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dimanche 29 avril 2007


A vot' bon cœur, M'sieur Dame !

« A l'origine, l'annonce par la direction de ne pas verser d'intéressement et d'attribuer 5 euros en moyenne de participation. De quoi déclencher la colère de salariés encore abasourdis par les 8,5 millions d'euros d'indemnités touchés par leur ancien patron, Noël Forgeard.

(...) Ils ont posé leur boîte à outils et commencé à organiser une collecte par dérision, raconte un syndicaliste. »


Les 8,5 millions d'euros versés à Noël Forgeard choquent dans les ateliersLe Monde.fr — 28 avril 2007




samedi 28 avril 2007


La petite fabrique à sourds : le festival du jeu de Saint-Ouen

La méthode est simplissime mais d'une efficacité redoutable ! La recette vieille comme le monde était déjà usitée par les trappeurs néanderthaliens : attirer puis occire ! Certes depuis quelques dizaines d'année notre progéniture bénéficie d'un régime outrageusement protecteur de sorte qu'il n'est plus question de goûter leur tendre chair. En revanche il semble bien que des esprits retors aient trouvé un judicieux instrument de vengeance : à défaut de de croquer leurs oreilles en beignets, ils se contentent de les en priver ! Et à grande échelle s'il vous plaît !

Je vous en livre le monde d'emploi :

Au bout de l'hameçon,  vous embrochez une bonne centaine de jeux divers et variés : avouer que pour chasser le marmot il est difficile de trouver mieux ! Un festival ! Un vrai festival avec boniment, cars en transit et service d'ordre !
La trappe est constituée d'un gymnase à la superficie aussi imposante que l'inintelligence qui a présidé au calcul de son acoustique. Un fleuron de l'équipement sportif des années 70, une décennie de jaloux qui réglaient ses comptes avec les concepteurs des stades antiques. Vous savez ces ouvrages de pierre au sein desquels un murmure transperce l'air pour vous mieux rejoindre quand le bruit se meurt avant de pouvoir vous atteindre. Alors les jaloux ont élevé un édifice, un édifice où les murmures se meurent et les bruits s'épanouissent, un édifice où les sons ne sont que charivari et hourvari, un édifice où ne résonnent que fracas et galimatias.
Le reste est enfantin :
Au centre de la trappe vous placez l'hameçon.
Vous attendez que la trappe soit bien pleine de chérubins et tant pis si avec eux vous allez sacrifiez quelques parents.
Quand chacun est concentré qui sur ses dés, qui sur ses dames, vous lâchez votre arme : une pleine batterie de hauts-parleurs calibrés "concert des Stones au Parc des Princes "
Maintenez la pression 55 minutes en sommant votre service d'ordre de contenir puis de se gausser des plaintes des parents désarçonnés par la salve aussi lâche que pernicieuse. Et si vous êtes contraints de ne pouvoir les ignorer eu égard à leur nombre, n'y céder qu'avec ironie et n'acceptez que de baisser le volume avec une économie démontrant tout le mépris qui vous portez à ceux qui s'imaginent protéger leur marmaille de votre plan machiavélique.
Savourez votre victoire : vous pouvez vous enorgueillir d'avoir participer activement à l'altération de l'audition de nos chères têtes blonde !
C'est certes un plaisir un peu couard, mais tellement savoureux...



Il y a quelque chose d'infiniment grotesque à constater que le droit du travail (d'ici et d'ailleurs) est plus rigoureux avec la protection des oreilles des travailleurs que les municipalités avec celles de nos chérubins...

Et si je vous dis — alors que les agressions sonores me sont intolérables— que je n'étais pas même celle qui a protesté le plus vivement, vous mesurerez le niveau sonore que nous l'on a contraint de supporter. Bah oui, parce qu'une fois que vous avez éparpillé vos trois mômes au fond de la trappe, imaginez le temps qu'il faut pour les dépister... En revanche, j'ai pu constaté qu'eux même assommés par le vacarme qui se déversait sans discontinuer, ils n'ont pas même protesté pour quitter le gymnase !



Je crois bien que je ne suis pas prête de refoutre les pieds dans un tel traquenard...



J'ai encore les oreilles qui sifflent (et cela fait pourtant deux heures que je leur impose un silence monacal...)






jeudi 26 avril 2007


Deux Tarquinets, deux oreilles d'âne. Et un grand bonheur !

Tarquinet et Tarquinou à dos d'âne




mardi 24 avril 2007


Tarquinou à « l'annexe ».

Tarquinou à la terrasse d'un café



« L'annexe » ... Un jour je raconterai ce qu'est l'annexe. Pour l'heure j'envoie juste mille pensées à tous ceux qui sont dans la confidence — d'autant plus vives que je suis si piètre correspondante...




jeudi 19 avril 2007


Strangulation tarquiniolesque

N'importe quel observateur attentif vous confirmera que les tarquinioles — dont je suis — ont l'habitude de se gausser de la mort au cours de leurs dialogues. Ici on se menace d'infanticide, on se promet la peine de la décollation, on meurt de rire, de faim et même parfois d'ennui, on se dézingue, on s'annihile, on s'occis. Parfois on se strangule même !!

