Se réveiller contre un corps chaud.
S'étonner que ce lit reste encore si grand.
Prendre son vélo et pédaler dans l'air frais avec pour seul dessein celui de partir en quête du meilleur pain.
Agréable liberté que celle de ne pas se contenter d'une baguette de proximité que l'on vous sert comme si l'on vous en assénait un coup !
Rapporter cinq pains au chocolat.
Déjeuner quand l'heure est dépassée, d'une multitude de tartines grillée.
S'attendrir de voir mon Secret et mon petit dernier s'assoupir puis sombrer, le second  abandonné dans les bras du premier.
Fomenter à voix basse avec mes deux aînés une joyeuse expédition de saison : chercher dans le coffre de la voiture le sapin de Noël qu'il a été leur chercher.
Les regarder s'ébaudir et puis s'exclamer sur sa hauteur.
Farfouiller dans les combles fébrile comme un chercheur dont les mains seraient pailletées de l'or du Yukon puis en ressortir les bras chargés de boules multicolores et de rutilantes guirlandes.
Voir leurs yeux briller et se souvenir de ses propres sapins.
Savoir que la vie peut toujours basculer du jour au lendemain.
Ne pas oublier.
Ne pas oublier son passé, ses bonheurs et ses horreurs.
Mais ne pas oublier de vivre non plus, pour un temps ou pour longtemps ; un instant ou un moment.