Hauteur, largeur, poids et densité du passé
Je sais dorénavant qu'il y aura d'autres hommes dans ma vie.
Je sais aussi qu'il y aura d'autres sensations.
Je sais encore que le plus dur est derrière moi, que des
murs sont tombés et que des voies se sont tracées.
En tout cela, je ne peux que remercier celui que j'appelais mon secret.
Cela n'a pas fait disparaître l'absolue certitude
que Tarquin était l'homme de ma vie.
Cela n'a pas affadi la conscience particulière de l'amour
assourdissant que je lui portais.
Cela ne me fait pas oublier comment lui savait m'aimer,
entièrement, sans faux semblant, avec la plus parfaite honnêteté
et sans penser un instant à s'en défendre ou
s'en protéger.
Je ne suis pas certaine de ne pas porter toute ma vie le fardeau de cet
amour perdu.
Je ne suis pas certaine de savoir aimer comme je l'ai aimé.
Et je suis persuadée que plus jamais on ne m'aimera comme
lui savait m'aimer.
Ce n'est pas parce que je m'interdis de poursuivre des
chimères perdues que j'en oublie la force et la
singularité de ce que nous partagions.
Ce n'est pas parce que je m'interdis de me repaître du passé
que j'en oublie la profondeur de ce qui nous unissait.
Par Veuve Tarquine
samedi 14 janvier 2006 à 11:08
Tarquin et Tarquine
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