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jeudi 29 juin 2006


Nain de jardin...

Tarquinou dans un jardin



mercredi 28 juin 2006


Bravissimo !!!!

Vroumette t'es la meilleure... et nous, on a pas attendu aujourd'hui pour le savoir !





Les joyeuses colonies de vacances...

96 étiquettes pour deux enfants.
96 étiquettes à coudre.
96 étiquettes dont il faut plier les bords, flirter avec un chas, jongler sur le fil, se mordre les doigts.
Et essuyer leurs jérémiades parce qu'ils ont le cuir sensible et qu'il faut négocier la place de chacune d'elle !

Et c'est qu'elles sont interminables ces étiquettes de malheur !!

Parents, l'heure est grave !
Avant de décider d'affubler vos chérubins d'un nom composé, n'oubliez pas de prendre en compte cet inéluctable constat :
Vous allez détester plus encore les départs en colonies de vacances !





La cuisine qui vient du cœur...

S'il y a bien une chose que je déteste dans la vie, c'est bien la salade d'avocat aux endives !
Jugez plutôt : en matière de lourdeur et d'amertume on ne peut rêver pire...
Et quand je vois comment certains s'y prennent pour parvenir à avaler pareil brouet, je me félicite de fuir de tels mets !

Eplucher les avocats facilement
Pour éplucher les avocats en conservant la chair intacte, il suffit de créer des incisions dans la peau comme si on voulait le couper en quatre quarts, puis de saisir le bout pointu de chaque partie de peau et tirer dessus : elle vient toute seule. Ce truc est utile lorsque l'on utilise l'avocat pour décorer un plat notamment.

Enlever l'amertume des endives
Couper le petit cône situé à la base de l'endive et ajouter un morceau de sucre à la cuisson.


De toute façon je suis très peu décorative... et puis la meilleure façon de combattre l'amertume c'est d'abord de la mettre en boîte, pas de la cuisiner !





L'enfant à l'ordinateur

Tarquinet surpris devant l'ordinateur




Panique et ouragan (2)

Ce soir sur la Place de la République j'ai vu un beau merle noir.
Il était pourtant transi de peur.
Il reposait sur les pavés, les ailes repliées sur sa belle toison sombre.
J'ai croisé son oeil rond, affolé, incrédule.
Il était pétrifié devant une longue file de taxi.
A deux pas de mes propres roues.
Sur cette immense place j'étais pourtant la seule à le voir.
Je n'ai pas eu le temps de freiner.
La voiture a démarré et comme dans un film j'ai vu affolée, incrédule la roue venir, faire jaillir son sang, le réduire à néant, anéantir inéxorablement l'oiseau immobile et dont l'oeil semblait s'aggrandir.
Odieux ralenti durant lequel je n'ai entendu que mon propre cri.

Alors la peur m'a saisie à mon tour.
Celle iraisonnée qui vous prend les tripes et vous ravit la superbe dont on se fait l'illusion qu'elle vaut quelconque protection.
Laissez-moi foncer
Laissez-moi batailler.
Laissez-moi même ruer ou anéantir.
Par pitié, laissez-moi agir et serait forte, pas une larme s'il le faut, ne perlera !

Mais réduisez moi au silence, à l'attente et à l'expectative et je deviens fantôme errant, spectre d'impuissance se nourrissant de cauchemars, de craintes et de démence.

Avec des mots et des paroles l'ombre du merle a fini par me quitter.
Avec des mots et des paroles, les cauchemars se sont éloignés.

Milles mercis pour vos textos, vos mails ou vos pensées.




mardi 27 juin 2006


Panique et ouragan

Il y a des gens qui crient dehors.
Je ne sais même pas si c'est de dépit ou de joie.
Et moi, je sens la terre qui s'ouvre sous mes pieds.
Je ne sais plus quoi croire.
Je ne sais plus qui croire.
J'ai l'impression que la vie n'est qu'un attrape-nigaud.
Si elle se met à briller c'est donc pour mieux me broyer ?
Jamais donc je ne pourrais croire en elle ?
Quel invraisemblable prix faut-il donc payer pour pouvoir avoir confiance ?
Juste confiance, juste une fois, pour une fois...
Il y a des gens qui crient dehors.
Qu'ils crient de dépit ou qu'ils crient de joie n'y changera rien.
Moi j'ai mal à hurler.



