Il est une bien jolie chanson dans le Robin des bois de Disney que regardent mes enfants.

Des bas, des hauts,
Il y en a partout
Mais des drames,
Il y en a surtout,
Ici à Nottingham !

J'espère avoir laissé les drames derrière moi mais je déambule, parfois même prestement, entre l'apogée et le périgée de mes émotions, de mes humeurs ou de mes peurs.

Parce que donner en lecture n'est pas jeter en pâture, parce que je ne veux pas risquer de transformer en drame quelques humeurs lancées sur ces feuillets, je les tais.

Silence obstiné qui me pèse, censure à moitié tolérée qui m'obsède.

Je touche ici aux frontières de l'intime et aux limites de la renommée, celles où l'on redoute de se savoir lue.

Si bientôt 39 ans de cohabitation avec ma personne m'ont appris que lâcher la proie pour l'ombre est toujours une catastrophe iminente, j'ai la conscience aiguë que savoir se taire procède aussi du respect.

Entre le marteau et l'enclume, entre la larme qui coule et le porte-voix qui la surestime, entre les silences planqués derrière des banalités et les tumultes qui me cinglent, la voie de la mesure me paraît bien escarpée.

Egarée, je suis.