Des mois et des mois que je me bouche les oreilles. Parce que je ne sais pas faire diversion, je ne sais pas éviter la douleur ou éviter les larmes. Parce qu'un air connu me plonge dans des souvenirs trop présents ou des sentiments disparus. Parce que je ne sais plus alors que poser ma tête dans mes bras et inonder mes manches.

Bricoler cet été quand les enfants étaient couchés et la demeure toute emplie de silences m'aura permis de renouer avec la radiophonie. Celle où l'on passe son temps à changer de station au gré d'erratiques réceptions.

Quelques notes, quelques airs, des larmes évidemment et la décision d'en finir.

Je vais me refaire ma collection de Brel. Parce que c'est lui que j'aime. Pas le Brel des premières années, non le Brel qui fait mal, qui fait rire et qui fait pleurer. Le Brel qui chante la vie comme je la ressens, comme je la comprends.

Je vais écouter les mots que j'aurais voulu écrire ou simplement imaginer. Je vais m'extasier sur un silence. Je vais me tordre en entendant sangloter un accordéon ou mourir un piano.

Mais je vais surtout me rappeler que la seule chose qu'il convient de faire avec la vie c'est de la bouffer. Pas de la pleurer.