Conversation matutinale descentionnelle
Tarquinet, Tarquinette, Tarquinou et Tarquine empruntent de bonne heure l'ascenseur commun quand cette dernière s'avise que son petit bout de zan a conservé contre son coeur son sempiternel "biberon-bouillie" (lait + phosphatine cacao + nesquick)
- Tarquinou à sa mère : « Tin
Man-man !
» en tendant à celle-ci, une fois englouti son
sempiternel "biberon-bouillie" (lait + phosphatine cacao + nesquick)
- Tarquine à Tarquinou : « Mais
où
veux-tu que je le mette ton "biberon-bouillie" (lait + phosphatine
cacao + ...) ; je suis déjà chargée
comme une mule ! »
- Tarquinou à sa mère : « Tin
Man-man !
» en soulevant d'autorité le rabat du
gros sac en cuir de sa mère afin d'y déposer par
dessus robe et dossiers le sempiternel
"biberon-bouillie" (lait + ...)
- Tarquine à ses tarquinets : « Bon bah
moi je vais
l'emmener au Tribunal ce sempiternel "biberon-bouillie" (...)
»
- Tarquine avec une grosse voix de procureur irascible et
cruel :
« Je vous en conjure Monsieur le Président, ce
biberon est coupable de tous les forfaits de la terre, non content
d'être sale et collant, il est fuyant et
délétère ! Il faut le jeter en prison
et le tenir
loin des enfants : ce biberon est un danger permanent pour nos tendres
chérubins »
- Le sempiternel "biberon-bouillie" qui a jailli entre les
mains de
Tarquine et dont il emprunte — en se dandinant
— une voix fluette et apeurée :
« Je vous le promets Monsieur le Président, je
suis un biberon innocent, je n'ai point goutté sur
la moquette et jamais au grand jamais empoisonné d'enfants !
Je vous le demande à genoux Monsieur le
Président, ne me jetez pas en prison ! »
Le rez-de-chaussée étant atteint cette tirade
scella la plaidoirie du pauvre biberon-bouillie et il faut
croire qu'elle ne fût pas très convaincante car
elle a déchaîné les rires des deux
aînés et une franche inquiétude chez le
petit
dernier qui m'a fait promettre que je laisserai son biberon-bouillie
à la maison avant de partir au Tribunal !
Je lui ai dit oui machinalement et puis prise par le temps j'ai
transporté le précieux objet dans ma besace
jusque dans les salles d'audience.
Cependant, ce soir je vais lui expliquer que j'avais oublié sa
requête mais qu'en réalité le
Président est quelqu'un de très intelligent et
qu'il sait bien que les biberons-bouillie sont les amis des enfants !
Ce sera ma façon à moi de corriger le tir et de
lui donner un autre son de cloche d'une vieille institution dont tout
le monde se fout ou presque. Ce n'est pas certes parce qu'on ne lui
accorde pas les moyens de sa fonction qu'il faut la conspuer. Et il y a
quelque chose de malsain à la faire vivre à coups
d'expédients avant de lui reprocher d'être
responsable de bien des maux.
A
la prison de Fresnes, faute de budget, une structure
d'accompagnement des sortants va fermer — Le Monde
édition du 10 avril 2006.
Par Veuve Tarquine
mardi 2 mai 2006 à 22:28
Les Tarquinioles
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Commentaires
Le mardi 2 mai 2006 à 22:45
par
Akynou/racontars
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Le mardi 2 mai 2006 à 23:05
par
Vinie
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Le mardi 2 mai 2006 à 23:12
par
Evariste, le cycliste rouennais
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Le mardi 2 mai 2006 à 23:18
par
PiT
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Le mardi 2 mai 2006 à 23:19
par
PiT
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Le mercredi 3 mai 2006 à 05:59
par
claude
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Le mercredi 3 mai 2006 à 07:03
par
Ulysse
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Le mercredi 3 mai 2006 à 10:43
par
tina
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Le mercredi 3 mai 2006 à 14:53
par
Laflote (parce qu'Anne-Florence, c'est mon vrai prénom !)
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Le jeudi 4 mai 2006 à 09:46
par
dominique
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Le jeudi 4 mai 2006 à 14:08
par
vanverde
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Le vendredi 5 mai 2006 à 22:00
par
mielle
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Le samedi 6 mai 2006 à 20:55
par
vroumette qui joue au spam
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