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mardi 31 juillet 2007


Tendons et cavalcade

Putain de tendinites.
Un mois et demi de kiné, trois mois d'arrêt complet et il suffit que je m'arme d'un pinceau et d'un balai pour qu'elles reviennent !
Deux malheureuses journées à bichonner ma vieille baraque et je traîne désormais la patte tel un cycliste du Tour qui aurait bouclé une étape sans EPO !
J'ai le ligament marri quand je ne rêve que de détaler à toutes jambes.
Courir à perdre haleine, brûler le pavé et mes poumons avec, m'abîmer dans la fuite.
Cavalcade, diable aux trousses et sauve qui peut.

Journée maudite s'il en est.
Quatorze ans aujourd'hui.
« Papa est mort » j'ai dit à Maman.

Journée pourrie aussi, la perversion et le désir de puissance de certains juges d'instruction m'impressionnent encore...

Journée amère en outre.
Celle où l'on prend conscience que je n'ai aucun tempérament pour les démons d'autrui. La fréquentation des miens me suffit bien... Et puis je souffre trop à subir ce que je ne peux pas combattre. Or on ne combat jamais les dragons des autres. C'est un principe que la vie m'a enseigné trop douloureusement pour avoir oublié cette leçon... Moi je ne demande rien. Et encore moins que ma fréquentation requiert que l'on ferraille contre des ogres !

Cavaler, circuler, dégager.
Allonger le pas et ralentir son souffle, sentir que chaque muscle me conduit un pas plus loin. Et puis un autre. Et puis un autre.
Trisser, voltiger.
Se démener et se répandre aussi.

J'envisage d'oublier ces tendons capricieux et de chausser mes baskets.
Pour aller plus loin.
Quelques larmes couleront. Là, je m'y autoriserais.




Déjà rentrer chez moi. Quitter ce bureau assombri par la nuit. Mon bureau. Où je me sens chez moi aussi.
Rentrer chez moi.
Il n'y a pas d'enfant mais il a mon chat.
Et je sais que ce soir il se blottira contre moi.

Penser à manger aussi. Et puis couper le téléphone et cesser de vouloir tromper ma fatigue. Peut-être la laisser infuser dans un DVD en courtisant Morphée...



Prendre mon biclou.
Pédaler à perdre haleine.
Se mettre en danseuse et jouer les filles de l'air
Fuir ma vie aussi...



« Papa est mort » j'ai dit à Maman.



Moi je collectionne les démons — et les cercueils aussi...






jeudi 26 juillet 2007


London et Vélib'... considérations vaseuses au petit jour

5 heures.
Londres est déjà loin. Déjà trop loin... Il me faudra y retourner ! C'est une évidence.

Ici il n'y a pas d'enfants dont je pourrais quêter quelques bribes d'apaisement.
Un chat.
Un chat redevenu mon chat.
Mais seulement parce que Tarquinet n'est pas là !

Les mots me manquent aussi.
J'ai collé des timbres dessus et je les ai posté.
C'est bien aussi !
J'avais oublié combien j'aimais écrire avec de l'encre et du papier !

Un blog en friche.
Je m'en fiche un peu.
Y être libre, c'est toujours mon seul souhait.



J'ai collé un autocollant rouge sur mon biclou.
un téléphone et puis London.

Londres et ses saucisses...
Londres sent tellement la saucisse...

A Londres, je roulais sagement à gauche, enfin j'essayais parce que l'on a beau dire, cela surprend !
et puis aussi, je respectais scrupuleusement les panneaux et les indications de signalisation.
Enfin quand je les comprenais.
J'étais diablement sage !

A Paris quand je suis revenue il y avait des vélib partout !
Moi j'applaudis !
Je crois que l'avenir des grandes villes tient au vélo.
... Pour ses autos aussi ... qui pourront caresser l'espoir d'avancer...

Mais respecter un feu rouge n'est pas une marque d'infamie.
Pas plus que de laisser les piétons traverser...
Un peu de frime, un peu d'émulation. Le cocktail est méchant...
Gloriole et effet de mode... Mais c'est sa vie que l'on risque à ces jeux puérils...

Son guidon tremblait doucement lorsqu'elle avançait. Peur ou manque de force. Néophyte dans tous les cas.
Et puis, elle regardait aux mauvais endroits.
Car cela se voit quelqu'un qui sait mesurer le danger ou non. Je ne sais pas bien comment, mais je le devine instantanément.
Poser pied à terre devant le feux lui faisait affront. Alors sans faillir elle a traversé la place à son point le plus dangereux.
Là où les voitures se croisent perpendiculairement.
Je l'ai regardé faire. Un peu atterrée.
Quelques coups de klaxon furent la seule conséquences de son arrogance. Tant mieux.

