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jeudi 31 mai 2007


L'amour en noir

En noir. Nous ne nous voyons plus qu'habillés de noir. Des pingouins tristes qui se dandinent derrière des cercueils. Et le terrain est glissant. « Bonjour mon cousin. Bonjour ma cousine » Comme vos enfants ont grandi ! D'obsèques en obsèques ils ont perdus les traits de l'enfance. C'est malheureusement un destin qu'ils partagent avec les adultes.

« Bonjour mon frangin, comment vas-tu depuis la mort de maman ? » Une lettre recommandée et tes efforts pour m'ignorer devant monsieur le notaire : j'ai connu des gratifications plus généreuses en matière d'affection... Non rassure-toi, c'est très bien ainsi ! Et puis je sais bien que dans ta mythomanie tu as su préserver l'essentiel. Dans nos silences trop bruyants et nos mépris affectés nous ne sommes pas les enfants que nos parents croyaient mais nous ne les avons pas trahis non plus. Nous ne jouons pas la comédie. C'est tout. Il est juste trop difficile de s'aimer.

Tu avais besoin d'une place dans ce difficile échiquier. Tu as les blancs, les parents t'aimaient mal. Tu as les noirs, les parents nous choyaient tant. Tu as les blancs, Maman t'excusait de tout. Tu as les noirs, Papa n'était pas dupe et tu l'étais pas non plus. Tu es toujours perdant. Nous sommes toujours gagnantes. Jusqu'à la mort de celle que nous gaussions en t'appelant "son petit canard rose"... Quelle vicieuse coïncidence de perdre mère et mari en même temps ! Qui n'avait d'yeux pour moi ? Jusqu'au bout nous étions trop là. Alors tu nous as fait bourreaux... nous, les cruelles jumelles. Et c'est bien. La vie n'est pas l'affrontement. Tu as désormais ta place. Nous, la vie nous as simplement emmenées vers d'autres horizons. Tu as raison. Nous sommes toujours gagnantes avec ce putain d'amour dont ils nous ont couvert.
Il y a simplement des lieux, des instants où il faut encore une fois se croiser.

« Bonjour ma tante ». Vous êtes la dernière de votre génération. Tous les autres ont péri.

« Bonjour mon neveu » Je ne vous connais pas. Moi je suis celle dont personne n'ose prendre des nouvelles. A cause du temps qui passe et de la culpabilité qui s'alourdit chaque année. — celle dont personne n'a jamais pris de nouvelles une fois la réunion macabre achevée — Ah ah ah ! Non bien sûr que ce n'est pas grave ! Regardez moi ! Je pète le feu !

« Bonjour mon cousin, oui je vais bien ». Non ce n'est pas grave. La vie est ailleurs. La vie est devant nous. Pas derrière nous. Laissons mourir ces liens. Je viens juste vous dire au revoir. Vous regarder une dernière fois. Vérifier si tous les petits-enfants partagent un trait commun avec leur prodigieux grand-père. Ressemblances — Vraiment ? A moins que ce ne soit désormais que sa seule histoire qui nous assemble encore.
Je ne sais qui sera le prochain. Ce peut être moi et nous ne nous reverrons pas.
Peu importe. Ne cultivons pas les regrets. La vie est ailleurs que ces champs de morts.

Et pourquoi je pleure ? — Je ne sais pas.

Je ne sais pas...




mercredi 30 mai 2007


Les hommes, quand mes copines en parlent.

Vous avez lu le dernier billet de Samantdi ?
Vous lisez Samantdi ?
Les billets de Samantdi sont sel, sucre, ou poivre.
Pour moi ils sont essentiels.
Et celui d'hier a fait flotter mes yeux et accrocher un aérien sourire sur mes lèvres.
Non parce que je devinais ces yeux brillants en lisant sa prose.
Non parce que je subodorais quelques flamboyantes histoires d'amour, quelques audacieuses et attachantes romances que seules savent vivre les intrépides, les généreuses, les scintillantes croqueuses de vie.
Pour tout cela quand même, et aussi parce qu'il est certitude et espérance à la fois, évidence tout autant qu'envie, et puis aussi hasard et coïncidence avec une aventure présente.
Et puis parce qu'il sue l'humanité par tous ses points, toutes ses virgules, tous les silences bienveillants qui le ponctue.

