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samedi 29 avril 2006


Les petits plaisirs du quotidien

  • Lorsque l'on est assoiffée, boire à longues gorgées directement au robinet.
  • S'arrêter à un feu rouge parfaitement immobile en équilibre sur ses pédales.
  • Réussir à attraper son métro après avoir couru comme si l'on avait 15 ans.



jeudi 27 avril 2006


L'avenir doué de mémoire et d'émois besogneux

Je pourrais penser que plus le temps nous sépare, moins son absence est cuisante.
Au quotidien, c'est sans doute vrai.
Là où nous étions deux, c'est maintenant seule et sans le moindre embarras que je m'achemine vers un avenir incertain mais entier.
Même coincée à l'autre bout de la France dans un train au départ improbable, je sais dorénavant les numéros de téléphone qui mettront les tarquinets à l'abri des inopinées absences de leur mère courant d'air. Je sais désormais les coordonnées des garagistes ouverts nuit et weekend. Qu'il s'agisse d'une roue crevée ou d'une batterie à plat, je ne dérange même pas les voisins...
Je pars seule en vacances sans la crainte de n'être une charge pour quiconque. Et je ne me souviens pas même la dernière fois où j'ai demandé de l'aide à quelqu'un.
Certains voient dans cette indépendance acharnée une défiance d'autrui maladive, pour moi ce n'est simplement que l'indispensable modalité de ma liberté.
Cela ne signifie pas, loin de là, que par définition, je ne suis plus capable de partager mon existence. Je n'ai fait serment d'allégeance ni à la fidélité d'un défunt que j'aimais, ni à une indépendance qui serait si étroite qu'elle en deviendrait cloître. D'avoir su ne plus être terrifiée d'être seule, ne m'a pas convaincu de l'intérêt de le rester par principe. Et si même je l'imaginais, les tarquinets qui n'ont de cesse de vouloir "caser" leur mère et gagner un papa, seraient là pour secouer méchamment mes rêves d'obstinée solitude. Que voulez-vous, trois marmots hardis et déterminés et deux ans de psy cela vous ouvre les yeux sur ce que le mot deuil signifie... Et il vaut mieux en rire avec eux qu'en pleurer parce que des larmes j'en ai versées bien assez. Sauf que si tout cela aligné sur le papier en lignes rectilignes et pensées démontre incontestablement que certes la vie continue, si je suis la première à me gausser de n'avoir aucune crainte à me disputer des droits de visite et d'hébergement que certains  de mon âge se déchirent, voire même de n'avoir à craindre aucune infidélité du père de mes enfants, la réalité c'est que savoir faire désormais sans lui ne me fait pas oublier combien j'étais heureuse en sa compagnie.
Contrairement à ce que l'on pense le plus difficile n'est pas de passer le pas, cela, la vie et le temps le font pour vous et demande moins d'effort qu'on veut bien vous en gratifier.
Le plus difficile c'est d'admettre qu'avant de bâtir il faudra mesurer combien elle est lourde la différence entre ce que nous partagions et ce que je découvre maintenant. La médiocrité n'est pas dans les individus mais dans la pauvreté de ce qu'ils ont à partager, qu'il s'agisse d'émotions, de respect ou de confiance. Je sais bien que c'est le lot commun et que les princes charmants n'existent pas. Mais putain, après avoir aimé comme je l'ai aimé, après avoir été aimée comme je le savais, on ne me fera pas oublier pourquoi pendant douze ans je savais que c'était lui l'homme de ma vie. Passer le pas n'est vraiment  pas très difficile et si beaucoup y voit un progrès, preuve tangible tant de votre deuil que de votre bonne santé, quand le soleil tombe et le silence se fait, quand le lit est trop grand et les souvenirs précis, accepter de se frotter aux banals accoutrements du cœur a parfois quelque chose de diablement pathétique.




mercredi 26 avril 2006


Palabres et silence

Tarquine qui retrouve ses tarquinets après avoir travaillé ce mercredi-matin au lieu de rester avec ses loupiots : « Qu'est-ce qui vous ferait plaisir aujourd'hui ? »

Tarquinette :  « Moi, j'aimerai bien une petite sœur ! »

Tarquine : « ... »



Mise à jour à 16 heures 38 :