Ce billet mis hors ligne peu après avoir été posté, est finalement réhabilité, non en raison de l'actualité mais de sa présence et de son référencement dans moults agrégateurs...




lundi 26 juin 2006


Marionnette et pantalonnade

Bionicle

La vie, parfois c'est mimi comme un jouet pour enfant...
J'avoue que certains jours je jalouse mon Tarquinou qui réduit en bouillie, en deux temps, trois mouvements, cette marionnette dont j'ai l'impression qu'elle me nargue...




dimanche 25 juin 2006


Vie, magie et baguette, par le petit bout de la lorgnette.

Tarquinette où la sorcière tenant une baguette

A défaut d'avoir en main la baguette magique qui me fait tant défaut aujourd'hui, j'ai fait la folie d'acquérir ce qui me permet de capturer celle tenue par mes enfants.
Et à l'heure où les nuages sont si bas je sais combien il m'est important cet écran que je tends devant moi.
Moi qui ne déteste rien au monde que de rester les bras ballants, le cœur en écharpe et le silence pour seule attitude décente, qu'il va m'être précieux ce prisme électronique...





Fleurs et humeurs

Bruno, merci pour votre commentaire si gentil, ce jour où tout est si gris. Pour y répondre, je vous dirai que non, et en dépit de l'envie qui me tenaille de le voir de nouveau enjoliver mes pages, lundi, il n'y aura pas de tournesol.
Le soleil s'est levé, il a brillé de mille feux mais comme décidément la vie ne se laisse pas goûter sans faire de manières, de lourds nuages noirs sont venus le dérober à mes yeux.

détail d'un bouquet de giroflées


GIROFLÉE, subst. fém.
Plante vivace (Crucifères) aux fleurs en grappe très odorantes, souvent cultivée pour sa valeur ornementale.
« Les fleurs d'orangers (...) se marient aux giroflées marron pour enfanter un parfum nouveau, où l'oranger devient amer et mâle et la giroflée une femelle lasse et douce. » COLETTE, Pays connu, 1949, p. 147.
Pop. Giroflée (à cinq feuilles). Gifle qui laisse la trace des cinq doigts.

Mais surtout : Fleurs aux couleurs soyeuses que vous offrent les amis un dimanche de juin dont les pétales graciles et le parfum délicat font barrage à la bourrasque qui menace de vous ravager.




samedi 24 juin 2006


Excuses et spammentaires

Depuis environ trois mois et chaque jour de la semaine, une trentaine de robot dépose environ 600 spams sur ces pages. 600 spams par jour que spamplemousse et spamclear arrêtent quasiment tous. Sauf qu'ensuite et sous peine de débordement, il m'appartient de nettoyer les filtres de ces déchets qui contiennent tout ce que le net peut contenir de plus vénal, de plus sale et de plus bête.

Je m'en acquitte à chaque fois l'humeur un peu plus maussade, rêvant de badigeonner de goudron et de plume le fondement de ces morpions du web qui faisant appel à des robots ou non, viennent charrier leur tonne de merde au milieu de l'ouvrage d'autrui.

Bref, en sortant le karcher ce soir, et par une manipulation que je ne m'explique pas, j'ai jetté dans les égoûts des commentaires parfaitements pacifiques qui n'avaient fait de mal à personne pas plus qu'il ne vendaient les mérites de sites dont le dénominateur commun est toujours la médiocrité !

Que leurs auteurs m'en excusent et n'hésitent pas à remettre ici leurs quelques lignes parfaitement bienvenues dont je n'ai malheureusement pas de copie dans mon agrégateur.




vendredi 23 juin 2006


Où l'on devise quand la France entière regarde le foot... Où l'on parle de tiédeur, de peur et d'envie aussi. Même si tout cela n'est pas dit.