Des hommes en général et d'un en particulier — à lire et à relire...




mardi 29 mai 2007


Pile, page et prose

J'en ai fait des piles à l'équilibre incertain.
Car je n'ai jamais cessé de les espérer, de les convoiter.
Malgré les remparts dont ils sont ceints désormais, ils ont continué à me faire rêver, à me faire soupirer.
J'escomptais qu'un jour ils viendraient de nouveau me ravir, me soustraire, me soulever ; qu'un jour je goûterai encore leurs transports.
Alors je n'ai jamais cessé d'en acheter...
J'en ai fait des piles à l'équilibre incertain.
Des piles dont j'ai entouré mon lit, comme pour en peupler mes rêves.
Des piles dont j'ai tapissé mes murs, comme s'ils pouvaient les faire tomber.
Des piles comme celles qui soutiennent les ponts. Des ponts qui vous font passer d'une rive à l'autre.
Je ne me suis jamais résolue à les laisser déserter ma vie, ils l'avait trop éblouie.
Peu m'importait que leurs pages soient désormais stériles, peu m'importait que dorénavant mes yeux soient vains à les percer.
Ils étaient là.
Tant pis s'il fallait me résoudre à ne conserver que le désir que j'avais d'eux.
C'était toujours mieux que de les entasser au rang des souvenirs.
Ulysse, Edmond Dantès, Pierre Bézoukhov, Scarlett O'Hara, vous n'avez jamais cessé d'exister.
Ulysse, Edmond Dantès, Pierre Bézoukhov, Scarlett O'Hara depuis les pages où l'on vous a couchés vous vous êtes faits gardiens, et puis rois, et bientôt conquérants.
Ma vue est plus fatiguée qu'il y a quelques années.
Mes yeux n'ont plus la même vélocité.
Les livres sont exigeants, ils n'aiment pas qu'on les abandonne trop longtemps alors ils se font plus austères, plus ombrageux aussi.
Mais pas très longtemps.

Mon infidélité n'a que trop duré, il est temps pour moi de les retrouver.




lundi 28 mai 2007


En attendant Jack Sparrow - "Captain" Jack Sparrow !

Tarquinou sur un siège de cinoche



mercredi 23 mai 2007


Vous avez dit "overall" ?

Bon allez avoir du mal à me croire en ces temps modernes où tout le monde parle la langue de Shakespeare comme on récite la table des deux mais moi, si je connais la table des deux, je parle l'anglais comme une vache espagnole...

Heu, overall, cela veut dire quoi ?



Je suis très impressionnée de figurer en si noble compagnie... et dans un tel concours !

Cela dit, en toute honnêteté, je ne vous enjoins pas de voter pour moi ! Cela fait deux ans maintenant que je m'endors avec un nounours enrubanné, ce dont je suis très fière, mais j'ai parfaitement conscience que cette année notamment la qualité du bricablog est sans commune mesure avec ceux qui figurent à mes côtés dans cette liste !







La moue

Tarquinet tout en moue




Les yeux qui brillent

Tarquinou tout en dents, les yeux brillants



mardi 22 mai 2007


Mots d'insomnie

Autosuffisance — Un vélo pour détaler à tout heure du jour ou de la nuit. Des sacs— profonds et lourds — dont on ne laisse à quiconque le soin de porter— évidemment. Dont on se recouvre comme pour se protéger. Des sacs pour n'avoir besoin de rien. Surtout ne rien demander ! Prête à s'abreuver de poudre d'escampette. Illusion peut-être. J'ai parfaitement conscience d'avoir raté la marche d'un train de la dernière heure quand l'alerte était tonitruante. Je sais désormais que se tenir prête à la fuite ne signifie pas qu'on s'avise correctement du danger... Et puis il y a les coups qu'on ne peut esquiver, ceux qui vous arrivent en pleine poire, foudroyants et imparables... Pas envie de m'y frotter ce soir. Fi du passé. J'ai déjà trop à faire pour parquer ma mélancolie.

