Quand on aime la faluche mais point les grosses miches !
Je suis singulièrement lasse de ces effets de mode dont
souffrent les boulangeries parisiennes. Moi qui, pendant des lustres,
dépérissait dès que je quittais la
capitale au prétexte que le pain qu'on y trouvait ne
souffrait pas de comparaison, voilà qu'aujourd'hui c'est en
province que je retrouve enfin la saveur des pains blonds
décorés de farine, ces mies fines et
délicates qui fondent en bouche sans qu'il soit besoin d'y
laisser son dentier !
Que voulez-vous, moi ces grosses miches brunes à la
croûte dure et noiraude, je n'aime pas ça... Et a
Paris, il faut croire que nos bons mitrons passent leur vie
à s'excuser d'être des citadins en nous vendant de
ces grossiers pains qu'on dit de campagne. Et je t'y met de la graine,
et je t'y raffermis le quignon : Ce n'est plus une cuisson c'est un
bûcher où l'on grille nos meules ! Ce n'est plus
du pain c'est du brouet dans une carapace de cramé !
S'il n'était qu'un seul à en vendre que ces pains
roussis ! Mais c'est qu'il le font tous !
C'est à celui qui aura la meule la plus authentique, la plus
compacte, la plus dure... Tous... J'épuise les boulangeries
comme d'autres épuisent les amants : je cherche du bon pain,
ou du moins du pain que j'aime !
Je vous le dis tout de go, à Paris, en matière de
pain à chair blanche, croûte claire et
farinée, c'est le Monoprix du coin qui tient la
dragée haute à tous ces snobinards ! Un comble...
je sais !
Et le pire c'est que maintenant le pain c'est quand je quitte Paris que
je m'en délecte !
Messieurs les fourniers parigots, au lieu de copier la campagne...
allez plutôt y faire un tour... Et goûtez donc
à ces faluches qu'on vous sert dans le Nord de la France,
jusques et y compris dans nos campagnes axonaises, à ces
pains si blonds qu'ils sont blancs... si lisses que les doigts aiment y
tracer des arabesques farinées, avant de les rompre en un
geste léger. Ici point besoin de hachoir, de tranchoir ou de
couteau de boucher pour les déguster... un simple claquement
de doigts suffit pour en prélever un extrait : il chemine
même parfois en épis pour mieux s'offrir aux
gourmands !
Et je suis preneuse des bonnes adresses des quelques irréductibles parisiens qui pratiqueraient encore le pain blanc, peu cuit et fariné...
Par Veuve Tarquine
lundi 16 octobre 2006 à 22:30
De bric en vrac
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Commentaires
Le lundi 16 octobre 2006 à 23:58
par
marionette
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Kozlika
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Le mardi 17 octobre 2006 à 00:13
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Le vendredi 27 octobre 2006 à 14:03
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Le vendredi 27 octobre 2006 à 14:11
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Veuve Tarquine
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Le vendredi 10 novembre 2006 à 14:29
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Le lundi 11 décembre 2006 à 23:07
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Mademoiselle Coco
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