La force et le courage - ou le leurre et le mensonge
S'il y a des qualificatifs que j'exècre c'est bien ceux qui
tiennent à l'être.
Ils me semble toujours usurpés. Par principe.
Dites-moi que ma prose vous ravit et je rougirais.
En revanche que l'on me parle de force et de courage et je mordrai.
Je ne sais pas très bien pourquoi.
Sans doute parce que je ne crois pas à la force et au
courage.
Leurs adjectifs ne veulent rien dire.
Ils ne sont la projection que ce que l'autre perçoit de vous.
Mais jamais ils ne représentent ce que vous êtes.
Ils sont tellement réducteurs et surtout tellement
contradictoires ces compliments que l'on vous sert.
Qu'il est facile d'avoir du courage quand on a perdu père,
mère et mari...
Mais se gonfler le jabot de leur survivre presque involontairement
n'est-il pas plus odieux ?
En tirer gloire est proprement nauséeux.
C'est alors de ne pas mourrir qui est courageux ?
A moins que pour affronter sa propre mort il ne faille un courage que
je n'avais pas.
Parce que j'y ai pensé, une
fois...
Quel courage faut-il avoir pour faire le vide autour de soi ?
Quelle force est-elle nécessaire pour cultiver sa
colère sans accorder la moindre concession ?
Pour ne pas affronter le regard des autres, leur pitié et
même leur générosité j'ai
fui comme personne, j'ai fui comme jamais.
Être parfois même incapable de répondre
à un courrier, n'est-ce pas plutôt de la
lâcheté ?
Le courage serait dans le fait d'élever ses enfants en
parlant librement de leur père ?
Voire de continuer à "vivre".
Mais faut-il vraiment de la force pour trouver du plaisir à
être dans les bras d'un autre homme ?
Et quelle force faut-il avoir pour ne pas s'avoir s'affranchir de ses
propres démons alors même que l'on mesure la
bêtise de se laisser gouverner par eux ?
Est-ce donc être forte que de se laisser bouffer
par des paniques
stériles qu'explique votre passé mais
gâchent irrémédiablement votre
présent ?
En réalité et même si je force
volontairement le trait je crois que force et courage n'ont pas grand
chose à voir avec la façon dont on
mène sa barque. Il ne sont que l'illusion dont
on pare bon gré mal gré le simple fait de
continuer à vivre. Parce qu'il faut bien une raison. Parce
qu'il faut bien que l'on se souvienne de toutes ces ignominies. Mais
pas plus que vivre n'est une fatalité, continuer
à vivre n'est pas un exploit... On s'étonne
même de retomber dans les mêmes
banalités, les mêmes
médiocrités — et les mêmes
engouements, les mêmes transports et sans doute les
même aveuglements.
Il ne faut ni force ni courage pour cela, juste un minimum
d'humanité...
Par Veuve Tarquine
jeudi 20 juillet 2006 à 23:31
Tréfonds et sentiments
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Commentaires
Le vendredi 21 juillet 2006 à 00:02
par
celine
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Le mercredi 11 octobre 2006 à 09:18
par
catherine Gonnet
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