Pas de pluie.
Et point d'enduit.
On a reniflé des pierres.
On a marché sur la tombe d'un chevalier méconnu.
Mais nous on l'a bien reconnu avec son épée et son air altier !
Il portait encore beau le bougre !

Et puis on a escaladé des donjons.
On s'est aussi assis dans des fauteuils moelleux
On a levé les yeux au ciel.
Près de lui il y avait de vieilles statues qui s'ennuyaient depuis si longtemps tant qu'elles se délectaient de raconter enfin leur vie.
Alors on les a écoutées et aussi regardées.

On a même débusqué des bestioles !
Lion et Léopard à l'affût dans la facade.
Chat au réfectoire,
Sanglier dans le cloître.

Et moi j'ai vu le visage de mes démons.
Ceux qui me taraudent tant en ce moment.
Mais c'est une autre histoire...

Les tarquinets ne voulaient plus partir.
Et je les comprenais bien...
J'avais aussi l'impression que le temps s'était arrêté.
Ici nous n'avions plus peur qu'il reprenne son cours.
Nous ne craignions plus rien.

Plus tard le soir, quand la quiétude s'était déjà enfuie,
Tarquinette depuis son lit s'est mise à pleurer.
Elle disait que son papa lui manquait.
Et puis aussi qu'elle ne voulait pas que sa maman ne meure.
Je ne sais pas mentir alors n'ai pas promis que je n'allais pas mourir.
Mais je lui ai stipulé que j'allais faire mon possible pour mourir vieille et chenue.
Et puis j'ai pleuré aussi.
Parce que les enfants ne devraient jamais avoir peur du temps qui passe.

Et elle pris l'album de son papa.
Et elle s'est endormie sur des photos du temps passé.
Celui qui commence à lui échapper.
Parce que quatre ans c'est court pour immortaliser un père.

Moi je dis qu'on va aller mettre une épée au cimetière.
Une belle épée en plastique dorée.
Elle sera du plus bel effet sur le marbre noir !
Et puis on regardera vers le ciel et Tarquinette me dira que son papa est là.
C'est ce qu'elle me dit toujours.

Et puis elle se disputera avec Tarquinou qui va chaparder l'épée.
C'est forcé... une si belle épée dorée !
Elle va l'envoyer valser d'un revers de manche.
Tarquinet prendra la défense de son frère.
Alors je les gronderai de faire un potin à réveiller les morts.

Et on rira bien.
Oui, on va faire ça...

NB : Les photographies illustrant ce billet seront mises en ligne ultérieurement.