Tarquinette qui fait soudainement irruption dans le salon « Maman, quand tu seras morte et enterrée, tu me donneras ta robe de mariée »

Tarquine, explosée de rire : « oui ma chérie, quand je serais morte et enterrée, elle sera à toi. »

Tarquinette : « bon, bah je la prends maintenant hein ? »

Tarquine avec une grosse voix comminatoire : « ma cocotte, je te signale que je ne suis pas encore morte et enterrée ! »

Tarquinette : « pffff.... t'es pas drôle ! »

Tarquine : « ... »




mardi 25 avril 2006


Orage, retard et extorsion

immeuble en brique, cerné par le jaune sous un ciel d'orage

Vieil et moche immeuble en brique, cerné par le jaune sous un ciel d'orage
pris depuis mon balcon parce que je n'ai même plus le temps d'aller voler des bouts de Paris !




Si quelqu'un ou quelqu'une connaît la recette, la formule magique ou la baguette ensorcelée qui permet de multiplier par deux les heures dont sont composées nos journées, je lui fais la solennelle promesse que je répondrais à son e-mail ! — et quand on sait mes piètres talents de correspondante, on devine aisément à quel point la convoitise me ronge pour faire pareil serment !

En attendant qu'intervienne cet étirement de temps, je n'ai plus que celui de nourrir mon bricablog de photographies et non plus de mots ! (lesquels je ferai mieux de conserver pour jeter sur les dits e-mails en retard mais je suis toujours très faible avec mon bricablog que je nourris le premier !)

Et voilà... je suis déjà en retard !




dimanche 23 avril 2006


Moue de Pâques

Tarquinou considère un œuf de pâques




Essai du plugin podcast v 1.4.3 avec une vidéo

vidéo de Tarquinet l'ainé

Fichier audio, video, doc Cliquez ici

  • Longueur 3 021 726
  • Date Sun, 23 Apr 2006 12:36:41 +0200


Je ne parviens pas à régler le rapport hauteur/largeur en dépit des indications de taille dans le billet. Le rapport n'est jamais identique à l'original...





Essai du plugin podcast v 1.4.3

Où Tarquinette ravale sa mère au rang de cornichon

Fichier audio, video, doc Cliquez ici

  • Longueur 165 582
  • Auteur Veuve Tarquine
  • Date Sun, 23 Apr 2006 12:13:28 +0200