Amoralité
Caractère de ce qui est amoral, au-delà de toute distinction entre le bien et le mal — Moral en maraude. Pour rien. Pour ce taxi. Pour les siens aussi. Et puis elle me taraude cette envie de m'ensauver, de me dérater, de détaler à toutes jambes ! Six semaines d'arrêt... que c'est long. Moi j'ai envie de m'oublier, de m'abîmer, de me brûler les ailes en brûlant le pavé. Moral en fraude, en contrefaçon. Envie de me débiner. Et un peu de respirer la vie à plein poumons. Parce qu'elle recèle encore quelques butins. J'en suis certaine. Et si ce soir j'ai friponné quelques pleurs, ce n'était qu'une oscillation. Pas une récidive des peines écoulées. Non... J'ai les yeux trop braqués sur la proue pour les tourner vers la poupe.

VerveVx. ,,Caprice, bizarrerie, fantaisie — Inspiration vive et chaleureuse, imagination créatrice. — Poser mes sacs ... je ne sais pas... Un instant seulement, un instant peut-être. Et si ce n'est pas voguer c'est toujours tourner les yeux vers l'horizon. Tant que mon vélo n'est pas loin... pourquoi pas ?

Refuge d'insomnie : Erik Satie — Œuvres pour piano — Gnossienne n°1.




lundi 21 mai 2007


Quand les cyclistes respectent le code de la route...

Ce soir je repensais à tous ces commentaires où l'on me parle de ces cyclistes peu civiques voire déliquants en puissance...
Ce soir j'aurais aimé que tous ceux-là soient près de moi quand ce fichu taxi m'a foncé dessus...
Je ne faisais rien.
J'allais tout droit.
Le feu était vert.
Je m'étais arrêtée au rouge. Et puis je suis repartie quand la signalisation m'y autorisait.
Il était derrière moi.
Je pousuivais ma route en circulant sur les petits vélos que la voirie a tracé sur le sol.
Il tournait et il faut croire qu'il avait des comptes à régler.
Parce qu'il m'a délibérément foncé dessus.
Il avançait son pare choc méthodiquement en me fixant.
La règle du jeu était simple...
Il savait parfaitement que je circulais régulièrement.
Simplement il avait décidé que je devais lui céder.
J'ai ralenti sans cesser d'avancer alors à deux centimètres du choc il s'est décidé à freiner.
Et moi je suis passée.
Il m'a couverte d'insultes.
Il éructait de rage en me faisant le signe de dégager.

Je ne me souviens pas avoir vu pareille violence dans les yeux de quelqu'un...
Et je dois être fragile parce que ce soir cela m'a bouleversée de découvrir que l'on vouait une telle haine.




Ah oui, je voulais aussi préciser à tous ceux lisent cette série avec des oeillères que je suis aussi une automobiliste. Et ce soir, sur mon vélo, avant que ce fichu taxi ne me mette la rate au court bouillon, je pensais que lorsque je suis au volant de ma bagnole, l'emmerdement que me procurent les biclous est sans commune mesure avec ce que la conduite des voitures génère comme dangers lorsque je suis sur ma selle... Et c'était avant qu'un véhicule terrestre à moteur me prenne pour cible...






dimanche 20 mai 2007


Cyclistes, respectons le code de la route !! (1)

une voiture bloquant la sortie d'une piste cyclable




Cyclistes, respectons le code de la route !! (préambule)

C'est vrai qu'ils m'exaspèrent ces arrogants et leur ostentation à brûler les feux rouges déployant plus d'énergie à se faire voir qu'à s'aviser du danger. C'est vrai que la morgue et la suffisance qu'ils prodiguent à foncer sur les piétons les a tant envahis qu'ils ont même oublié qu'ils ont eu 4 ans et qu'ils ne marchaient pas toujours dans les clous, ils ont oublié que sans leur biclou, ils sont comme eux. Fantasques, souvent généreux et excédés de ces grossiers cyclistes qui font jouer de la sonnette jusque sur les passages piétons !
Mais s'ils sont visibles, ils ne sont pas légion.
Ils ne sont souvent pas méchants non plus.
Ils sont peut-être excédés par ces piétons qui se jettent devant leur roue, au premier on explique que oui la piste est ici, au second on met un simple coup de sonnette, au troisième qui entend bien ne rien céder de son trottoir on se lasse, c'est humain.
Et malheureusement ceux qui vous sourient sont toujours plus silencieux que les querelleurs qui vous tiennent personnellement responsables d'aménagements urbains confinant à la niaiserie.

