des bribes de neige s'égouttent sur un sapin

Sale habitude conservée des mauvais jours, je me lève dorénavant dès potron-minet.
Ici point de klaxon, d'éboueurs ou de véhicule terrestres à moteur. Juste le chant du merle, d'un pigeon égaré et de quelques passereaux transis de froid.
Matin piquant où le plancher semble carreau lorsque l'on y pose ses pieds nus.
Pousser les volets sans prendre le temps de les caler, à moitié asphysxiée par le frimas qui vous arrive en pleine poire avant de se jeter dans le lit à corps perdu.
Savourer le parfait instant de bonheur, celui où l'on s'enfonce puis se blottit dans la chaleur du lit en toisant le froid qu'il fait hors de lui.
N'en sortir le bout du nez que pour voir la lumière venir chatouiller les dernières plaques de neige.
S'étonner que nuls coqs ne claironnent plus dans ce village.
Entendre des petits pieds cavaler sur le carrelage puis une porte soupirer avant d'encadrer la frimousse de mon Tarquinou.
Se recroqueviller à deux sous la couette sûre de pouvoir me rendormir.
Et se retenir de ne pas l'occire quand d'une voix de crécelle il réclame à corps et à cris son biberon de bouillie, ne me laissant nul autre choix que celui de sortir de ma tanière...