Tarquinette et Tarquinou



D'autres photos de notre folle escapade sont à cet endroit




mercredi 18 avril 2007


Le plus court chemin pour aller de vie à trépas : la piste cyclable du boulevard Magenta : TRAVAUX PRATIQUES

Il s'est cassé sous le choc.

Ce n'est pas faute de ne pas l'avoir clamé... Je l'emprunte deux fois par jour, alors cela devait sans doute arriver.

J'ai vu la portière s'ouvrir à quelques malheureux millièmes de millimètres de ma roue avant. Je venais de dépasser un croisement où j'avais laissé passer quelques piétons. L'allure et le temps étaient doux.

Il s'est cassé sous le choc. Un choc d'une violence inimaginable. Comme si tout mon poid s'était concentré à cet endroit-là. Point de mains, point de bras pour amortir. J'ai chuté de dos.

Il s'est cassé sous le choc, je l'ai senti percuter le bitume et puis rebondir. Et retomber encore une fois.

Il s'est cassé paix à son âme. Je préfère que ce soit lui que moi...

« C'est fou comme les vélos roulent vite parfois » a cru pouvoir dire la conductrice alors que j'étais à terre. Par chance je n'avais pas perdu connaissance, j'ai donc pu prendre toute la mesure de sa bêtise. Sa passagère n'avait simplement pas vu que leur véhicule était garé exactement le long d'une piste cyclable...

Cyclistes pour votre sécurité :

mettez un casque et ne roulez pas sur la piste cyclable du Boulevard Magenta...



Lorsque j'avais écrit mon premier billet j'avais également envoyé quelques mails à des élus... qui ne m'ont jamais répondus évidement. C'est pourtant d'une telle évidence ... Combien faudra-t-il encore d'accidents pour que l'on fasse disparaitre cette piste qui met en danger vélos et piétons réunis...



Je précise car je m'aperçois que je ne n'ai l'ai pas fait précédemment que c'est mon casque qui s'est cassé sous le choc.

Le vélo n'a rien !

J'ai de vilaines contusions, un torticolis qui me donne un air encore plus raide que d'habitude, des courbatures partout, les radios à l'épaule m'ont confirmé que mes os étaient costauds. Et je remercie les pompiers et le service des urgences de l'Hôpital LARIBOISIERE, ils ont été absolument charmants !





Neige, ski et bonnets — Sommets de bonheur !

Préparatifs :

Tarquinou, enfant prévoyant s’il en est part désormais avec son petit paquet d’anticorps contre la varicelle ! Il ne me reste plus qu’à prier que sa collection de boutons (dont le nombre le dispute à l’aspect) ne lui vaut pas de se voir opposer un refus à sa qualité d’impétrant ourson !

Quant à moi, je pars avec mon petit paquet d’antibiotiques. Ils me préserveront de ces journées d’horreur. Celles où l’on tente de boucler ses dossiers alors que la seule certitude que l’on a, c’est d’avoir besoin d’une couette pour oublier le monde.

Ouf ! mes enfants, je suis de retour ! Oui nous partons. Ce que j’ai lu dans vos yeux lorsque j’ai parlé d’annuler la folle escapade m’a convaincu qu’elle était plus impérative que jamais ! Pour vous et pour moi.
J’ai besoin de vous comme jamais. J’ai besoin de vous sentir palpiter au centre de ma vie. J’ai besoin de sentir que vous en êtes le noyau. J’ai besoin d’oublier tout ce qui ne résume pas à vos trois vies.

On s’en fout des crobes !
On s’en fout de ces nuits où il ne faut rien oublier sauf parvenir à y caser deux petites heures de somme.
On s’en fout aussi de ces kilomètres qui s’étirent à se tendre, qui s’étire à se rompre dans ces embouteillages pascaux. Il y a des thermos débordant de café, il y a des bonbons a satiété. Il y a des chansons. Il y a ces phrases qu’ils complètent à l’unisson. « Je vous ai déjà dit que je … » « … VOUS AIME !!» — « Vous savez que votre mère est … » « … DINGUE !!!» Et il y a des enfants géniaux qui savent qu’aujourd’hui il faut protéger maman contre son épuisement et sa mauvaise humeur.



Pause toutes les deux heures. Chansons à tue-tête et bonbec — Nous sommes arrivés au sommet !



Chronomètre en main
Réveil matin — Qu’il mange, il faut qu’il mange assez, le premier jour son moniteur a dû le sustenter ! et puis foncer — il est arrivé à l’heure — tous les jours ! — Luge — Elle aime tellement cela ! Plus que tout ! — Et quand je pense que cet affreux tarquinou n’aime pas le riz ! — On a découvert le quinoa grâce à lui… — Ni chips, ni sandwichs — A aucun des repas ! — Je suis très fière de moi — Récupérer l’aîné et avec lui son casque, ses skis et ses bâtons. — Foncer, pour repartir à l’heure — Ne pas oublier les dossards. Et puis les gants. Et la crème solaire !!! … et — …. — … —
Après le déjeuner, un jour, tout en tenant un grand mug de café entre mes mains, j’ai posé ma tête sur la table et je me suis endormie. Ils ont été gentils. Ils m’ont laissé dormir. Ils ont juste enfilé leur combin’ ; et je me suis réveillée à temps !



