Le dico du net se présente comme « un dictionnaire collaboratif » bien sous tout rapport, « créé par des internautes volontaires » avec une équipe éditoriale prestigieuse et dont « chaque définition (et commentaire) contient les références de son auteur et enrichit ainsi notre culture commune. ».

Des déclarations bien consensuelles qui n'autorisent en aucune manière le dico du net à s'approprier le contenu — et le talent — de sites qui ne les ont en rien autorisé à s'en attribuer la substance !

Monsieur Cédric Manara, juriste de renom, tient un blog de haute facture sur les noms de domaine, Domain Name / Nom de domaine ! dont les billets sont publiés sous licence Creative Commons.

Il se trouve que le Dico du net, utilisant le fil RSS de ces articles, les retranscrit in extenso et mot pour mot dans son site, se contentant de faire un lien du titre vers l'article.

Ce qui aurait pu passer pour une erreur pieuse, de celle que l'on s'empresse de réparer avec quelques mots d'apaisement devient une marque de cécité délibérée quand le rédacteur de ces billets publie dans ses colonnes, une lettre ouverte à laquelle le dico du net fait la sourde oreille.

C'était le 9 juillet 2005.

Le 11 juillet suivant, le grand Padawan, avec un sens du titre que je lui envie ! écrivait le billet suivant : « RSS et les 40 voleurs » dont la conclusion est la suivante : « Le Dico du Net est un exemple parmi tant d'autres d'initiatives qui se réduisent à republier le contenu créé par d'autres et se rémunérer via la publicité sur le trafic généré. Personnellement je ne juge pas du modèle de business en question, mais je suis tout à fait d'accord avec Cédric, republier du contenu pour l'entourer de publicités est une utilisation commerciale, en violation de la licence qu'il a choisie. »

Messieurs, (et j'implore mes lecteurs de ne point m'accuser de sexisme avec cette formulation par trop sexuée avant de jeter un oeil à la redoutable mixité de ladite équipe éditoriale qui n'a de féminin que le genre)

Messieurs, donc, vous me voyez désolée de le dire mais de telles pratiques s'apparentent ni plus ni moins à du pillage sans envergure, et l'emballage que vous mettez autour ainsi les soutiens dont vous vous parez (et pour lesquels j'ai beaucoup de respect) ne rendent que plus méprisables encore vos procédés...