samedi 22 avril 2006


La lessive et le pire

J'ai cru qu'à force de déverser de l'eau il s'agissait d'un coup de jus lorsque j'ai ressenti un violent piquotement de mes mains. Il ne s'agissait que des écorchures provoquées par l'oxydrine et la brosse à chiendent car dans ma rage, j'avais laissé mes gants. J'ai tout ôté. A cran et à force je l'ai fait tombé ce pan de mur. De colère noire qui vous inonde de volonté et de tenacité. Sans faillir, sans presque douter. Méchament, violement. A grand coup de hargne et de fièvre. Sans m'arrêter quand l'oxydrine a giclé dans mes yeux  et lorsque mes vêtement trempés me brûlaient. Ce n'est que lorsque j'ai réalisé qu'inonder une prise électrique ou se basculer de furie en haut d'une échelle n'était peut-être pas très approprié pour rester en vie que j'ai accepté de me calmer .
Et puis j'ai terminé. Et puis quand tout avait disparu, j'ai proprement remisé tous les draps dont j'avais recouvert le sol pour absorber les litres de lessive que j'y avais déversés. J'ai jeté les résidus d'enduit qui le jonchaient j'ai lavé le plancher.
J'ai rangé ma chambre, faisant disparaître toute trace de ma folie.
J'ai fermé les yeux dans un bain chaud.
Et puis j'ai enfin repensé à ce jour.
A cet après-midi quand Tarquinou s'est caché dans le grand magasin.
Et que je l'appelais, je le criais.
Que les instants sont devenus des heures et les craintes des certitudes.
Quand j'ai pensé au pire.
Que les deux grands terrorisés étaient muets.
Quand on se souvient que le pire survient parfois et que rien ni personne ne peut vous garantir qu'il n'est pas déjà là.
Une demi-heure.
Une demi-heure c'est long.
Je me suis aperçue que je me tordais de nouveau les poignets.
J'avais oublié que je me tordais les poignets lorsque le pire survient.
Tarquinet était blanc, silencieux et présent, comme toujours, pour m'aider et faire face.
Tout à coup une dame est venu me voir pour me dire qu'une petite fille l'avait trouvé.
J'ai courru comme j'avais oublié que je courrais si vite.
J'ai un peu bousculé une dame qui m'a lancé un regard noir.
Tarquinette était avec lui.
Il était sorti de sa cachette.
Je n'ai pas crié, je ne lui ai même pas mis une fessée.
Je me suis agenouillée, je l'ai pris dans mes bras et j'ai pleuré.
Pleurer sans pouvoir m'arrrêter.
Alors Tarquinet est venu se serrer contre  moi.
Et puis bientôt Tarquinette.
Des moments qu'on avait déjà vécus, des moments auxquels on pensait.
Des moments où on s'agrège.
Parce que parfois s'agréger est la seule façon de continuer à vivre.
Tarquinou penaud ne savait pas quoi dire pour être gentil, conscient qu'il avait outrepassé le supportable.
Alors il répétait en boucle à sa mère aux yeux rougis « Maman tu es belle, Maman tu es joulie »
J'ai vivement essuyé mes larmes parce nous étions l'épicentre de cette grande surface où chacun s'était mis à chercher le petit garçon de trois ans qui avait disparu.
Je n'ai pas tout à fait réussi à taire mes hocquets et chacun ne s'avait pas quoi dire pour me placer un mot gentil où une gracieuse banalité.
J'ai remercié d'un improbable sourire.
Les deux ainés sont restés preque silencieux.
Tarquinou est devenu calinou.
Et puis je suis redevenue maman.
Jusqu'à que la rage me prenne, m'emporte et me porte.
Ele n'a pas tout à fait disparaître la peur.
Elle ne me fait pas oublier que le pire est déjà survenu et qu'il peut survenir encore.
Mais elle m'a fait mal aux mains, mal aux bras, mal aux yeux, mal partout.
La colère est tombée, la fatigue peut me prendre.





Ô rage, Ô désespoir...

Une semaine de boulot, une chambre quasiment terminée — il était temps !— et voilà le premier mur recouvert du revêtement final.
Un seul sentiment et une hésitation :
Cela me sort par les trous de nez et j'oscille entre prendre une spatule ou une brosse à chiendent avec de l'oxydrine pour faire tomber à terre cet immonde enduit...
Je vais essayer d'attendre demain pour prendre une décision...
Mais pourquoi donc n'ai-je pas foutu du papier peint ?




jeudi 20 avril 2006


Bonheur

Vue depuis mon lit



mercredi 19 avril 2006


Le quasi kouglof au chocolat (façon kloug)

le sucré salé avec Martine

Ma tarquinette, elle est comme son papa, elle adore cuisiner. Et la pauvrette avec sa mère elle bien handicapée pour ce faire. Heureusement les livres de cuisine pour enfants cela existe !
Lors de nos dernières emplettes, elle a donc déniché un ouvrage qui l'a transporté d'aise : le sucré salé avec Martine. (Tarquinette voue une passion aux Martine presque aussi grande que celle de Laurent !)
Bref elle est ravie et a priori moi aussi.

