Baie de lumière
La Coquette. Depuis mes trois ans je n'en garde qu'un unique
souvenir.
Une cage d'escalier que perçait un rayon de soleil. Il
venait faire mouche sur un parquet ciré. De mes yeux
d'enfant j'ai vu alors dans les nervures du bois s'illuminer les grains
de sable et de poussière mélés dont
nul ne soupçonnait l'harmonieuse présence. La
Coquettte, je sais qu'elle existe toujours. Je crois qu'elle est jaune,
en tout cas elle l'a été. Jaune comme savent se
parer ces maisons dont le dessein est de séduire un soleil
économe et bougon. Là-bas la lumière
n'écrase pas l'ombre, elle la souligne simplement pour mieux
offrir à l'œil les pleins et les
déliés d'un relief ciselé.
Plus tard, nous avons quitté l'estivale Coquette pour
traverser la baie. Pour traverser la Somme. Hôtel du port,
celui-là même ou papa amarrait son bateau. Nous y
restions trois semaines. Ce sont mes plus beaux souvenirs de mer :
munie d'une pelle en fer et d'un filet à
crevettes, le monde m'appartenait et avec lui sa
lumière d'aquarelle ! Pourtant le Crotoy
possédait ce que Saint-Valéry n'avait pas : un
manège de rêve ! « Le petit
Venise
»*
Et il fallait voir tous ces enfants voguer en rond sur ces
coquilles de noix peinturlurées et qui plongeaient
à qui mieux mieux les manches de leur
tricot dans l'eau trouble ! C'et que nous le voulions ce tour gratuit !
C'est que nous la
cherchions cette balle qui dansait sur une eau, qui, je le sais pour
l'avoir mainte fois goûtée, poussait la
coïncidence jusqu'à être salée
! Mon père grand sentimental en matière de joies
enfantines n'en avait même jamais osé
jeté l'un des jetons égaré au fond
d'une poche. « le petit Venise »*
Dans cette
lumière dorée et mourante où l'on ne
rechignait pas à nous faire endosser un chandail,
c'était mon Eldorado à moi.
Dans une telle lumière, les souvenirs ne s'y remisent
qu'avec douçeur. Je n'y suis retournée que de
rares fois mais chacune d'elle avec un rare bonheur.
J'entends encore un rire aussi toulousain que cristallin
résonner dans une salle où s'entassent
trophées de chasse et fresques marécageuses.
Alors vous pensez-bien que lorsqu'il me vient une envie
d'humanité, un réflexe de civilisation et un fol
appétit de frites dominicales, c'est à cette
lumière que je vais me frotter !
Dimanche, il y a fort à parier que les moules seront bonnes
!
Par Veuve Tarquine
vendredi 9 février 2007 à 22:34
Déambulations
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Commentaires
Le samedi 10 février 2007 à 01:14
par
Philomène
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Le samedi 10 février 2007 à 01:18
par
Veuve Tarquine
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Le samedi 10 février 2007 à 09:17
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la lène
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Le samedi 10 février 2007 à 09:38
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Pierre Carion
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Le samedi 10 février 2007 à 21:38
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samantdi depuis sa campagne
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Le samedi 10 février 2007 à 22:30
par
Veuve Tarquine
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Le mercredi 14 février 2007 à 11:08
par
la lène
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Le mercredi 28 février 2007 à 14:54
par
nicolas
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Le mercredi 28 février 2007 à 19:41
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rachel
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Le dimanche 4 mars 2007 à 13:24
par
rachel
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