dimanche 10 décembre 2006
L'insecte et le myocarde
Je les fais défiler une à une d'un quart de
scroll de souris. Précis et sec mouvement de l'index sur
lequel se cale l'œil censeur.
Je les jauge et je me juge aussi : pas une seule ne me plaît.
Toutes bonnes à jeter.
Et je ne verse même pas dans le simulacre d'en accuser mon
Canon...
Je les couche une à une. Et elles me donnent la
nausée, ces phrases alambiquées.
Trop mièvres, trop chialeux ces mots que je
déguise en boniment.
Je me déteste d'être la proie de démons
que je nourris grassement.
Je me déteste d'être à la merci d'un
cœur aussi obtus qu'ahuri.
Il faudra donc qu'il saigne tellement pour qu'elle se
réveille ma hargne salutaire et qu'elle ouvre enfin les yeux
de cet abruti d'organe amputé de toute sagacité ?
Je me déteste de n'être plus que mon seul sujet.
L'insecte est insigne sous un microscope...
Je vais regarder grouiller les pages des livres. Si mes
démons m'en laissent l'esprit.
Parce que le drame de ces états-là c'est que
surtout pour soi, qu'on devient son seul sujet...
Et je ne connais rien de plus pitoyable...
Par Veuve Tarquine
dimanche 10 décembre 2006 à 22:13
Chagrine Tarquine
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