligne.





Impressions san franciscaines

Là-bas il y avait les couleurs, hautes et claires. Les odeurs d'eucalyptus et de pins désséchés sous le vent. Il y a cette vie qui grouille à tous les étages. Et puis ces traits qui partaient dans tous les sens. Ces droites qui dévalaient les collines, ces pentes où s'enfuyaient les lignes de tramway, ces câbles qui se tendaient dans le ciel, ces perspectives de bow-window, étonnantes cascades de courbes métissées de pastels profonds, il y aussi ces bâtiments qui se perdent dans le ciel. Il y a ces gens qui vous parlent avec patience sans vous tenir rigueur de n'être pas comme eux.
Tranquille et bigarée, grande et belle, bruyante et sereine.
Ville battue par le mouvement, la chaleur et l'harmonie.
Mes cadrages en sont toujours hasardeux et mes mots pour la dépeindre toujours improbables.
Elle se goûte la jolie, sans jamais se laisser mettre en boîte...

rue de San Francisco depuis le cable-car



jeudi 5 juin 2008


Griffonnage au dos d'une carte

  • Bien arrivées
  • Wi Fi de l'hôtel capricieux
  • San Francisco est bien trop belle pour rester coincée derrière mon vaio en tentant d'hameçonner le web...
  • Je suis totalement sous le charme...
  • hypnotisée... je crois que c'est le terme exact !



mardi 3 juin 2008


Escape to Alcatraz

Dans mes bagages, entre une couche d'impatience et une bonne épaisseur de culpabilité, j'ai glissé des yeux avides et un gros lot de vociférantes cordes vocales — non pas pour molester le San-Franciscain mais pour encourager ma championne de Zomozygote !

Le prochain billet sera donc outre-Atlantique...





Guinguette et baskets sur un commerce amoureux

C'est décidément quand on s'y attend le moins que la vie vous fait des entourloupes...




dimanche 1 juin 2008


Guinguette et baskets sur un vide amoureux

Pas de course demain matin... A dessein. Je pensais me reposer en faisant mes valoches. Et puis subrepticement et presque en cachette j'ai quand même été vérifier s'il ne s'en courrait pas une près de chez moi...
Non, rien de rien. Je sais bien que cela prend trop de place.
Mais au moins j'ai le cœur qui bat fort... Et puis je suis en paix avec ce corps qui m'a toujours embarrassé (il n'est pas ici question de raison, simplement de sentiment que je ne m'explique pas bien)
Je n'ai jamais eu autant envie de fuir.
Envie de prendre mes jambes à mon coup.
Au moins je fais des projets d'avenir ! ... Et puis une route qui se déroule devant moi... Peste ! cela ne se refuse pas !

Précieuse ironie.
Elle est ma dernière cartouche.
Le reste n'est que débris.
Ma patience s'est enfuie.
J'assiste atterrée à mes propres déflagrations. Planquez les allumettes... à la première étincelle je crache du feu...

Je m'en veux de n'avoir su faire mieux. Je leur en veux de leurs exigences.
Je ne négocierais rien. C'est ma vie.
Et si un fragment d'elle se passe loin d'eux c'est juste qu'il est beaucoup trop maigre pour être partagé... Et non je n'ai aucun regret de ne leur avoir pas présenté mes penailles amoureuses. Si mornes lambeaux que seul le secret les rend excusables...

Je n'ai pas d'autre dessein de vite les laisser derrière moi.
Ceux de quelques mois, ceux de quelques nuits, leur vide est toujours nauséeux.
Courir vite — et vite les laisser derrière moi...
Oui cela je m'y emploie, parfois même au milieu de la nuit...
J'ai un don rare pour dénicher la vacuité. La vraie.
Celle que j'honnis au plus profond de moi. Celle qui me ravage.
Evidemment... l'issue est toujours écrite. Et moi je m'en fous maintenant de pleurer ou non. Cela ne me fait plus peur.
Je connais toutes les combines pour me requinquer en quelques secondes.
Et je ne mens même pas. Une machine à recomposition... Une machine bien trop précise.
Elle ne s'est pas encore déréglée...
C'est l'avantage d'évoluer dans le vide : les rouages s'y usent moins qu'ailleurs...

Pas de course demain matin...
Et merde !
J'avais envie d'émotions...




piège à robots