Pénsées idiotes :

Parquer tous les véhicules des migrants pour laisser les autochtones de rouler sereinement à tombeaux ouverts au milieu des premiers…
C’est curieux j’ai l’impression que d’autres ont eu cette idée avant moi. Et eux ils l’ont réalisée !



Magnanimité

Disséminer les rendez-vous des cours de ski en des endroits éloignés à des heures parfaitement identiques est un véritable défi pour parent isolé ! Si vous rajoutez une mégère qui vous crache au visage « moi Madame, je suis toute seule avec 20 enfants ! » quand vous la prévenez que vous ne faites que déposez le petit avant de filer accompagner la puînée, il arrive que l’on doute du professionnalisme d’icelle (outre une impressionnante capacité à travestir la réalité si je sais encore compter…)

Peu importe une fâcheuse, elle ne cachera pas la forêt de gentils qui se déploie à cette altitude !



Radios et télétransmissions

Dans la valise des équipements de sécurité, il y a deux téléphones portables. Cela vous permet d’être sourd avant l’âge à force d’entendre vos marmots vous hurler que « TARQUINETTE M’A FAIT MAAAAL !!!» tout en poussant un caddie débordant de féculents divers et variés (in petto : « n’empêche que si tu aimais le riz, Tarquinou, peut-être que je n’y passerai pas autant de temps dans cette supérette d’altitude ! »…)

Quand à peu près en haut d’une piste vous entendez une voix enfantine qui sort de votre poche gauche et qui vous interroge goguenarde : « Bah alors Maman ? Qu’est-ce que tu fais ? » deux attitudes s’offrent à vous ! La menace d’infanticide ou l’éclat de rire. J’ai pris la seconde option ! Je n’ai pas même regretté de lui avoir offert des talkie-walkie pour son anniversaire et je l'ai rejoint en bas de la piste !

Son père l’appelait « mon petit biquet », je l’ai renommé « mon petit boulet » Boulet de canon s’entend !



Mots pour rire — car il faut savoir rire des tracas.

- Tarquinette je mets ton genou dans mon sac d’accord ?
- Non Maman ! Je veux garder mon genou !
- Hummm ? Tu es sûre que tu ne vas le perdre en le tenant à la main ?
- Non ! C’est mon genou, et je me le garde.
- Tarquinette je te préviens ! Si tu le perds, je te découpe en rondelle pour prendre l’original !!
— Éclat de rire de la fillette —

Entorse au 3ème jour. Elle a cessé de skier mais n’a pas perdu la radiographie de son genou !



Une mère chargée de sacs, de luges et d’objets divers d’adresse à ses enfants :
- Vous savez mes enfants, vous avez de la chance que votre mère soit une mule !
— Hurlements de protestations du petit —

- Non Maman, tu n’es pas nulle !
- Tarquinou, j’ai dit que j’étais une mule, pas que j’étais nulle !
- Tu n’es pas nulle !!!!
- Tarquinou, Mule, pas Nulle !
- Tu n’es pas nulle !!!!
(Etc. etc. etc.
Soupir de la mère… il est temps que tu retournes chez l’orthophoniste…



C’est décidé ! Dorénavant on y retournera tous les ans !


Ah j’oubliais les clefs de la réussite de ces vacances impromptues :








lundi 2 avril 2007


Souffler - respirer et exister.

« J'ai rechaussé mes pointes. »
D'une certaine façon c'est la vérité. Mais à défaut de boue ou de tartan c'est le bitume qui me fait danser.
Et le bitume ne tolère pas que l'on griffe celui-ci pointes en acier.
On se contente d'y sautiller en priant pour qu'il ne vous abîme pas trop.
Alors pour la première fois depuis plus de 20 ans mon coeur a sursauté quand le pistolet de départ a retenti.
J'ai retrouvé des sensations oubliées — la surprise d'entendre son souffle comme s'il s'agissait de celui d'un autre. Découvrir le martèlement de ses propres pas. Se surprendre à exister de toutes les cellules de son corps — le plier à sa mesure — et le sentir puissant . Allonger les foulées comme pour se rappeler que la vie se prend à bras le corps et non les jambes à son cou. Avaler le macadam, méthodiquement, obstinément — ne pas fuir mais avancer. J'ai fini en sprintant parce que c'est ainsi que j'achevais mes courses, il y a longtemps maintenant. Classement décent, surprenant bien que finalement si peu important. Courir de nouveau. J'ai déjà renvoyé un autre bulletin. Un autre dossard, une autre distance. Ce n'est plus mon clavier que je griffe désormais, pour l'heure j'ai jeté mon dévolu sur l'asphalte !