Affiche promotionnelle pour un journal de vidéo pornographique sur la façade d'un centre Leclerc


En France, l'affichage pornographique est interdit par l'article 227-24 du Code pénal dès lors qu'il est susceptible d’être vue ou perçue par un mineur.

Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur.
Lorsque les infractions prévues au présent article sont soumises par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.


Il est vrai que la loi pénale est d'interprétation stricte, et l'on peut discuter à loisir de ce qui relève de la pornographie et ce qui relève de l'érotisme.

Il me semble quant à moi qu'il n'est pas nécessaire de faire cinq ou six années de droit et de se plonger dans des ouvrages gros comme des catalogues raisonnés de cosmogonie pour estimer à raison que cette affiche n'a strictement rien à faire devant un centre Leclerc a fortiori, au premier rang et à la première place...

Il se trouve cependant que mon indignation n'a pas ému grand monde... Lorsque je suis sortie, une petite heure plus tard, l'affiche avait été déplacée : ce n'est plus en entrant mais en sortant qu'on pouvait l'admirer...

Curieux pays ou l'on fait des lois pour « inciter au respect des droits de l'enfant dans le monde, notamment lors de l'achat des fournitures scolaires » et où Michel Edouard Leclerc prends des engagements grandiloquents à grand coup de publicités douteuses mais où l'on se désintéresse parfaitement — non pas de savoir ce que l'on achète pour nos enfants — mais ce qu'on leur met volontairement sous leurs yeux...



A la suite de la réflexion de Benoît, j'ai laissé ce commentaire sur le blog de M-E Leclerc.

Ne parvenant pas à trouver votre adresse e-mail et la possiblité de réaliser des trackback n'étant pas prévue, je me permets de porter à votre connaissance un billet dans lequel je fais expressément référence à votre enseigne et vos engagements : Pornographie ordinaire chez Michel-Edouard Leclerc

Les commentaires étant modérés, je m'interroge quant à savoir s'il va être publié ou non...



Je compléte ce billet par la réponse que Michel-Edouard Leclerc a apporté sur son blog ce lundi 12 septembre :

« J’ai évidemment bondi sur l’information de Veuve Tarquine, en la découvrant ce matin, et j’ai appelé le centre E. Leclerc d’Epinay sur Seine. Réponse sans détour de sa part :

1- L’hyper d’Epinay ne vend pas le magazine dont la publicité fait mention. Ce magasin a d’ailleurs exclu de son offre ce genre de publication.

2- Le centre E. Leclerc local n’est aucunement à l’origine de cette publicité. Comme vous le savez, en France, les ventes de presse sont régies par des diffuseurs (on a longtemps glosé sur le monopole des NMPP). Les commerçants peuvent choisir dans l’offre globale du diffuseur, un « package de titres » plus restreint. Mais nos magasins ne sont pas partie prenante des programmations publicitaires négociées entre les diffuseurs et les sociétés de communication à qui elles ont confié leur budget.

3- C’est la raison pour laquelle le magasin d’Epinay se retrouve avec un panneau publicitaire affichant une réclame vulgaire (disons vulgaire, plutôt que pornographique), sans avoir eu voix au chapitre. C’est une société d’Epinay, Insert Centre Ville Communication, qui toutes les semaines renouvelle l’affichage. Situation d’autant plus incongrue que ledit magazine a volontairement été évincé de l’offre du centre E. Leclerc.

Le directeur de l’hyper m’a évidemment confirmé qu’il avait procédé au retrait du panneau (je crois d’ailleurs que c’est vous qui en avez alerté, dimanche, un membre du personnel). Il va prendre contact avec la société de publicité pour éviter que cette situation ne se renouvelle.
J’espère que ces informations permettront de redorer notre blason auprès de vous. En tout cas, chère Veuve Tarquine, pas de problème pour que vous interveniez ici. Pas de censure non plus, comme vous avez pu le constater. D’ailleurs, votre combat mérite d’être relayé.
En tout cas, merci aussi d’informer les lecteurs de votre blog des précisions ainsi apportées. »