Je l'ai regardé et je n'ai eu qu'une pensée : la vie c'est précieux... tellement précieux...
Je l'ai regardé et puis j'ai compris que maintenant je n'ai plus le choix...
Les amendes vont pleuvoir.
Les courroux vont se déverser sur nous.
Les regards sont déjà moins patients...

Ma mode à moi ce sera désormais de prendre le contrepied de ce snobisme cycliste !

De mon voyage à Londres j'ai ramené un constat :
Faire du vélo à Paris c'est beaucoup plus facile qu'à Londres (notamment en raison de la voirie, son étroitesse, ses revêtements, son éclairage...)
Je vais rajouter à rebours dans ma valise de retour, une observance accrue des lois de la chaussée...
[Mais que les ayatollahs du grand respect ne se déchaînent pas céans : il reste encore beaucoup à faire pour que les règles de circulation dans les villes soient vraiment adaptées à nos légères bicyclettes ... pour ma sécurité, je sais que nombre de prescriptions seront nécessairement ignorées...]




samedi 7 juillet 2007


Juillet en coup de vent

Tarquinnette en coup de vent


J'ai bouclé trois valises, rempli un tombereau de fatigue.
Je file.
J'ai laissé en plan un billet sur le Temps des Gitans et une vie saturée.

Je reviendrais bientôt sans eux.

Alors je rangerai mon bureau et j'en exhumerai tous les squelettes qui me hantent.
Je verrai tous les amis que j'ai délaissés depuis une éternité.
Travaux... appartement... et la demeure qui est dorénavant mienne... aller au cimetière, un jour...
Faire tomber mes piles. De livres, de DVD, de culpabilité, de courriers.

J'irai à Londres avec ma copine de Toujours — et avec nous, iront nos deux vélos.
Concert, photos, lumière.

Je viderai mon bureau... Délicieux luxe de s'ensauver à minuit. Pour mettre la tête hors de l'eau. Et surtout lever le front.
Un weekend en amoureux quelque part dans ce mois, renouer avec Paris-Carnet, caresser mon chat.

Alors peut-être que si je parviens à faire tout cela, ne me manqueront-ils pas trop...




mercredi 4 juillet 2007


Laines et broches...

laines et broches




Grimace sur un quai de métro

Tarquinou sur un quai de métro



mardi 3 juillet 2007


Les mots qu'on garde (2)

Parfois je pleure et parfois je souris, lorsque je me souviens.

Il disait... avec un air grave ... qu'il avait beaucoup de chance car :
- je ne pouvais pas l'aimer pour son argent [— puisque j'en gagnais plus que lui ! ]
- je ne pouvais pas l'aimer pour son corps de rêve [— puisque qu'il pesait deux fois et demi mon poids ]
Alors lui au moins il avait la certitude que je l'aimais pour ce qu'il était vraiment et que tout le monde ne pouvait pas en dire autant ! A mais !

Il disait qu'il ne perdait pas ses cheveux... non... c'était ses fans qui lui arrachaient...

Il disait... Il disait...

Il y a des jours où ils me manquent tellement ses mots gorgés de rire...





Les mots qu'on garde

Il y avait des copies à signer. Et puis à rendre.
Alors j'en ai volé une !
La signer, je voulais bien. Un 9/10 cela ne se signe plus, cela se paraphe !
Non simplement, je ne voulais pas la rendre.
Alors je l'ai subtilisée du paquet où elle était perdue
Elle est mieux avec moi qu'au fond d'un casier anonyme.

Il y a trois jours sa maîtresse m'a dit d'elle, qu'« elle avait des talents de poète ».
Avec un gentil sourire elle m'a expliqué que jamais, jusqu'à ma fille, on n'avait comparé ses longs cheveux à de la réglisse !
J'ai souri aussi : « oui, c'est bien elle... »

J'ai gardé une copie.
Parce qu'une copie comme celle-ci cela n'a pas de prix :



Recette pour faire une Maman

Prenez un peu de poudre de gentillesse
Prenez deux gouttes de colère
Prenez un peu de sucre pour les bisous
Et un peu de sel pour les histoires
Fouetter le tout énergiquement
Verser dans un moule en forme de Maman
Faites cuire une vingtaine d'années
Dès que la croûte est dorée, sortez la du four
Et faites-vous cajoler !







piège à robots