Alors que j'attendais paisiblement mon tour dans la queue d'une boulangerie de quartier, la dame qui me précédait s'est brusquement retournée afin de me signifier d'un regard mauvais que mon rire la dérangeait.

Il est vrai que j'étais éperdue de rire devant mon PDA :

« C'est ainsi que notre pays est devenu un grand manège où l'on tourne en rond. Avec deux conséquences palpables : des véhicules qui ont tendance à s'affaisser sur leur côté droit, et la prolifération d'un nouvel art populaire sur les îlots centraux. »

(...)

« L'épanouissement de l'art giratoire divise le pays presque aussi radicalement que le projet de Constitution européenne. Une France d'en haut y voit un cauchemar : «Terribles symboles de la nullité culturelle d'élus à l'imagination artistique débordante, où le dérisoire rivalise avec le pathétique, cela aux frais du contribuable+, assène l'historien d'art Robert Métivier (1). La France des administrés, elle, trouve cette déco plutôt chouette... »


Circulez, ronds-points à voirLibération — Édition du 16 mai 2005.


A peine revenue de mon échapée, j'inondais mon clavier de miettes en m'étranglant de rire avec l'inimitable verve d'Eolas :

« Et bien moi je dis : vive les 4x4 urbains, vive le nucléaire, touchez pas à mes actions Carlyle et Halliburton, ni à mon bol de Corn Flakes transgénique, ni à mon slip kangourou à 1 euro fabriqué en Chine. Je refuse de trier mes ordures si on ne me paye pas pour ça, je n'achète jamais "Le Réverbère", et quand vous rouvrirez les goulags, je suis volontaire pour être dans le premier convoi.

Oui, je suis votre pire cauchemar, et comme tous les vrais méchants de ciné, je caresse le rêve secret d'être à l'origine de la fin du monde après avoir réduit l'humanité en esclavage (rire diabolique). »


Commentaire d'Eolas chez Embruns.