Il fait grand soleil.
Nous déambulons dans un village axonais parfaitement quelconque mais qui est cher à mon cœur.
La petite main de Tarquinou serre ma main gauche.
La petite main de Tarquinette serre ma main droite.
En dépit de la chaleur je n'envisage pas un instant de cesser de tenir leurs menottes qui m'irradient de bonheur.
Tarquinet nous précède d'un pas nonchalant en ne parvenant pas à masquer sa joie d'être ainsi agrégés.

Tarquinette, avec le pittoresque qui la caractérise, me demande alors :

- Maman, parle-moi du monde.

Et moi, en veine d'inspiration, de lui répondre :

- Le monde est très vaste ma chérie et il est peuplé de gens de toute sorte.
- Il y en a qui sont gentils, d'autre qui ne le sont pas.
- Ce ne sont jamais tout à fait les mêmes et parfois ils sont tantôt gentils, tantôt méchants.
- Il y en a qui sont intelligents et d'autres qui ne le sont pas.
- Ce ne sont jamais tout à fait les mêmes car tantôt ils sont bêtes, tantôt ils ne le sont plus.
- Sauf que l'on ne peut jamais être tout à fait bête en étant gentil, parce que la gentillesse c'est toujours une forme d'intelligence. Et il faut être stupide pour ne pas le comprendre !


A ce point de ma déclamation qui, je l'espérai secrètement, passerai à la postérité tarquiniolesque, Tarquinou (4 ans) s'exclame d'un ton joyeux :

- Maman, j'aime bien tes nichons !

Et c'est ainsi que mon beau discours, noyé dans une truculente hilarité a perdu toute illusion de survie pour les générations futures...