Sommeil, tellement sommeil.
- Tomber en sommeil comme d'autres tombent en amour :
fougueusement, ardemment, passionnément.
- Rejoindre Morphée et s'abandonner enfin sans
complexe dans des bras aimants.
- Cesser de vouloir comprendre, cesser de redouter ou
d'espérer.
- Se défaire de ses craintes et surtout de ses
espoirs.
- Dormir sans rêves, dormir pour s'oublier, dormir
pour ne plus exister.
- Nager dans l'éther à en tomber
d'épuisement.
- S'enivrer de sa propre absence à s'en évanouir pour de bon.
- Respirer le vide à pleins poumons, à
en perdre haleine, à s'en étourdir.
- S'exalter d'être une éclipse, se
griser de n'être plus.
- Dormir à n'en plus finir, à ne plus
savoir qu'en faire, à ne plus vouloir mettre pied
à terre.
- Et puis, quand les brumes se dispersent, tenter d'en
accrocher de ses doigts en crochet les derniers lambeaux.
- Vouloir les retenir, les presser contre soi et s'en tenir
chaud.
- Mais inexorablement sentir de nouveau la gravité
de son corps, son poids sur le matelas et le glissement de ses membres
sur les draps.
- Alors se résoudre à laisser se
dissiper les dernières vapeurs du
Léthé dans lesquelles on flottait.
- Mais se nourrir de leurs souvenirs et conserver
l'impression diffuse qu'un ailleurs existe pas très loin, ou
à défaut quelque part.
- Comme je l'espère le temps où la complexité quittera enfin le devant de la scène...
Par Veuve Tarquine
samedi 8 juillet 2006 à 10:18
De bric en vrac
#981
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Commentaires
Le samedi 8 juillet 2006 à 11:18
par
ardente
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Le samedi 8 juillet 2006 à 17:34
par
Bull2r
#
Le samedi 8 juillet 2006 à 20:26
par
Ulysse
#
Le dimanche 9 juillet 2006 à 00:24
par
Veuve Tarquine
#
Le dimanche 9 juillet 2006 à 10:16
par
Kozlika
#
Le dimanche 9 juillet 2006 à 13:03
par
samantdi
#
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