Sauf que le sucré salé avec Martine, si vous avez un cadeau à faire, je vous le déconseille fortement ! Ce n'est pas le tout de faire un bouquin joli, il faudrait qu'il soit pensé... Or renvoyer des enfants à suivre la recette de la page 29 en respectant les ingrédients de la page 22 (qui sont sensiblement différents de ladite page 29 tant dans leur énoncé que dans leur quantité) c'est pour le moins inconséquent...
Mais il y a pire... Les recettes sont fausses !
On vous indique par exemple que pour la pâte à gâteau il faut prévoir de la crème fraîche.
Mais pas du tout, en réalité, c'est à la garniture qu'il faut intimement mélanger (j'adore cette expression culinaire sorti d'un vieil ouvrage épuisé) la crème fraîche...
Je vous la fait courte : Après avoir confondu les ingrédients (et les quantités) de la page 29 avec ceux de la page 22 et suivi fidèlement la recette fausse de la page 22, vous pouvez prendre tout votre appareil (j'aime aussi cette expression-ci !) et le mettre directement à la poubelle : il est matériellement impossible de faire une pâte levée (soit un fond de tarte) avec cet infâme brouet !
Sauf que les Tarquinette ont la sale manie de protester vigoureusement — voire de bramer — à l'heure de faire passer de vie à trépas les préparations culinaires qu'elles ont triturées de leurs blanches mains !
Et une Tarquinette qui braille, c'est très encombrant dans une cuisine !
Follement inspirée par Marlier (et surtout exténuée par les beuglements de ma cocotte) j'ai donc cherché l'inspiration dans les vieux placards de la demeure.
Une tablette de chocolat (du délicieux et basique Lindt au lait), quelques 50 grammes de pignons de pin et 40 minutes de cuisson plus tard, on s'est léché les babines comme jamais : c'est le meilleur gâteau (y compris mon sempiternel brownie) que je n'ai jamais sorti d'un four, certes roboratif mais excellent !
Comme ce n'est pas tous les jours qu'on invente une recette, je m'empresse de la partager (et de la conserver pour les générations futures !)

Dans une terrine de pâté en porcelaine blanche dans laquelle mon papa faisait tous les ans son pâté de lapin (que ma sœur aîné ne mangeait pas parce « vous avez déjà vu les yeux d'un lapin ? »)
verser le grossier mélange suivant :

  • 250 grammes de farine
  • un tiers de sachet de levure chimique
  • beaucoup de sel
  • du sucre glace en quantité : il faut que vous — ou votre Tarquinette — goûtiez la pâte et quand elle est assez sucré pour elle, il suffit d'arrêter !
  • 80 grammes de beurre (à peu près, j'ai mis au pif entre les deux traits de l'emballage du beurre qui délimite les portions de 50 grammes)
  • 10 centilitres de lait (si vous avez un vieux biberon dans un coin, c'est plus pratique qu'un verre mesureur — ce qui nous fait alors 100 ml.
  • 2 oeufs (il est impératif de laisser les Tarquinette les casser toute seule, même si vous devez ensuite aller à la pêche aux coquilles)
  • 1 tablette de chocolat au lait Lindt que vous cassez en petits morceaux
  • 50 grammes de pignons de pins.


Il paraît qu'il faut faire une fontaine avec la farine et rajouter en son centre le reste des ingrédients mais en réalité, c'est plus drôle de tout mettre en vrac, d'y mettre les mains et les avant-bras et de touiller à pleine mains puis de serrer les poings en faisant passer la pâte entre ses doigts. S'il reste des grumeaux, vous trouverez bien un fouet ou un batteur dans un placard de votre cuisine !

Vous enfournez cela 40 /50 minutes à 200 d° (enfin je crois, j'ai mis fort puis j'ai baissé vite fait parce que le dessus cramait) : pour plus de sûreté enfoncez lui un couteau dans le ventre : s'il ne ressort pas sanguinolent c'est qu'il est à point !

Le plus drôle c'est que vraiment un régal !




mardi 18 avril 2006


Flagrant délit (2)

Bis repetita : On ne devrait jamais apprendre à ses enfants à se servir d'un appareil photo...

Il était photographe, il est maintenant vidéaste

Une chance qu'il m'a surprise alors que je n'étais pas en train de leur passer un savon... jusqu'à la prochaine fois, mais celle-ci vous ne la verrez pas !





Mutine hirondelle

Ce matin, je traversais Condé-sur-Aisne lorsque je l'ai vu, un rien rustique, à jouer à qui mieux mieux entre quelques pignons à pas de moineau.
C'est la première de l'année que j'entraperçois et je suis toujours émue. Parce que mon grand-père allongé dans un fauteuil sous le grand tilleul s'amusait des heures à regarder leur aller-et-venues, parce que mon père les guettait année après année, veillant aux premiers rayons de soleil printaniers à ouvrir les volets de l'écurie laquelle abritait deux ou trois nids que les générations se refilaient, parce que tous les chats qui sont passés par ici filaient ventre à terre lorsqu'il s'agissait de traverser le carré d'herbe où elles attaquaient en piqué.
Et parce que désormais, même si je laisse en toutes circonstances les volets de l'écurie grand ouverts, elles ne viennent plus.
Mais je les guette encore, année après années.




lundi 17 avril 2006


Ahhh !!!!! La sale bête !!!