Mais il y a quelque chose que les autres usagers ignorent...
C'est qu'à notre égard, le code de la route est optionnel.
Sur un vélo nul ne vous fera le crédit d'une priorité à droite,
Sur un vélo on vous reprochera d'avoir l'outrecuidance d'aller tout droit !
La loi du plus fort vous obligera à dévier votre route si le voeux de votre voisin motorisé est de tourner à droite.
La loi du plus bête vous invectivera au prétexte que vous n'avez pas fait allégeance à la conductrice qui venant en face entendait tourner à gauche.
Vous apprendrez à détester les stationnements en double file qui vous jette dans le flux circulatoire plus sûrement qu'un lance-pierre.
Oublier les sas vélo qui décorent la chaussée, même les véhicules de police s'en affranchissent !
Jamais nul procès-verbal ne sera dressé.
Jamais de conducteurs sermonnés pour ces menus contraventions qui nous mettent pourtant en danger.
Alors on apprend.
On dresse nos propres règles.
On s'arrête derrière les feux, parfois on ne s'arrête pas non plus mais la norme doit alors être la discrétion...
A défaut d'être muni d'un moteur pétaradant on découvre combien il est important de se faire voir et tant pis si vous prenez pour de l'arrogance ce qui n'est que de la survie.
Et contrairement à ses plus vils détracteurs, faire du vélo dans Paris n'est pas un raid mortifère. Il y fait bon rouler. Peut-être moins pourtant depuis que les pistes fantaisistes ont remplacé les couloirs de bus élargis.

Simplement cela me lasse d'entendre les bien pensants mettre en exergue l'attitude des cyclistes quand ils ignorent tout de notre quotidienne réalité.
Dans le grand panier d'osier qui surplombe ma roue avant, il y a toujours un appareil photo... alors je me suis dit que j'allais vous en donner un aperçu désormais...




samedi 19 mai 2007


Les cageots verts

Des cageots verts

J'étais perdue dans mes pensées.
C'était un matin où Paris accroche des marchés à tous ses coins de rue
Sur le premier j'ai acheté des mangues que l'on mange les yeux clos
Près du second, j'ai eu envie de poser pied à terre pour m'y essouffler, m'y aspirer de nouveau
Le troisième est toujours interminable, il court sous le métro comme la Seine court dans Paris.
En couleur, en odeur et en relief.
C'est alors que je suis passée près d'eux.
Il m'ont sauté aux yeux
Mon retard et mon empressement à rejoindre mes tarquinets n'ont pas suffit à m'en détacher.
Je me suis perdue au fond de mes sacs pour retrouver mon canon
Et garder près de moi cet éclat.





Coming out

« Prout... »

Vous parlez d'un coming out !!

et comme un pet le billet initial s'est envolé...




mercredi 16 mai 2007


Cochons, truite et cie...

Ce soir, Tarquinette me demande après le repas : « Maman, j'ai envie de faire un exposé pour moi tout seule, je peux ? »
« Mais bien sur mon amour ! » m'empressais-je de lui répondre.
Alors elle s'est installée sur la table du salon, le crayon dans une main et le nez dans le dico !
Moi j'ai bêtement pianoté sur mon VAIO, parce qu'en grandissant on oublie trop facilement ce qui est important dans la vie.