Si je le tenais cet impudent qui s'est mis en tête de se griller une tige sous mes fenêtres et qui distille insidieusement jusque sous mes narines ce nectar pour lequel je me damnerais ce soir... du tabac blond, du doux, du bon que j'aimerai respirer à pleins poumons...

Si les tenais ces directrices d'écoles (absolument charmantes au demeurant !) qui vont contraindre, le lendemain, à découper par le mitan le corps des mères esseulées dont les enfants se répartissent qui à la primaire, qui à la maternelle afin de pouvoir battre des mains aux kermesses respectives de leurs rejetons.

Si je le tenais cet appareil qui vient de défaillir entre mes mains exactement au moment où je n'ai plus que pour seul désir de mettre un objectif entre le monde et moi, de me caparaçonner derrière mon viseur et à m'abrutir du bruit du déclencheur. Se cacher derrière son Canon ce n'est pas seulement mettre un écran autour de soi, c'est surtout s'obliger à se concentrer sur ses sujets, c'est ne plus voir que ses enfants plutôt que de penser à ce qui vous entête douloureusement.

Si je la tenais cette certitude que j'ai acquise je ne sais comment de savoir précisément ce que je ne veux pas vivre, si je savais la contourner ou au moins l'apprivoiser... Quelle prétention ai-je donc pour refuser la tiédeur de la pénombre au motif de n'aimer que l'éclat des fleurs ensoleillées ? Pourquoi faut-il donc que je ne sache pas faire autrement que de refuser de vivre les choses à moitié, presque à mon corps défendant, pourquoi faut-il que je préfère avoir mal que de me contenter de la fadeur tépide des rencontres souterraines.

Mais je ne vais rien tenir du tout parce que tout cela n'est qu'illusion, c'est la vie qui nous tient et non moi qui la contient.
Je ne vais rien tenir du tout, si ce n'est l'enfant qui geint de douleur dans mon lit et contre le souffle duquel cette nuit je vais abreuver mon sommeil.





Insondable humanité

Pendant que dans ma rue des gens vocifèrent sans que je ne comprenne rien à leur émoi, à quelques encablûres, il y a un homme dont les mots font perler mes yeux de larmes :

Alors, quand me maries-tu ?

Cré-moé, cré-moé pas, quéqu'part en Paris, y a un phoque qui s'ennuie en maudit, son chum est parti gagner sa vie dans un cirque au Québec.

Alors, quand me maries-tu ?

Un matin déjà, sur un tout autre sujet, j'avais pleuré à chaudes larmes sur l'un de ses billets où je me souviens qu'avant de l'ôter, mon nom s'était inscrit en qualité de destinataire privilégiée.

Fonce Laurent, fonce !





Stabat Mater Dolorosa

Au début je pensais que c'était son immensité qui me dérangeait.
Et puis j'ai découvert que c'était sa vacuité.
C'était ma viduité.
Celle qu'on ne peut pas tromper.
Celle qui vous tient éveillée quand la ville dort.
Alors j'ai réalisé d'aussi loin que je me souvienne j'ai toujours recherché, à la nuit tombée, un souffle chaud contre lequel je pourrais fermer les yeux.
Je me suis souvenue des expéditions folles avec Zomozygote où chaque nuit, quasiment sans exception, nos oreillers respectifs sous le bras, nous partions investir le grand lit des parents tellement épuisés par nos réveils nocturnes qu'ils n'avaient plus la force d'affronter nos pleurs si par malheur ils nous en chassaient.
Je me suis souvenue que plus tard, au prétexte de partager nos lectures et leurs fous rire, nous nous endormions quasiment le nez dans le bouquin de l'autre posés si prêts l'un de l'autre que leurs couvertures s'enchâssaient.
Je me suis souvenue que jamais je ne me suis endormie contre Tarquin sans venir me coller à son corps tout rond, venant lui soutirer la chaleur et la tendresse dont il était si généreux à mon égard.
Et puis, confrontée brutalement au silence de ce grand lit glacial, de frileuse patentée, je me suis soudain congelée, autant de froid que d'effroi.

