mardi 10 janvier 2006
Soirée en solitaire

Le nez dans le guidon, ce n'est qu'à huit heures que je l'ai
levé du dossier dans lequel j'étais
plongé, avertie par un léger gargouillis stomacal
de l'heure déjà nocturne bien que
vespérale.
Pas de cris, pas de stylos à récupérer
des mains du petit dernier, pas de perles qui crissent sous le papier,
pas de télé, pas d'ordi. Rien. Le silence.
Un coup de fil plus tard me voilà effondrée au
prétexte que ma tranquillité est
assurée pour la soirée : erreur de
compréhension ou inattention de ma part : ce
soir, les Tarquinets se font dorloter par Tata.
Et me voilà comme une âme en peine,
hésitant même un instant à aller les
chercher quand je pourrais me féliciter d'avoir la paix et
le temps d'un cinoche ou celui de terminer mes recherches ou d'aller
musarder dans Paris, l'objectif en goguette.
Mais moi, je voulais finir de leur lire le Petit Prince ce soir ! Et
aussi le livre du caca. Et puis je voulais leur faire des
câlins et aussi des chatouilles et puis des bisous. Beaucoup
de bisous.
Alors j'ai raccroché bêtement mon
téléphone complètement
décontenancée d'être sans ma marmaille,
pas même convaincue qu'épuisée comme je
suis aujourd'hui, avoir un soir de relâche, serait-il
même imprévu, ne peut m'être que
bénéfique.
Il est vrai que j'aurais été peut-être
irritable avec ma fatigue en valise — voire
exécrable si je pèse le poids de ce bagage. Mais
une chose est sûre, j'aurais trouvé
l'énergie de ne pas me laisser envahir par cette gluante
mélancolie qui m'empoisse depuis deux jours.
Demain matin j'irai au cimetière et, même si je
sais combien cela est vain, je lui dirai bonne année.
Par Veuve Tarquine
mardi 10 janvier 2006 à 21:40
Chagrine Tarquine
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