Méandres, ergo.
Je n'ai jamais remis le compteur journalier à
zéro.
Depuis plus de trois ans maintenant.
Pourquoi je ne sais pas vraiment.
Car je n'aime pas les collections de souvenirs. Ni les
mausolées.
Et pourtant.
Sans même m'en apercevoir j'ai remis une photo
de mon mari dans mon bureau.
Le cadre était posé à plat sur une
étagère depuis mon
déménagement.
Un jour, en passant, incidemment, je l'ai redressé.
Il restera ainsi désormais.
Cependant.
J'essaye toujours d'oublier — et non pas de me souvenir.
C'est plus facile ainsi.
Antienne tarquiniolesque :
Ne pas calibrer son présent à l'aune de son
passé.
L'un et l'autre ne souffrent pas la comparaison.
Il est flagrant que l'une et l'autre de mes vies sont
méconnaissables.
Il est flagrant que je ne ressemble plus que de très loin
à celle qu'il aimait.
Néanmoins.
J'ai la certitude qu'il m'aimerait tout autant.
Il m'aimait tellement.
Précieuse certitude qui me réchauffe et me glace.
S'en souvenir me confine au passé.
Insondable perte.
Gouffre dans lequel je ne me noie que trop.
Alors cela je ne veux pas y penser.
Ordoncques.
Foncer. Cela peut faire illusion.
Mais bouffer la vie ne nourrit pas son homme, loin de
là.
Sauf que je n'ai pas trouvé d'autre solution...
C'est toujours mieux que de pleurer son passé !
Nonobstant.
Il faut que je me souvienne.
Sinon je vais me perdre.
Alors je remets la chaîne.
La sienne, celle où s'enchâssent nos
alliances.
Qu'il est tortueux le chemin qui va du passé vers un
éventuel futur...
Par Veuve Tarquine
mercredi 29 novembre 2006 à 22:17
Tarquin et Tarquine
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Commentaires
Le mercredi 29 novembre 2006 à 23:43
par
François Granger
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Le jeudi 30 novembre 2006 à 00:49
par
gilda
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Le jeudi 30 novembre 2006 à 07:05
par
Traou
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Le jeudi 30 novembre 2006 à 11:46
par
tina
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Le jeudi 30 novembre 2006 à 23:30
par
marionette
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Le vendredi 1 décembre 2006 à 07:30
par
jean-noel
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