Alors a commencé la longue suite des stratégies pour ne pas m'abrutir de cachets.
Au début il était si grand, ce lit, que je refusais d'y dormir.
Durant des mois, j'ai baissé l'inconfortable canapé devant la télé et je me suis noyée de tout ce que mon appartement comportait de cassettes vidéos. Quand j'avais de la chance je n'en voyais pas la fin : Morphée m'avait cueilli avant.
Et puis, un jour enfin, j'ai affronté la vacuité de mon propre lit, le second oreiller surnuméraire et la couleur des draps qu'il avait choisis.
Mais seule, je ne pouvais pas.
Comme je ne voulais pas m'emparer du sommeil de mes Tarquinets pour m'y aspirer et m'y consoler, j'ai fait une place à mon Tarquari qui rappliquait ventre à terre dès la première larme perlée.
Et comme cela ne suffisait pas encore, j'ai rempli mon PDA de tout ce que j'ai pu trouver de comiques français.
Alors les écouteurs sur les oreilles, j'ai passé en boucle tous les disques de Desproges, des Sketch de Muriel Robin ou des extrait de Luis Rego ; jusqu'à épuisement, jusqu'à ce que mes paupières soient du plomb que mon esprit soit du coton et mon corps un espèce de bout de chiffon ou ne persistait plus la moindre parcelle de volonté. Il me fallait sombrer comme on saborde le navire.
Cependant, ce moyen là fût par trop vite élimé : pour parvenir, dans la journée, à mettre un pied devant de l'autre sans ouvrir les yeux, je répétais, dès le lendemain matin, la même opération en marchant dans la rue, écouteurs aussi assourdissants qu'aveuglant vissés sur les oreilles.
Alors j'ai connu bientôt chaque respiration, chaque applaudissement, chaque hésitation et il m'a fallût songer à de nouvelles dérobades.
Un VAIO tout chaud à la place où dormait Tarquin fût le remède onéreux mais définitif à mes courses poursuites.
S'y déverse DVD, stations de radio ou articles de presse qui viendront me procurer l'illusion d'une présence, d'une chaleur, d'une raison de ne pas fuir cet immense lit vide.
Plus tard, j'ai même réussi à y écouter quelques morceaux de musique et nouveauté, à me caler contre lui tout en lisant les pages de quelques romans où je m'endormais impérieusement entre deux phrases. Ce n'était certes pas la panacée mais je pouvais clamer haut et fort que j'avais vaincu  la guerre des cachets et quand on sait la facilité avec laquelle on vous les dispense ces pilules, ma victoire ne m'en paraissait que plus belle !

Sauf que lorsqu'un soir de juin dont la température est pourtant plutôt sereine, on se retrouve soudain recroquevillée dans le coin le plus reculé de son lit à grelotter de froid enfouie sous une couette, étouffant ses frissons dans son oreiller sans rechigner à retrouver même la douceur d'un pouce poli par des années de suçotements, sans parvenir à se contenter du ronronnement qui du chat, qui du VAIO, il est vain de se voiler la face.

Elle est parfois diablement lourde cette vacuité...

Et quand on ne parvient plus à l'ignorer le mieux est encore de se l'avouer et de l'affronter.
Alors je n'ai pas éteint mon VAIO mais plutôt que de meubler encore une fois la place de celui avec lequel j'aimerai aujourd'hui passer mes nuits, j'ai laissé James Bawman me torde les tripes et me tétaniser d'envie.
Je n'ai pas de remède mais je n'ai pas envie, cette fois-ci, d'inventer de nouvelles ruses pour y échapper.
C'est toute la différence entre sa vie qu'on construit et la mort qu'on subit.


Antonion Vivaldi — Stabat Mater — Academy of Ancient Music Christopher Hogwood— James Bawman — Stabat Mater Dolorosa - Cuius animan gementem - Oquam tristis et afflicta.