Quelques instants plus tard, ma Tarquinette se plante près de moi et m'annonce :
« Maman ! — Moi j'ai eu envie de défendre les cochons ! » (c'est bien la fille de sa mère celle-là...)
« Voilà » me dit-elle en me tendant, royale, une feuille d'une remarquable propreté (je n'ai compté qu'une seule rature et quand on connaît les propensions de ma fille a tout cochonner, on comprend mieux pourquoi elle entend défendre la cause de ces animaux !)
J'ai lu d'une voix haute et claire la leçon qu'elle avait si minutieusement préparée.
Un seul mot m'est venu à l'esprit, et c'est autant réjouie qu'admirative que je lui en ai fait part : Magnifique !

Les cochons
Petit mot pour défendre les cochons :

Contrairement à ce que tout le monde pense, les cochons ne sont pas sales. Enfin si mais ils ne font pas exprès : comme ils ne transpirent pas ils se roulent dans la boue ou dans l'eau pour se rafraîchir . Une femelle cochon s'appelle une truite (!!), un petit cochon s'appelle un cochonnet et vous savez comment s'appelle un mâle cochon ?

L'orthographe de la citation qui précède a fait l'objet d'une décision de redressement, sans appel possible !


hein, je vous le demande aussi... savez-vous comment s'appelle un mâle cochon, hummmm ?





Sus aux spams !!

S'il y a une chose que j'ai appris avec internet c'est combien j'exècre le spam ! Je lui voue un véritable mépris. Et puis le bricablog est né et j'ai découvert l'étendue de ce fléau... commentaires, adresse e-mail se transforment bientôt en poubelle par la grâce de quelques médiocres en mal de publicité.
Signal spam existe depuis quelques jours !
Les quelques morpions sans imagination (dont une agence de buzz...) qui ont cru pouvoir s'emparer de mon adresse e-mail pour me baratiner sur leur tirages photo ou leur vidéo ont été immédiatement signalés.
Je ne sais pas si cette initiative sera suivi d'effets mais je salue bien bas cette vaste entreprise à laquelle nous pouvons tous participer.





Le billet qui cavale dans tous les sens...

Il y a quelques dimanche de cela, je m'apprêtais à enrichir mon improbable collection de tee-shirt trop grands. Ceux que l'on vous remet avec tantôt une médaille en chocolat, tantôt avec un gadget signé de la course que l'on vient précisément de terminer !
Il y a quelques dimanche de cela, j'ai pris mon vélo et puis j'ai fait la queue pour prendre un dossard. Car prendre le départ seule d'une course dont on ignore même le parcours vous donne un immense sentiment de liberté...

Un fêtard rigolard qui n'avait pas finit son samedi faisait le faraud en s'interrogeant s'il n'allait pas s'inscrire aussi. Il s'amusait aussi de me voir suçoter le fil de mon mp3 comme si je me restaurais de ce qu'il en sortait ! Alors nous avons échangé quelques mots sur le contenu de nos transfusions respectives. A sa question de savoir de quel "jus" je me dopais, j'ai répondu du baroque... Je n'ai compris ce que sa moue signifiait mais il avait l'air surpris. Finalement il ne s'est pas inscrit. Et moi j'ai pris le départ sans cesser de mâchouiller le cathéter qui déversait dans mes oreilles "le jus" dont je me nourrissais.

Deux bornes plus loin, je n'étais plus seule : mes deux tendinites sont venus me tenir compagnie. Je me doutais bien qu'elles viendraient ces collantes comparses et l'honnêteté me force à avouer que je n'aurais pas passé le crible d'un contrôle antidopage... Dragées antalgiques et onguent apaisant étaient venus enrichir les quelques nourritures solides qui, ce matin-là, avaient exceptionnellement complété mon immuable café au lait.

