De mémoire de panamo-cyclopédiste, je
crois
n'avoir jamais rencontré réunnie
sur une même voie autant de dangers
vélocifères !
Elle est la preuve criante qu'un bol d'air juché sur une
selle serait mille
fois profitable à nos urbanistes parisiens que leurs bons
sentiments à mille
lieux de la réalité.
Je me permets d'effectuer un petit rappel des faits
— et des
difficultés
inhérentes à nos légers destriers
d'acier — pour ceux qui n'auraient pas plus
l'habitude de fréquenter ces pages que le bitume sur leur
bicloune :
A Paris , bicyclette ne rime pas avec balade ! (sauf
peut-être le dimanche,
mais je n'y suis pas). Je n'enfourche pas mon vélo pour
autre chose que me
déplacer. Et comme tout parisien (de cœur, de
prêt, de loin
ou d'emprunt) qui se respecte
j'entends avant tout le faire avec
célérité ! Un vélo circule
facilement à 20
kilomètre/heures (mon record urbain est de
37 en descendant les Champs Élysées) et
à cette vitesse là il n'est pas
question de slalomer entre les piétons, les
portières de voitures, d'anticiper
les non-respect de votre priorité que les voitures vous
infligent à chaque
carrefour !
Un petit dessin pour que vous compreniez mieux :
Ordoncques, voici les obstacles qu'il vous faut
éviter pour
parvenir à rester
entier :
- Les piétons : certains tronçons de la
piste notamment à proximité des passages
piétons et des stations de métro sont
complètement impraticables pour les
vélos.
En tout état de cause et
sur tout le trajet il vous faudra rouler au ralenti
prêts à freiner pour éviter les
têtes en l’air qui ne manqueront pas de vous
traverser sous les roues.
- Les motos garées sur la piste. Cela pourrait
prêter à sourire mais elles sont
légion !
- Les portières des véhicules
garées sur le bas côté. Avec
l'énorme désavantage
qu'il s'agit des portières-passager ! Or les passagers ne
regardent jamais dans
leur rétroviseur avant d'ouvrir leur portière.
- Rajoutons également les véhicules mal
garés qui empiètent sur la piste, c'est
à
dire tous les camions...
- Les voitures qui tournent à droite et qui
n'imaginent pas un seul instant que
c'est vous qui avez la priorité !
Déjà en roulant
sous leur nez c'est un danger permanent, imaginez ce que cela
devient quand les vélos sont invisibles ! Comme si les
automobilistes allaient
faire attention un seul instant à ce qu'il se passe sue le
trottoir !
Au final, la seule façon de rester en vie c'est de
s'arrêter à chaque croisement
(c'est à dire lorsque notre feu est vert) d'attendre le
cycle suivant en
regardant passer les véhicules perpendiculaires puis
d'anticiper la traversée
avant que les voitures n'aient le temps de démarrer...
Imaginez la perte de temps que cela représente.
- A cela il faut ajouter qu'il est impossible de s'y doubler
alors que la circulation
des vélocipèdes a bien triplé durant
l'année 2005 jetant les vélos les plus
impatients au milieu des piétons pour contourner les plus
prudents qui roulent
doucement.
Bref, un mot comme en cent : Messieurs les urbanistes de Paris, de la
voirie, du
pavé ou des travées : RENDEZ-NOUS
NOS COULOIRS DE
BUS ELARGIS !
C'est actuellement la plus sûre et la plus rapide des pistes
pour les vélocipèdes
et cessez donc de penser que les cyclistes sont de doux
rêveurs qui se baladent
gentiment le dimanche ! Laissez nous avaler notre pavé loin
des clichés et des
idées reçues : les pistes cyclables à
Paris sont bien plus dangereuses que la
voie que l'on partage avec les bus et les taxis !
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