Antonion Vivaldi — Concerto in sol mineur Nisi Dominus — Academy of Ancient Music Christopher Hogwood— James Bawman — Cum dederit dilectis suis somnum.




mercredi 21 juin 2006


Le Canon, son jeté de rideaux et le bord de la mère

grimace de Tarquine

Mon Canon qui a des pudeurs de jeune fille s'est effarouché d'une candide grimace et tient dorévanant son rideau baissé à mi-course en toutes circonstances.

Le pire c'est que je ne peux même pas accuser mon Grand Tarquinet.. Cela aurait pourtant fait mes affaires de lui souffler dans les bronches à cet insolent qui affirme qui mieux mieux (qui plus est à mes copines sur le ton de la confidence !) qu'il prend de plus belles photos que sa mère... Outre qu'il est bien la seule personne dont je me laisse photographier sans embarras, c'est entre mes doigts que le rétif appareil s'est entêté et rencogné à moitié.

Seule consolation : l'animal est encore jeune et bénéficie donc d'une garantie mais j'avoue que devoir me priver de sa compagnie ouvre un gouffre sous mes pieds...





Il faut sauver le soldat Chiboum !

Sur l'air du chapeau de Zozo :

Avez-vous lu le dernier billet de Chiboum ?
C'est un billet, un billet térébrant !
Quand par devant, on lui pose deux ou trois questions,
Dans la foulée, on se fout de ses propos
Pour être originale, elle l'est, ça je vous le jure,
Ce n'est pas la Mamie, la Mamie de n'importe qui !


Bref, comme sa mère-grand semble n'apporter qu'une oreille obturée aux réponses de notre blogueuse de talent et toute jeune maman, je lui propose, pour donner un peu de relief à ces conversations pour le moins déprimantes de pimenter celles-ci de phrases loufoques ou décalées.

En voici un exemple qui constitue ma contribution à ce jeu salutaire :

A vous les micros : j'inscrirais au fur et à mesure votre participation afin de grossir ce billet que je ne manquerai pas de lui adresser avec un gros trackback en guise de bolduc !

Chiboum, tiens bon : ON T'AIME !!!!!!




mardi 20 juin 2006


Douce Tarquinette du printemps (aux blanches mains)

Tarquinet au printemps



lundi 19 juin 2006


Les peines qu'on tait , les pleurs qu'on fuit.