Alors j'ai continué, sans trop souffrir. J'ai continué, étonnée d'aimer tant cela, sans même penser à ralentir. J'étais juste incapable d'allonger le pas. Mais cela ne m'importait pas.
J'ai simplement continué à suçoter le fil de mon mp3 en songeant combien il est plus facile de ressembler aux absents qu'aux présents.
J'ai simplement continué à suçoter le fil de mon mp3 en songeant aux traces de ce père dans lesquelles je marche si précisément.
A 20 ans je n'aurais jamais pu imaginer combien je lui ressemblerai bientôt. A 20 ans je n'aurais jamais accepté de lui ressembler autant. Mais il est parti. Et elle aussi. Et tous les autres. Alors je veux bien croire que la filiation se bâtit autant qu'elle se lègue. Ils ne sont plus là mais je serais leur fille. Je leur ressemblerai tellement que nul ne pourra l'ignorer. Et si vous ne pouvez le deviner, moi je le sais ! La vie me les a pris mais elle ne m'ôtera pas mon identité. Leur nom, mon nom auquel je n'aurais renoncé pour rien au monde. Et, en son temps, la seule noirceur d'un regard a suffit pour interrompre Madame le Maire qui s'était avisée de me féliciter en me donnant du patronyme de celui auquel elle venait de m'unir ! Il n'était pas là ce jour là, peut-être, mais sa fille je resterai !

Courir, courir encore. Courir pour ouvrir les yeux, pour se repérer, courir pour ne pas se perdre. Courir pour retrouver ce qui n'appartient dorénavant plus qu'au passé. Courir pour qu'ils continuent à vivre. Et puis la douleur s'est faite plus mordante, plus accaparante. Alors on tient parce que c'est bientôt la fin et que l'on en revient pas d'avoir couru tout cela ! Fiérote on poursuit !


Un peu plus loin, j'ai lu le chiffre au sol : un grand neuf tracé sur l'asphalte. Neuf, il ne m'en restait plus qu'un... Neuf, il ne me restait presque plus rien... Mais neuf et je n'avais plus rien ! Il n'était plus question de douleur, il n'était même plus question d'identité, de finalité ou de fatalité. Après exactement neuf bornes de foulées plus ou moins enlevées, il ne me restait plus rien d'autre dans les veines qu'un pâle jus de navet. C'était soudain, inattendu et surtout terriblement évident ! Et enrager d'avoir méprisé tout à l'heure le ravitaillement était parfaitement vain et ne changerait rien au mille interminables mètres qu'il me faudrait parcourir pour espérer finir le front haut.
Je suçotais plus que jamais le fil de mon "mp3" quand il est en sorti un air magique. Une mélodie qui vous faire croire alouette, torrent ou zéphyr. Quelques notes qui vous font hocher la tête et battre la semelle en mesure presque à corps défendant. Oui, Monsieur le Fêtard, il est bon ce jus... et je ne doute pas un instant qu'il m'ait dopé un peu.

Monsieur Maurice Steger, brillantissime flûtiste, je vous dois d'être parvenue à terminer cette course !

Georg Philipp Telemann — Suite en la mineur TWV 55:a2 pour flûte à bec alto, cordes et basse continue — Maurice Steger, flûte alto ; Akademie Für Alte Musik Berlin —
Réjouissance

Je complète mon billet afin de préciser que l'instrument que l'on entend — outre les cordes et le clavecin — est bien une flûte à bec ! Instrument parfaitement méprisé au prétexte — surprenant — que d'aucuns s'imaginent l'enseigner à tour de bras...




dimanche 13 mai 2007


Scrogneugneu...

Si je tenais celui qui a publié mon numéro de téléphone dans la Centrale, il entendrait parler du pays...
Non mais franchement, MOI VENDRE UNE BMW ?



C'était la fête au village.
Ils étaient heureux, il y avait des lumières, des couleurs pour parer leurs joies, souligner leurs regards.
Elles étaient super mes photos, je le savais, je le sentais !
Et évidemment ce jour là, il faut que mon lecteur de compact flash, appareil vorace, égoïste et malveillant s'en soit régalé en solitaire... Il a tout avalé, tout digéré et puis il a même enlevé les miettes. Aucun cliché n'y a échappé...
Le lecteur n'est plus désormais plus qu'un petit tas de débris bleu et brillant qui décore le fond de ma poubelle.
Mais cela ne me console même pas !






mardi 8 mai 2007


Facétieuse Tarquinette

Tarquinette dans un square



lundi 7 mai 2007


Avoir un blog, c'est aussi :





Tarquinou au Théâtre

Tarquinou au théâtre

Parfois j'ai l'impression d'être une paparazzi...