train
Moment suspendu entre le départ et l'arrivée,
c'est là où les regards s'échangent,
d'autant plus impudiques qu'ils seront sans suite.
Certains jaugent, d'autres se montrent.
L'une est partie dans son livre plus loin encore que notre destination.
Concentré bigaré d'indidualités
enserrées dans le verre et le fer.
Les regards voyagent. Du livre au clocher du village, du dvd au
téléphone, moroses, absents ou avides, ils se
croisent, s'ignorent ou se trouvent.
Noyé dans le brouillard effleurant les serniers sillons
enneigés, le mien est un peu trop brillant.
Deux écouteurs fichés dans les oreilles, je
m'abîme dans Brel comme on boirait cul-sec.
Je m'abîme de ses mots, jalouse de leur concision, de leur
poids et de leur émotion.
Ils sont seulement trois, trois banals substantifs sur trois notes de
pianos qui vous arrachent déjà des larmes, vous
engouent ou vous transportent.
Concentré bigarré d'émotions
ensérées dans le verre et le fer.
Moment supendu entre le départ et l'arrivée
où il ne se passera rien si ce n'est de comprendre que les
émotions ne se contentent pas de m'informer que je suis
encore en vie. Elles m'y maintiennent, m'y reconduisent et m'y
projette. Et tant pis si je fais partie de ceux qui tiennent en toute
occasion leurs mouchoirs à portée de main, qui
éclatent d'un rire expansif ou qui s'encolèrent
au nom de principes désuets.
Par Veuve Tarquine
samedi 4 février 2006 à 21:05
De bric en vrac
#812
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Commentaires
Le dimanche 5 février 2006 à 19:07
par
sophie
#
Le lundi 6 février 2006 à 14:34
par
andrem
#
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