Rage ! Enfin !!
Mais comment ai-je pu mettre tant de temps à venir ici ?
Pourquoi donc tant d'atermoiements à foncer chez moi ?
Qu'il me semble pourtant limpide le chemin vu d'ici !
Mais ce soir, même épuisée, je ne
pouvais plus attendre.
Je la sentais qui bouillonnait depuis quelques jours.
Je l'humais, je l'attendais.
Je savais qu'elle viendrait et qu'avec elle la secousse qui me tirerait
d'affaire, qui m'ouvrirait les yeux.
Qu'elle me manquait ma rage sans laquelle je ne sais pas faire face
lorsque ma barque prend de la gîte.
J'ai carré mes mains sur le volant.
J'ai haussé le son et même, Ô fait
singulier, chanté à tue-tête.
Retrouver la fraîcheur.
Retrouver l'odeur des thuyas qui baigne la nuit noire.
Retrouver enfin l'impression d'être soi !
Laisser défiler le long des kilomètres les
évidences qui soudain se rappellent à moi.
Sans queue ni tête elles s'effrangent, mais j'en saisis
parfaitement le sens et l'articulation.
Il est mort ton mari ma cocotte... et personne ne pourra plus jamais
t'offrir ce que lui savait te donner.
Oublie cette quiétude, plus jamais tu ne pourras t'imaginer
que le bonheur est acquis.
Avec lui tu es morte aussi.
Elle n'existe plus celle des certitudes et des douceurs tranquilles.
Alors je vais les enterrer mes vérités.
Peu importe ce en quoi je croyais. Peu importe ce qui m'importait. Peu
importe celle que je pensais être.
Je vais foutre tout cela au panier.
Et dans ta vie entière, ils sont combien ceux que tu croyais
aimer, ceux que tu aimais peut-être et qui t'ont
laissé aujourd'hui un souvenir qui ne soit pas empreint de
leur insignifiance ? Deux... Ton bonhomme et le seul amant avec lequel
je n'ai pas pris une hache pour couper définitivement les
ponts. Deux c'est peu. C'est la faute à la vie, c'est ce
qu'elle m'a laissé de tous les autres après avoir
fait son œuvre de digestion, après avoir
confronté chacun d'eux à ses petites
compromissions qui supportent bien mal l'épreuve du temps.
Je vais retrouver ma maison.
Je vais aller sentir combien ils m'aimaient mes fantômes.
Et forte de leur amour, je vais faire la seule chose pour laquelle il
semble que soit douée, bouffer la vie au lieu de me faire
bouffer par elle...
Je vais laisser tomber mes démons trop bien nourris de mes
certitudes révolues. Je vais laisser tomber mes convictions
et avant d'en adopter de nouvelles je vais déjà
me hasarder à me faire une idée par
moi-même. Moi-même, celle de maintenant. Pas
l'ancienne.
Par Veuve Tarquine
samedi 22 juillet 2006 à 01:59
Tréfonds et sentiments
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Commentaires
Le samedi 22 juillet 2006 à 11:56
par
Evariste
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Le samedi 22 juillet 2006 à 12:39
par
bruno
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Le samedi 22 juillet 2006 à 14:34
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padawan
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Akynou/racontars
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Kozlika
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Le lundi 24 juillet 2006 à 10:54
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andrem
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Le lundi 24 juillet 2006 à 19:06
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Bull2r
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