J'y passe souvent, à chaque aller, à chaque retour.
De ma main posée sur le volant, je tends les doigts comme un silencieux salut. Je pourrais aussi tirer la langue ou répéter ses derniers mots à lui : un tonitruant "quel con !" lancé avant de mourir. Mais moi je me contente de lever presque imperceptiblement les ongles. C'est ma façon à moi de me souvenir que je suis mortelle, que je suis encore en vie et que je suis sa fille aussi. Je ne vais ni  interrompre une conversation, ni cesser de morigéner un tarquinet ou de fredonner la chansonnette mais juste opiner de l'index et du majeur.
Mégalo et prétentieux pour les uns, il ponctuait chacune des phrases qu'il adressait à ses deux pataloustics d'un "ma cocotte", d'un "mon petit chat" ou d'un "ma chérie" — nous étions, Fée des bulles, Rhinoféroce ou Lilipotame et s'il y a bien une chose dont je suis certaine dans ma vie c'est de l'amour qu'il nous vouait.
Alors moi je ponctue le chemin de sa maison d'un geste de la main , là où son chemin à lui a pris fin.
Dimanche, en passant là, juste après le deuxième pont où se sont arrêtées ses traces de pneus, je me faisais la réflexion qu'il avait raison. Le plus bel album de Brel c'est le dernier. Auparavant c'est évidemment celui que j'aimais le moins puisque c'est celui où la mort se cache dans chaque refrain. Mais les temps ont changé, mes fréquentations aussi, la grande faucheuse a l'air d'avoir apprécié ma cuisine (c'est bien la seule !) et même d'avoir réclamé du rabiot !
Quand je levais le bout des doigts il a chanté : « Veux tu que je dise / Gémir n'est pas de mise / Aux Marquises »
Alors, j'ai pensé aux litres de flotte que j'ai déversés sur mon vélo, au plus loin de tous ceux qui pouvaient compatir.
J'ai pensé à toutes les accusations que j'ai proférées contre la pollution et la bourre de platane.
A mes allergies oculaires aussi réelles que providentielles.
Et puis je me suis souvenue que depuis que Tarquin est mort, plus jamais je n'ai  pleuré dans les bras de quelqu'un.
Plus jamais je n'ai vraiment partagé ma peine, laisser fondre les sanglots, pleurer à gros bouillons comme il dit.
Et que je me connais trop bien pour savoir que c'est pas demain la veille.
Au début, j'avais peur de ne plus savoir tenir debout, de ramper sans pouvoir me redresser.
Après, j'avais peur de m'écrouler et de ne plus me relever, terrassée de fatigue et de peur.
Puis je voulais faire taire tous ceux qui me demandaient comme j'allais faire ?
Ils me terrifiaient avec leurs questions cons.
De toute façon je ne voulais pas qu'on m'aide. J'ai cultivé le vide comme d'autres cultivent les liens sociaux.
Alors pour tromper ma peine, j'ai poli des mots comme des cailloux dans les remous.
Parce que partager des mots c'est beaucoup moins intime que de partager ses sanglots — et que penser que l'on partage tout dans la vie c'est une connerie. Comme je garde en moi l'amour de Papa, je garderai mes meurtrissures, de toute façon les traduire c'est déjà les trahir, c'est prendre le risque d'essuyer la pitié, l'ennui ou pire le respect. Et si avec des mots vous pouvez le combattre, en se laissant aller à pleurer, en faisant tomber la distance, on ne parvient qu'à se mettre en danger. Et puis même si ce n'est pas tout à fait vrai, cela n'est pas tout à fait faux et a au moins le mérite de cantonner le passé à la place qu'il mérite. C'est aussi un garde-fou, une barrière pour ne pas se faire manger soi-même par sa peine :

Le rire est dans le cœur
Le mot dans le regard
Le cœur est voyageur
L'avenir est au hasard




samedi 17 juin 2006


Les mots d'amour - ceux qu'on attrape aussi...

Ne songez pas à les retenir dans votre bouche, ou dans votre stylo, ils sortiront quand même: ils sont faits pour aller vers l'autre comme l'oiseau pour voler, comme le vent pour souffler.

Il en est peu qui atteignent le coeur qui leur est destiné.
...
Les mots d'amour d'Evariste

Ils sont pourtant si bons... ces mots-là...




vendredi 16 juin 2006


Soi et son corps...

Mon corps fut une plaie. Longtemps. Ma plaie, ma souffrance, ma honte, mon bouc-émissaire, mon excuse pour ne pas vivre, l'objet de mes attentions douces ou vengeresses, le centre encombrant de ma vie, mon nombril géant qui me reliait au monde et m'en isolait. Une île dont j’étais prisonnière et dont j'ai cherché à m'évader infiniment, un corps étranger que je voulais rejeter, une offense à ma vue, à mes sens dont il était pourtant le siège et le garant.

Avec un commentaire de Vroumette qui lui ressemble tellement :

Ben lui et moi, on se tolère, parfois on se bastonne un peu (veux pas trop m'obéir le bougre, quel sale caractère), mais bon, je m'y suis habituée, mais ne désespère pas de le dompter un de ces quatre ne serai-sce que pour aimer le reflet dans le miroir (et puis, j'ai normalement promis à grand zorro d'être une bombe à 40 ans pour qu'il n'aille pas chercher une minette de 20 ans. Ma devise : grosse et rigolotte à 30, et mince et chiante à 40 => faut pas pousser, on ne peut pas tout avoir aussi !)

Vroumette, il suffit de te voir pour découvrir que tu es déjà une bombe, une des plus jolie femme qu'il m'a été donné d'approcher et il faut vraiment avoir été perverti jusqu'à la moelle par les clichés déshumanisés qu'on nous sert pour ne pas s'en apercevoir...