La petite fabrique à sourds : le festival du jeu de Saint-Ouen
La
méthode
est simplissime mais d'une efficacité
redoutable ! La recette vieille comme le monde
était déjà
usitée par les trappeurs
néanderthaliens : attirer puis occire ! Certes depuis
quelques dizaines
d'année notre progéniture
bénéficie d'un régime outrageusement
protecteur de sorte qu'il n'est plus question de goûter leur
tendre
chair. En revanche il semble bien que des esprits retors aient
trouvé
un judicieux instrument de vengeance : à défaut
de de croquer leurs
oreilles en beignets, ils se contentent de les en priver ! Et
à grande
échelle s'il vous plaît !
Je vous en livre le monde d'emploi :
Au
bout de l'hameçon, vous embrochez une bonne
centaine de jeux divers et
variés : avouer que pour chasser le marmot il est difficile
de trouver
mieux ! Un festival ! Un vrai festival avec boniment, cars en transit
et service d'ordre !
La trappe est constituée d'un gymnase à la
superficie aussi imposante que l'inintelligence qui a
présidé au calcul
de son acoustique. Un fleuron de l'équipement sportif des
années 70,
une décennie de jaloux qui réglaient ses
comptes avec les concepteurs
des stades antiques. Vous savez ces ouvrages de pierre au sein desquels
un murmure transperce l'air pour vous mieux rejoindre quand le bruit se
meurt avant de pouvoir vous atteindre. Alors les jaloux ont
élevé un
édifice, un édifice où les murmures se
meurent et les bruits
s'épanouissent, un édifice où les sons
ne sont que charivari et
hourvari, un édifice où ne résonnent
que fracas et galimatias.
Le reste est enfantin :
Au centre de la trappe vous placez l'hameçon.
Vous attendez que la trappe soit bien pleine de chérubins et
tant pis si avec eux vous allez sacrifiez quelques parents.
Quand
chacun est concentré qui sur ses dés, qui sur ses
dames, vous lâchez
votre arme : une pleine batterie de hauts-parleurs calibrés
"concert
des Stones au Parc des Princes "
Maintenez la pression 55 minutes
en sommant votre service d'ordre de contenir puis de se gausser des
plaintes des parents désarçonnés par
la salve aussi lâche que
pernicieuse. Et si vous êtes contraints de ne pouvoir les
ignorer eu
égard à leur nombre, n'y céder qu'avec
ironie et n'acceptez que de
baisser le volume avec une économie démontrant
tout le mépris qui vous
portez à ceux qui s'imaginent protéger leur
marmaille de votre plan
machiavélique.
Savourez votre victoire : vous pouvez vous
enorgueillir d'avoir participer activement à
l'altération de l'audition
de nos chères têtes blonde !
C'est certes un plaisir un peu couard, mais tellement savoureux...

Il
y a quelque chose d'infiniment
grotesque à constater
que le droit du
travail (d'ici
et d'ailleurs)
est plus rigoureux avec la protection des
oreilles des travailleurs que les municipalités avec celles
de nos
chérubins...
Et si je vous dis — alors que les agressions
sonores me sont intolérables— que je
n'étais pas même celle qui a
protesté le plus vivement, vous mesurerez le niveau sonore
que nous
l'on a contraint de supporter. Bah oui, parce qu'une fois que vous avez
éparpillé vos trois mômes au fond de la
trappe, imaginez le temps qu'il
faut pour les dépister... En revanche, j'ai pu
constaté qu'eux même
assommés par le vacarme qui se déversait sans
discontinuer, ils n'ont
pas même protesté pour quitter le gymnase !

Je crois bien que je ne suis pas prête de refoutre les pieds
dans un tel traquenard...

J'ai encore les oreilles qui sifflent (et cela fait pourtant deux heures que je leur impose un silence monacal...)

Par Veuve Tarquine
samedi 28 avril 2007 à 18:37
Déambulations
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Commentaires
Le samedi 28 avril 2007 à 19:25
par
mirovinben
#
Le lundi 30 avril 2007 à 10:26
par
FrédéricLN
#
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