Ce matin je n'y croyais plus quand tout à coup : Fiat lux !
J'ai craint un instant qu'Embruns reste l'unique blog des quatre cardinaux, faisant ainsi du capitaine un Cardinal... Je ne parviens pas même à déterminer si ce titre lui va a ravir ou l'outrage...




dimanche 16 avril 2006


216 commentaires et l'apogée de la bêtise

On touche vraiment le sommet de l'intolérance et de l'étroitesse d'esprit quand il se trouve quelqu'une pour exiger : « Pourquoi ne croyez-vous pas en l'existence de Dieu. J'aimerai vraiment une réponse clair madame. »

Initialement, je pensais faire le bilan des commentaires sous le billet « Ce blog ne croit pas en dieu ! » une année exactement après l'avoir mis en ligne mais je vais profiter de l'ineptie du jour pour faire la synthèse des quelques idées récurrentes de farouches croyants :

  • Affirmer que l'on ne croit pas en dieu est une insulte à la religion quelle qu'elle soit...
  • En revanche, affirmer que l'on croit en dieu est un comportement parfaitement légitime !
  • Il ne viendra pas l'idée à un catholique de demander à un musulman pourquoi il croit en dieu
  • En revanche un musulman s'imagine pouvoir exiger de vous que vous lui expliquiez pourquoi vous ne croyez pas en dieu.

Puisque le mot de tolérance est asséné par ceux-là même qui en ignorent parfaitement le sens, je ne résiste pas d'en rappeler la définition : « État d'esprit de quelqu'un ouvert à autrui et admettant des manières de penser et d'agir différentes des siennes. »

Après 216 commentaires, je ne puis que constater que la religion n'est pas exactement un signe d'ouverture d'esprit que bien rares sont ceux qui ont compris que la liberté de croire en dieu implique nécessairement celle de ne pas y croire...




samedi 15 avril 2006


Man holding an umbrella while riding a bike in the rain during a street car strike

Man holding an umbrella while riding a bike in the rain during a street car strike, view looking down the street with the man facing the camera

Photonegative taken by a Chicago Daily News photographer — ca. 1915 June 15
Chicago Daily News negatives collection, DN-0064588. Courtesy of the Chicago Historical Society.





jeudi 13 avril 2006


Musique intime

Il suffit de savoir que je n'ai pas été capable d'en écouter durant presque deux ans pour mesurer l'ambiguïté de ma relation avec elle.

Je n'ai pourtant jamais été ni une forcenée, ni une éclairée. Après avoir rangé, presque sans regret, dès ma première année d'exercice professionnel, l'instrument que je pratiquais, je n'ai collectionné ni les disques, ni les nouveautés, pas même les tendances !

Je ne fais preuve d'aucune curiosité et affiche quasiment les même goûts qu'au jour de mes 17 ans : musique baroque indéfectiblement à laquelle je ne déroge — rarement — que pour des vieux standards de la chanson à peu près française. Et je n'ai même pas la prétention de reconnaître dès les premières mesures telle ou telle oeuvre maîtresse, au jeu de la reconnaissance vocale, je suis souvent très piètre !

Sauf que, quand au milieu d'une rame de TGV bondé, entre un bébé qui pleure et la paire de ski qui s'entrechoque, mes écouteurs me dispensent cet air-là, j'en ai les yeux qui s'embuent et les tripes qui se serrent.

Henry Purcell — King Arthur — Acte III, Scène 2 — Maurice Bevan, baryton — Deller Consorts / The king's Musick, direction Alfred Deller (enregistrement 1978).

Il arrive même que je perçoive l'inquiétude de mes voisins qui, l'oeil attiré par mon regard hagard, ma soudaine immobilité et mes mains qui se crispent en mesure, craignent parfois pour le repos de leur trajet, me jaugeant comme si j'étais un rien secouée du ciboulot !

Ce qu'ils ne savent pas c'est que moi j'ai l'impression d'être, sans qu'ils ne me voient, soudainement nue devant eux, sentiment assez semblable à celui que l'on ressent parfois lorsque se font entendre parfaitement inopinément des émois qui ne concernent personne d'autre que vous-même. Émotions fugitives et intimes qui ne se partagent, pas plus qu'elles ne se dévoilent et où croiser un regard vous ferait presque rougir ou pour le moins considérer la distance qui vous sépare du reste du monde...





