Mélancolie en embuscade
Un, deux trois. Ils sont si près de moi que je peux les
compter mes fantômes.
Issus de mes souvenirs, je me convaincs qu'ils m'aiment ; et
leur
réalité ne viendra pas me contredire... Souvenirs
que l'on fait et défait pour mieux se les approprier, les
façonner à sa mesure.
On s'aménage son passé comme un placard bien
agencé où l'on vient piocher selon chaque
situation le sparadrap ou le remède qui mettra du baume
à l'âme.
C'est tellement plus facile quand c'est irréel.
Sauf que lorsque l'on se frotte à la vie c'est autrement
différent. Chacun son histoire, chacun ses plaies, chacun
ses mots. Et tout cela se télescope à
l'aveuglette. C'est la loi du genre, celle où l'on est bien
obligé de tendre les mains pour connaître les
limites.
Et puis parfois les souvenirs s'en mêlent, ils cessent de
rester sagement dans leur boîte où l'on croyait les
avoir proprement remisés. Alors ils s'élancent,
se serrent contre vous, vous étreignent et deviennent
embûches.
Le soleil brillait, les enfants chantaient et je conduisais quand je me
suis souvenue de l'éclat de son ventre sur son lit
d'hôpital, sa blancheur, sa douceur, sa rondeur. Juste un
petit morceau de peau qui m'a clouée là. Alors
Tarquinette m'a demandé, une fois encore,
« Maman, tu pleures pour Papa
? ». J'ai, une fois encore,
répondu « oui ».
Par Veuve Tarquine
mercredi 12 octobre 2005 à 17:17
Tarquin et Tarquine
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Commentaires
Le mercredi 12 octobre 2005 à 17:41
par
ron
#
Le mercredi 12 octobre 2005 à 21:00
par
luciole
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Le dimanche 13 novembre 2005 à 00:31
par
Delcuse
#
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