la demeure

J'ai retrouvé le bazar que j'avais laissé en partant et avec lui mon quotidien rassurant.
J'étais guillerette de retrouver mon vélo.
Le coffre n'avait pas encore été vidé que j'avais déjà vérifié la pression de ses pneus
J'ai aussi mis le nez au balcon et j'ai retrouvé l'arôme de ma rue.
J'ai tremblé comme une feuille dans l'ascenseur velléitaire rempli jusqu'à la gueule.
Et le soupir de soulagement que j'ai laissé échapper, parvenue au troisième, était digne des plus hauts sommets...
Je me suis endormie  le nez enfoui dans mon oreiller pour mieux m'absorber dans cette odeur que je chéris entre toute.
Aujourd'hui les Tarquinets sont heureux comme des poissons dans l'eau et s'agglutinent sur le canapé pour mieux se décérébrer devant la télé.
Tarquari le bienheureux ronronne sur mon lit pétri d'ingratitude à l'égard de cette campagne dans laquelle il a folâtré tout un mois.
L'oeil encore exercé de mes activités estivales, je jauge l'appartement et avec lui les travaux auxquels il faudrait que je m'attelle.
Je me réjouis déjà de retrouver mon bureau après la rentrée des marmots.
J'ai un agenda plein de projets et aussi de douceurs.
Mais sincèrement, honnêtement, tout bonnement, et pour la première fois je n'ai jamais eu autant de mal à la quitter la demeure.
Merci à tous ceux qui y sont venus lui donner la chaleur sous laquelle elle a rayonné dans cet été polaire.