Toilettes au Palais
Contorsions en robe au Palais dans une cabine sub-exiguë pour
rajuster à peu près correctement triple
épaisseurs et ordonner celles-ci d'une façon
convenable. L'appareil de justice s'accommode mal des ourlets
troussés ou des boutons qui marient mardi avec mercredi !
Et puisque l'on parle de toilettes, permettez moi de vous dire que
s''il est quelque chose dont tout avocat doit se méfier ce
sont bien des sièges au milieu desquels de
subreptices et dangereux terroristes déposent le plastic qui
anéantira la défense de l'avocat le plus
talentueux... Le chewin-gum ! Le chewin-gum ruine la plaidoirie de
l'avocat et cela même alors que les magistrats qui lui font
face ne le voient pas ! Il agit par voie collatérale !
Imaginez donc ce que provoque dans une salle d'audience un chewin-gum
gigotant sur les fesses d'un éminent Conseil au rythme
cadencée de sa vibrante démonstration... Un
désastre de rires gras et de coups de coude
égrillards.
Par chance, je n'ai pas encore été victime de
pareil attentat mais je tremble! Et, dans les salles en liesse, je ne
manque jamais de vérifier l'intégrité
de ma dignité d'un rapide coup d'œil au dessus de
l'épaule !
Voilà quelles étaient mes pensées en
rajustant mes effets quand un souvenir cuisant est venu souligner le
danger de ma rêverie.
C'était en troisième année de droit,
les épreuves duraient des heures et me jetaient à
mi-parcours dans les toilettes afin d'y absorber en catimini la dose de
cigarette sans laquelle mon cerveau s'arrêtait net !
J'étais ainsi occupée à
satisfaire tant un besoin naturel qu'à nourrir mon esprit de
cette délétère ambroisie qu'une
lumineuse idée envahit celui-ci ! Une de ces
pensées que l'on sait aussi fugitives qu'essentielles, de
celles qui vous feront avoir des félicitations au lieu d'un
coup de pied au cul !
Bref, je fonce ! J'écrase ma douce tige interdite avec
autant de détermination que de regrets et je monte, je
monte, je monte ces interminables escaliers de ce qu'était
à l'époque (et l'est peut-être encore
aujourd'hui) le plus grand amphithéâtre de Paris :
1.400 places et des hauteurs vertigineuses ; soit le "grand amphi" de
Paris II.
Parvenue à mi-course, la justesse de mon raisonnement laissa
place à un doute insidieux : "Qu'est-ce donc qui peut ainsi
m'alourdir la taille ?" Une main portée à
celle-ci me renseigna incontinent : ma jupe était sur toute
sa longueur compressée dans mon collant (nous
étions en février) laissant apparaître
sous ce seul sous-vêtement mes fesses à la
studieuse assemblée...
Dans le silence pesant de ces examens épineux j'ai cru
percevoir l'hilarité de quelques surveillants dont
— malédiction !! — mon chargé
de T.D. qui présidait à l'accès des
W.C... Le rouge au front je ne me suis bien gardée de me
retourner, me replongeant, l'air grave et
pénétrant, dans l'étude du roi des
droits... le droit civil!!
Par chance, j'ai réussi cet examen, ce qui me permet de dire
aujourd'hui que j'ai réussi dans la vie... en
dépit de mes fesses.
Par Veuve Tarquine
jeudi 23 juin 2005 à 23:10
De bric en vrac
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Commentaires
Le jeudi 23 juin 2005 à 23:37
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Jean-Marc Bondon
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en campagne
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