Croisées d'ogives
Ce matin, le brouillard la nimbait. Alors en sortant de chez
Marek, la boulangerie où l'on achète du pain qui ressemble à du
gâteau, j'en ai pris le chemin avec mes
tarquinets. Parce que l'on y retourne souvent depuis le jour où je n'ai pas eu le
cœur de leur refuser d'allumer une
bougie pour Papa.
Elle était belle. Elle l'est toujours.
Et puis j'y étais bien. J'y suis toujours.
J'ai pensé par devers moi que ces vieilles pierres avaient
le pouvoir le chasser mes démons... Et je me suis dit que je
ne l'écrirai pas ici pour un empire ! Mais comme je ne sais
décidément pas mentir et que cela me fait
moi-même sourire, je peux bien l'avouer ! J'y ai trop de
souvenirs pour renier un seul instant l'effet qu'elle me fait cette cathédrale
où ce n'est plus mon père mais mon Tarquinou
— le plus grand charmeur que la terre n'ait jamais
porté ! — qui m'a déclaré
une fois encore que j'étais belle (il me le dit en moyenne
cinq fois par jour alors même que je le somme de cesser
définitivement ces basses flagorneries !).
Et puis j'ai tourné la tête et je les ai vus ces
ogives qui se croisaient sans jamais s'entrechoquer. Il y aura
dorénavant dans ma vie la croisée d'ogive comme
il y a eu la croisée des chemins. Le
moment précis où un démon
s'éteint. C'était ce matin et c'était
bien.
Par Veuve Tarquine
dimanche 17 décembre 2006 à 22:33
Déambulations
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Commentaires
Le dimanche 17 décembre 2006 à 22:51
par
Sugus
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