Reconnaissance et empathie

Dans le train, j'ai aperçu aujourd'hui une femme aux cheveux d'argent, une chaîne autour de son cou supportait un large alliance et sur ses genoux tremblait un peu un numéro spécial d'une quelconque revue catholique dont je n'ai retenu que le sous-titre « Vivre avec nos souffrances »

Un court instant j'ai croisé son regard.

Avec mon collant résille et mon pull rouge vif, je sais pourtant qu'elle n'a pas su combien je me suis sentie proche d'elle.




mercredi 12 avril 2006


Le vélo, la pince et l'anatomie



Si j'ai pu me féliciter dans les jours derniers d'avoir changé — à 6 heures du matin ! — la chambre à air de ma roue arrière en moins de 20 minutes (malgré des déboires réitérés en la matière), le fait subséquent d'avoir ensuite à vider deux bombes anti-crevaisons dans le même pneu m'a singulièrement exaspérée !

Pour comprendre cette conjugaison malheureuse, il vous faut savoir que :

  • Les manifestants ont la mauvaise habitude de joncher leur passage de verre cassé,
  • La voirie à l'excellente habitude de nettoyer les trottoirs et la chaussée mais la sale manie d'oublier les pistes cyclables...
  • J'exerce mon industrie près de certains lieux de Paris dont les pavés accueillent traditionnellement les rassemblements contestataires.

Si je vous dis 

  • que mon panier de guidon vient de me rendre son dernier soupir après trois petites semaines d'utilisation, 
  • que ma dynamo — que je n'utilise pas, préférant les éclairages électriques mais dont je prends toujours le soin de la conserver en état de fonctionnement eu égard à la fâcheuse habitude des piles de ne pas durer éternellement — donnait des signes d'essoufflement, 
  • et que mes vitesses étaient passées — d'usage effectif— de 21 à 6, 

vous comprendrez que ma fidèle bicyclette avait bien besoin qu'on se penche sur elle.

Bref, après une demi-journée entre les mains d'un professionnel chevronné, il est plus fringuant et plus spacieux qu'au premier jour mon beau destrier gris !

Sauf que quand ledit professionnel chevronné vous rajoute d'un ton patelin que « au fait ! Je vous ai aussi réglé les freins » vous pouvez préparer tout de suite votre clef plate pour les refaire vous-même les dits réglages et remédier à ce qui constitue désormais votre plus grave danger !

Messieurs les professionnels chevronnés, peut-être qu'un jour vous comprendrez que de façon presque immuable les mains de femme sont plus petites que celle des hommes. Il est donc tout à fait inutile et même dangereux de régler la pince de freinage en imprimant à celle-ci une particulière dureté... 

Outre le fait que serrer du bout des doigts est complètement inefficace, imaginez le calvaire que cela devient — et le temps que cela prend— quand il faut au surplus tendre la main, voir l'avant-bras pour parvenir à ramener vers soi l'indispensable poignée...

Je vous laisse, je vais jouer de la clef plate de ce pas...




mardi 11 avril 2006


Avis de noyade

  • J'ai environ 4.856,7 mails auxquels il est plus qu'urgent de répondre.
  • J'ai environ 75,92 heures de sommeil en retard.
  • Je vous fais l'économie du nombre de miettes ou de vaisselle sale dont j'ai l'impression d'avoir débuté une collection prometteuse.
  • Je n'ai pas encore mis mon dotclear chéri à jour.
  • Je ne sais pas où je vais trouver le temps de faire tout ce que je dois faire (ce qui m'arrive assez souvent).
  • Je ne sais surtout pas où trouver le temps de faire tout ce que j'ai envie de faire (ce qui me met dans une méchante humeur de dogue !).
  • Je n'ai pas même pas fait de calins à mes Tarquinets ce soir, et cela est encore plus grave !
  • Je ne parviens plus à tenir le compte de mes baillements alors, encore une fois, je faillis à mes obligations et je plante tout de go un point final à ce billet.

N B : J'espère profiter de mes prochaines vacances pour apurer mon courrier en retard !